15.11.2007

Campagne sur la dépression

492126e51ba9daf7283616afb8bc9140.jpgDepuis deux semaines environ, une campagne d'information aussi importante qu'intéressante a été lancée sur la dépression. Elle est relayée à travers les principaux médias que sont la télévision, la presse, ou encore Internet.
 
Deux mots sur cette campagne qui a attirée mon attention. C'est sans doute un peu grossier de ma part d'en présenter un commentaire puisque je ne suis pas professionnel de ces questions, mais je le fais car j'ai trouvé dans la démarche de cette campagne des choses qui rejoignaient certaines remarques que j'ai pu formuler dans quelques billets.
 
D'abord j'ai bien aimé le ton de cette campagne, apaisant et en quelque sorte proche de son auditoire. Le style graphique adopté est lui aussi rassérénant, il a quelque chose de dépouillé, de simple, il présente des personnages sans artifices. On adhère ainsi bien au contenu. Et ce contenu me semble vraiment intéressant.
 
J'ai lu l'ensemble des informations disponibles sur le site de cette campagne et beaucoup d'éléments m'ont paru taper très juste.
 
D'abord l'idée de ne pas refuser la dénomination de maladie pour les personnes qui sont touchées. C'est souvent difficile car cela peut s'apparenter pour beaucoup à une blessure d'orgueil, et j'ai déjà assez dit ici combien ce défaut était un frein à bien des redressements. Ensuite, le fait de savoir demander de l'aide lorsque l'on est dépressif. La difficulté ici est également importante puisque l'un des symptômes de la dépression est précisément que les personnes ont tendance à s'isoler et à se couper de leur entourage. On notera d'ailleurs que le site propose un contenu important sur les moyens qu'une personne dépressive peut mettre en oeuvre pour s'aider elle-même. Cette partie est vraiment à lire.
 
Enfin, c'est mon dada, une partie importante est consacrée au rôle de l'entourage, afin de maintenir pour la personne une vie sociale qui soutient et accompagne sa guérison. Ce point là, vraiment, m'apparaît comme majeur, comme toujours.
 
Je voudrais juste faire une petite remarque complémentaire à cette campagne sur la question du diagnostic. Le site présente plusieurs éléments, des questions notamment auxquelles répondre, afin de diagnostiquer une dépression. Il me semble qu'il ne faut pas aborder ces points avec une vision trop absolue. Une personne qui chercherait à diagnostiquer chez elle une dépression ne doit pas se dire qu'il est absolument indispensable qu'elle remplisse tous les critères indiqués pour se reconnaître dépressive. Il y a là une notion qualitative qui est difficile à prendre en compte, et que probablement seul un médecin saura identifier convenablement.
 
Ce qui me fait faire cette remarque c'est l'idée que quelqu'un qui va mal pourra éventuellement se dire en sortant de cetta partie sur le diagnostic qu'elle n'est pas malade parce qu'elle n'a pas répondu oui à toutes les questions. Et de ce fait, qu'elle risque de se priver de la bonne démarche pour s'en sortir. Cela peut d'ailleurs même résulter en une agravation si elle perçoit cela comme une perche tendue qu'elle ne peut pas attraper. Ces critères donc sont importants, mais il faut sans doute savoir les lire sans rigidité d'esprit, afin de ne pas se couper d'une solution peut-être efficace pour soi. 

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11.09.2007

Le rugby, excellent sport anti-stress

24cb844d86acc7fa6da783360d48ae33.gif Je m'y prends un peu tard, mais la Coupe du monde de Rugby qui a commencé en France est l'occasion de dire deux mots sur un sport qui a des vertus qui vont un peu au-delà de celles du simple défoulement.
 
Le sport d'une manière générale est une activité très efficace pour aider à gérer son stress. Elle permet de consommer de l'adrénaline, et d'évacuer pour le temps de sa pratique les sources de stress qui encombrent parfois nos journées. La pratique de toute forme de hobby permet également cette évasion bénéfique, cette fuite dont certains font l'éloge, mais la pratique d'un sport ajoute à cela la dépense physique qui procure une sensation de détente supplémentaire.
 
D'ailleurs, dans certaines séances de relaxation, on a recours à des exercices de contractions musculaires, qui permettente de générer une détente particulière lors de la détente des muscles contractés. Le sport donc, suit exactement le même procédé, et favorise notre décontraction.
 
Et enfin, ce qui n'est pas tout à fait qu'un simple détail, la pratique d'un sport participe de notre équilibre et contribue à notre santé, lorsqu'elle n'est pas excessive toutefois (combien de sportifs de haut niveau dont le corps a été martyrisé par la pratique de leur discipline? je ne parle pas des cyclistes hein, juste des sportifs).
 
Or, il se trouve que parmi les disciplines sportives, le rugby semble avoir des vertus particulières pour les personnes qui le pratiquent. En effet, il n'est pas rare de constater que ses adeptes montrent, comparitivement aux autres, un comportement plus serein dans la vie, une forme de sérénité. Le rugby permet apparemment de développer une forme de confiance en soi qui rassérène, qui apaise. C'est je crois le seul sport d'équipe qui offre cela.
 
Et il me semble qu'on peut l'expliquer assez aisément, sans entrer dans des grandes considérations compliquées, par l'engagement physique que ce sport nécessite (si vous entrer à moitiée rassuré dans une mêlée, vous devez vous en prendre plein la tronche), ainsi que par sa dimension très nettement plus collective que pour tous les autres. On y apprend donc la confiance en soi nécessaire à un engagement physique total, ainsi qu'à construire une forme de lien solidaire avec le groupe avec lequel on joue qui est à mon avis particulièrement fort dans ce sport. Un premier élément indispensable à sa construction intérieure, et l'autre dont j'ai déjà dit à mainte reprise combien il était le fondement de notre construction personnelle au niveau social et de notre bonheur.
 
Vive le Rugby donc ! Et bien sûr, que les meilleurs gagnent !
 
(perso je suis plutôt pour les blacks, parce que j'adore les voir jouer, et vous?) 

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06.08.2007

La lutte contre le tabac, chez Luc

Plus intéressant que ce que j'ai produit la semaine dernière sur l'arrêt du tabac, il y a Luc Dussart, qui tient un blog entièrement  consacré au tabagisme et aux méthodes qui permettent d'arrêter de fumer. Ce billet notamment, qui relève quelques fausses bonnes idées, est vraiment intéressant. Son approche est en revanche commerciale, ce qui fait que vous ne trouverez pas tout sur son blog. Mais vous pouvez d'ores et déjà lire ce qu'il écrit, et vous reportez à la bilbiographie fournie qu'il indique pour vous aider.

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01.08.2007

Pour arrêter de fumer, mieux vaut être motivé !

02fc815907b53668500b7110f9f1b0e9.jpgSuite à la lecture du dernier billet de Samantdi, voici une petite remarque sur les méthodes qui permettent d'arrêter de fumer. Enfin surtout sur une méthode, qui recueille les suffrages des plus braves : la volonté. On la présente parfois comme la seule vraie solution, les patchs et autres solutions médicales étant reléguées au rang de paliatifs sans efficacité si la personne, dit-on, n'a pas une vraie volonté d'arrêter.
 
D'une certaine façon on n'a pas tort de dire ça. Mais en fait si. Parce que ce n'est pas vraiment de volonté dont il faudrait parler, mais plutôt de motivation. C'est-à-dire qu'un fumeur arrêtera plus sûrement de fumer s'il trouve une motivation réelle pour cela que s'il espère y arriver par la seule force de son irréductible volonté.
 
Le travail principal de toute personne qui souhaite arrêter de fumer est d'abord d'identifier quelle motivation il peut avoir à cet arrêt. Soit par crainte des maladies (surtout si certains proches sont malades de la cigarette), soit pour ne pas indisposer de façon trop importante des proches ou son (sa) conjoint(e), soit pour reprendre une activité sportive, etc. A chacun de faire son marché dans la liste des éléments qui peuvent motiver pour arrêter de fumer pour trouver celui qui fonctionne le mieux.
 
Je trouve vraiment que cette notion de motivation parle plus que l'idée de volonté qui me semble trop vollatile et finalement bien difficile à déterminer pour chacun. Quand on parle de volonté à quelqu'un qui cherche à arrêter de fumer, il n'a rien en main pour entamer sa démarche, il n'a que des mots clinquants qui n'aident pas beaucoup. En lui parlant de motivation il me semble qu'on lui apporte une idée plus pratique et efficace. Et d'ailleurs si l'on y regarde de près on se demande bien sur quel support peut bien fonctionner la volonté. Si ce n'est sur quelque chose qui la motive.

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18.07.2007

Crever l'abcès des secrets

42f77c200c486a2ddd1568a76c5f288a.jpgDans le cours d'une vie, il est parfois quelque expérience que l'on garde par devers soi, dont on ne parle pas, ou seulement à ses âmes soeurs, et encore. Des moments particuliers que l'on cache, le plus souvent parce qu'ils nous ont laissé un goût amer en bouche. Ce sont nos secrets personnels, les parts assombries de notre intimité.
 
Ces secrets, sont en général bien durs à porter avec soi, surtout lorsqu'ils restent secrets trop longtemps. Pour une raison assez simple : c'est que la personne qui garde un secret de ce type se retrouve alors enfermée dans une forme de solitude dont aucune présence ne peut la sortir. Elle est enfermée de l'intérieur, s'étant rendue, par son secret, inaccessible. Cette solitude là est de celles qui nous détruisent le plus sûrement.
 
Et pourtant il n'est pas simple d'y trouver remède. Car ce qu'il faut alors à la personne, c'est une véritable oreille, quelqu'un qui peut vraiment l'écouter et prendre en compte son histoire. Tout le reste ne peut que justifier son mutisme.
 
 
Ces secrets peuvent être plus lourds encore à porter lorsqu'ils nous sont imposés par les autres, par nos proches en particulier, par notre famille. Ces choses que les autres ne doivent pas savoir et qu'il leur faut cacher, alors qu'on ne les comprend parfois pas soi-même. Il arrive d'ailleurs que l'on se voit intimer cet ordre de garder secret des événements parfaitement futiles, ce qui sans doute est moins stressant, mais qui agace plus tant la démarche est absurde.
 
Pour ma part j'ai toujours exécré les secrets de ce type. Ces mensonges imposés par les autres lorsqu'ils ne veulent pas assumer leurs choix. Quand ils ne pensent plus qu'à protéger leur tranquillité au détriment de ceux qu'ils attachent à leurs secrets. Ils ne font alors que polluer leurs semblables avec des histoires qui bien souvent ne devraient pas les regarder, ou en tout cas pas de cette manière.
 
Ces comportements sont des parasites qu'ils convient de démasquer et de dénoncer. Les secrets des autres sont les leurs, et ils ne doivent pas venir ternir nos relations avec notre entourage. Pour ma part je décourage la plupart du temps les gens qui m'entourent de me confier de tels secrets, car je n'aime vraiment pas devoir les garder. Cela ne signifie pas qu'on ne peut pas me faire confiance, mais je préfère qu'on me fasse confiance pour des choses plus sensées. Je crois qu'il ne faut pas hésiter à évoquer ce doute si l'on sent que le secret à garder risque de peser sur notre humeur et nos journées. Cela participe de notre équilibre.
 
Parfois sans doute cela n'est pas possible, pas facilement. Mais si on le peut, il vaut mieux ne pas taire les secrets.
 
 
Et peut-être en va-t-il d'ailleurs des secrets lourds comme des légers. Ceux-là non plus, il ne faut pas les taire. Les secrets légers, eux, répondent à une toute autre logique, mais les dire est la seule façon de leur donner toute leur magie. C'est ce que l'on lit dans Geai, de Christian Bobin :
 
"Un secret, c'est comme de l'or. Ce qui est beau dans l'or, c'est que ça brille. Pour que ça brille, il ne faut pas le laisser dans une cachette, il faut le sortir dans le plein jour. Un secret, c'est pareil. Si on est seul à l'avoir, ce n'est rien.Il faut le dire pour que cela devienne un secret."

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07.06.2007

La proximité : (ré)apprendre à toucher

medium_toucher.jpgUn billet léger pour commencer cette série sur la proximité. La semaine prochaine c'est vacances, j'ai l'humeur à m'amuser. Si j'ai beaucoup de courage et que je vous aime vachement, y'aura un autre billet demain presque sur le même sujet, un truc un peu original. Sinon, non.

 

Il y a quelques années déjà, j’avais lu une série de petits articles que j’avais bien aimé sur le site Internet du magasine Psychologies. Elle avait été conçue sur tout le mois de janvier, et constituait un petit vade mecum pour construire le changement dans nos comportements. Chaque jour une nouvelle idée était avancée, avec souvent un petit exercice concret à la clé pour la mettre en pratique. Je me souviens que j’avais alors enregistré l’intégralité des articles sur mon disque dur afin de les retrouver plus tard, lorsque j’en aurai envie.

 

Parmi les idées proposées, la première m’avait beaucoup plût, autant d’ailleurs qu’elle m’avait gêné au premier abord. Il s’agissait de toucher trois personnes dans la même journée. Sur le bras, l’épaule, dans le dos, ce qu’on voulait ; afin d’aborder les personnes de notre entourage quotidien d’une façon nouvelle, moins distante.

 

A première vue la chose semble un peu étrange, et difficile à réaliser, surtout pour les hommes. Etrange car c’est un mode d’approche personnelle qui me semble avoir été largement abandonné, les rapports interpersonnels s’en tenant de plus à plus à des comportements polis et distants. Difficile à réaliser du coup, car cela nous fait remettre en cause une habitude comportementale bien ancrée, qui veut que l’on ne touche pas les autres, tout contrevenant pouvant vite être assimilé à un drôle, surtout s’il est un homme et qu’il s’aventure à toucher un autre homme. N’est-ce pas ? Aaah, le sacro-saint besoin de montrer une image virile de soi… Un homme qui touche le bras d’un autre homme ? Mais que fait-il le bougre ? Voilà une autre revanche des femmes sur nos sociétés masculines. Bref.

 

J’avais fait l’exercice, comme cela était suggéré. Au travail j’avais saisi quelques occasions pour poser ma main sur le bras des personnes avec qui j’avais discuté, hommes ou femmes, ou sur leur épaule, voir dans le dos. Les femmes, comme je m’y attendais, ont immédiatement réagit positivement, sans exprimer cela à haute voix, mais plutôt par un large sourire. Les hommes furent un peu plus étonnés, et discrets dans leurs réactions, mais j’avais senti là aussi que d’une certaine façon, cette proximité leur plaisait aussi, dans la mesure où ils sentaient que cela provenait d’une démarche amicale.

 

Pour ceux qui ne se sentent pas le courage de faire cela, ils peuvent peut-être commencer par réfléchir à leur façon de dire bonjour le matin à leurs collègues. Font-ils la bise aux femmes ? Comment serrent-ils la main ? Sur ce dernier point, la façon de serrer la main aux personnes que l’on rencontre n’est pas tout à fait anodine. Une poignée de main franche et sincère donne de l’énergie à celui qui la reçoit. En général, c’est quelque chose que l’on apprécie pour soi-même. En revanche, quelqu’un qui donne des mains molles pompe l’énergie des autres, il prend sans donner. Et on a je crois tous un sentiment un peu désagréable lorsqu’on reçoit ce type de poignée de main.

 

Mais je trouve intéressant d’essayer d’aller au-delà de ces approches qui restent assez simples à réaliser. Le sens du toucher est un sens qu’on oublie un peu. Je crois, même si ce n’est là qu’une pure supposition sans vraiment d’informations objectives pour la fonder, que c’est en particulier vrai dans les milieux urbains, où l’on cherche plus à se recréer un espace vital mis en péril par le nombre de personnes autour de nous (c’est en particulier vrai dans le métro par exemple), qu’à entrer en contact avec les gens. Et ce réflexe s’étend à des situations où  il n’est peut-être plus très adapté. Au final nous en devenons plus distants, moins chaleureux. Peut-être le toucher est-il un sens à redécouvrir ?

 

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31.05.2007

Un "Looking Glass Self" actif !

medium_Human_Nature_and_Social_Order-4.jpgUn intéressant article a été posté hier sur Naturavox par Diane Lafond, au sujet des travaux de Charles Horton Cooley, et en particulier sur ce qu’il nomme le « Looking Glass Self ». L’idée principale de l’article de Diane et qu’elle rapporte de sa lecture de Cooley, est que la représentation et l’image que nous avons de nous-mêmes est le résultat non pas de l’idée que nous nous faisons de nous-mêmes, ni de celle que les autres se font de nous, mais de l’idée que nous nous faisons de l’idée que les autres se font de nous. Un billard à deux bandes donc. Et à nouveau le jeu de miroir dont je parle souvent ici.

 

De prétendues « sagesses populaires » évoquent souvent l’image que l’on a de soi, ou celle qu’ont nos proches de nous comme les fondements de notre construction intime, et partant, comme les leviers sur lesquels il nous est possible d’agir pour nous porter mieux (améliorer l’image de soi par exemple, souffle comme un mantra sans cesse répété ici et là). Ces idées ne sont pas fondamentalement fausses, mais elles manquent de précision dans leur analyse, et de ce fait, elles ne permettent sans doute pas de répondre d’une façon tout à fait adéquate aux difficultés que nous pouvons avoir. Celle proposée par Cooley me semble plus intéressante.

 

On peut y retenir deux éléments importants :

1.       L’image que l’on a de soi ne peut se construire sans l’intervention du regard d’autrui. Elle ne se fait pas « de nous, par nous et vers nous » si l’on m’accorde l’expression, mais bien en passant par l’intermédiaire de l’autre qui joue ici le rôle de miroir personnel.

2.       La place que nous avons dans cette construction issue du regard des autres est grande. Puisque ce n’est pas le regard des autres qui nous fonde, mais bien la représentation que nous nous faisons du regard des autres. Cela signifie que nous avons donc un levier directement à notre portée sur lequel nous pouvons agir pour modifier notre rapport à nous-mêmes.

 

On perçoit bien l’aller-retour dans ce schéma :

1.       L’individu interroge autrui sur le regard qu’il porte sur lui

2.       Autrui répond

3.       L’individu interprète la réponse d’autrui et construit ainsi son regard sur lui-même.

 

Du coup je ne comprends pas très bien un des points indiqué par Diane comme faisant partie de la critique adressée à Cooley : celui du rôle passif que sa théorie donnerait à l’individu dans la construction de sa propre image. Il me semble au contraire que dans la troisième phase que l’on repère à travers le « Looking Glass Self » l’individu est actif et non passif. C’est lui qui est « en charge » de l’interprétation du regard des autres pour construire sa propre image. Il lui appartient pleinement d’intégrer ce regard à sa façon dans son schéma personnel. Bien sûr, il ne contrôle pas tout dans ce processus, et il serait bien étrange celui qui transformerait en point positif un regard désapprobateur. Mais cela ne le rend pas passif pour autant.

 

Un point important notamment, qui me semble toujours rester à l’entière discrétion de chacun de nous, est de déterminer quelle degré d’importance nous sommes prêts à accorder au regard des autres. Car s’il me semble parfaitement illusoire de prétendre n’en accorder aucune, ce qui signifierait que nous ne sommes pas des individus sociaux et serait donc contradictoire avec notre nature, nous n’en pouvons pas moins maîtriser l’influence qu’aura ce regard sur nous.

 

La philosophie stoïcienne en propose une vision extrême en suggérant avant tout de s’inquiéter de ce sur quoi nous pouvons agir, et non de ce qui nous est extérieur, comme le regard des autres. On le comprendra étant donné ce que je viens d’écrire sur l’illusion d’une vie construite en dehors du regard d’autrui, je ne suis pas d’accord avec l’absolutisme de cette logique. Mais je lui reconnais l’intérêt de montrer que nous pouvons agir et modifier l’impact de ces éléments extérieurs sur nous–mêmes.

 

Je me souviens à ce titre d’une petite histoire que j’avais lue ou que l’on m’avait racontée, je ne me souviens plus bien. Un vieux moine bouddhiste, assis à même le sol et ayant entamé sa méditation, fut rejoint par un touriste qui se mit au défi de faire sortir le sage de ses gons. L’individu commença alors à harceler le moine de remarques désobligeantes. Celui-ci ne montrant aucune réaction, le touriste haussa encore le ton et en vint purement aux insultes, qu’il déversa ainsi sans s’arrêter durant de longues minutes. Mais le moine resta imperturbable. Agacé et à bout de souffle, le touriste finit par demander au moine comment il faisait, et pourquoi il ne réagissait pas. Le moine lui répondit alors : « Tu te tournes vers moi et m’envoie des présents. Pour l’instant, je choisis de ne pas les prendre. »

 

Il est sans doute bien difficile pour la plupart d’entre nous d’agir avec un tel détachement. Cependant cette remise en perspective du regard des autres me semble importante à bien intégrer. C’est la base du recentrage sur soi dont on parle parfois en gestion du stress, par laquelle on se rappelle à ce que nous sommes et non à ce que les autres nous renvoient de nous. C’est ce travail de recentrage personnel qui peut permettre de rétorquer à celui qui nous insulte qu’il ne sait pas ce que nous sommes, et qu’il ne lui est pas permis de tenir de tels propos.

 

L’image que nous construisons du regard que portent les autres sur nous ne doit donc pas nous laisser passif. Il est inévitable, et sans doute nécessaire, d’intégrer ce regard dans notre construction personnelle. Mais nous pouvons aussi rester vigilants sur ce qui nous est renvoyé, sur ce que nous acceptons de recevoir et sur notre façon de l’intérioriser pour construire notre image de nous-mêmes.

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05.05.2007

Le bonheur est dans le groupe

medium_Retrouvailles05_jeunes_OL.jpgJe découvre un peu tardivement un dossier que m’a transmis la formatrice avec laquelle j’avais discuté, notamment de la non directivité, il y a quelques temps. Ce dossier contient plusieurs articles, dont le premier notamment me semble particulièrement intéressant. Il relève en effet, au terme d’une étude très sérieuse qui puise ses informations dans des données scientifiques, psychologiques et sociologiques bien étayées, quelques fondements majeurs sur lesquels s’appuyer pour construire son propre bonheur.

 

Il rapporte notamment de façon consolidée les résultats de plusieurs études sur la « life satisfaction », qui en gros fournissent une réponse statistique sur le sentiment de satisfaction qu’ont les personnes interrogées sur leur vie, et qui indiquent quels sont les éléments en corrélations avec leur bien-être.

 

On y découvre que des éléments comme le niveau d’éducation, ou encore le climat, ne présentent aucune corrélation avec la satisfaction des personnes. Concernant le climat, cela va sans doute à l’encontre d’une idée reçue qui veut que l’on soit plus heureux sous le soleil. La question du niveau d’éducation est un peu plus subtile puisque celui-ci a des conséquences sur plusieurs aspects de la vie, comme notamment la faculté à trouver un travail. Or, on remarque chez les chômeurs un niveau de bien-être inférieur à celui des autres. On pourrait donc s’attendre à une certaine corrélation entre niveau d’éducation et satisfaction de vie. Il semble que non.

 

D’autres éléments, comme le niveau de richesse ou la religion montrent eux une certaine corrélation avec le bonheur, mais celle-ci est faible. Concernant la richesse toutefois, et cela ne surprendra guère, la corrélation est plus importante chez les populations qui ne parviennent pas ou mal à répondre à leurs besoins de base. Mais globalement, les études indiquent que l’augmentation de niveau de vie se corrèle assez peu à l’augmentation du bien-être.

 

Ce point notamment a semble-t-il fait l’objet de plusieurs analyses économiques, qui ont montré que l’augmentation du niveau de vie d’un pays est très peu corrélé au bonheur de sa population. En effet, alors que le niveau de vie et de richesse des pays dits développés est aujourd’hui très largement supérieur à ce qu’il était il y a 50 ans, le niveau de bien-être des personnes ne suit pas. C’est ce qu’on appelle le paradoxe d’Easterlin, du nom d’un économiste américain qui étudia notamment le cas du Japon de 1958 à 1987 et qui a constaté qu’alors que le taux d’équipement des ménage augmentait de façon très forte, le bien-être subjectif ne bougeait pas.

 

Le dossier rapporte un intéressant débat d’économistes sur ce point, les uns évoquant ce qu’ils appellent un « hedonic threadmill » c’est-à-dire pour faire vite que les personnes s’adaptent à leur nouvelle situation et, après un événement très heureux ou très malheureux, retrouvent par ce comportement d’adaptation à leur nouvelle condition un état de neutralité. Les autres critiquent cette vision de neutralité et parlent plus de « set point » ou point de réglage, propre à chaque individu, et qui n’annule pas le gain ou la perte enregistrée précédemment.

 

Mais le plus intéressant évidemment, est de découvrir quels éléments sont eux corrélés de façon importante avec le bonheur. Et là, le diagnostic est aussi limpide qu’attendu pour ma part : les personnes les plus heureuses sont celles qui ont une vie sociale riche, des liens nombreux et forts avec les autres. L’article le dit mieux que moi :

 

« Parmi tous les facteurs qui contribuent au bien-être, le plus déterminant est celui de la richesse de la vie sociale. Dans toutes les enquêtes sur le bien-être, ce sont les personnes ou les sociétés qui privilégient les relations sociales plutôt que les biens matériels qui ont les meilleurs scores de satisfaction de vie. »

 

L’article relève également une enquête lors de laquelle on demande aux personnes de produire un relevé des étapes de leur quotidien et d’indiquer pour chacune si elle est satisfaisante ou pas. On y observe que ce sont tous les événements liés à la vie sociale qui reçoivent les plus hauts score de satisfaction.

 

Cela fait déjà longtemps que je rappelle ce point sur ce blog: l’importance du lien social dans notre construction personnelle. Les gens qui vivent dans des familles nombreuses unies savent bien le bonheur qu’elles ont aux retrouvailles familiales, et les jeunes lorsqu’ils évoquent leurs meilleurs moments évoquent toujours les vacances passées avec leurs amis, les fêtes qu’ils ont organisées ensemble, etc.

 

Le lien social, le lien social. Encore et toujours. Une société heureuse est une société qui favorise le lien social. Tout ce qui contribue à le détériorer est à éviter, autant que possible. Plus que de savoir si son pays est premier, dixième ou trentième de je ne sais quel classement économique, il faut se demander d’abord ce qu'il met en place pour construire et renforcer ce lien social.

 

 

Dossier paru dans le n° 171 du magasine Sciences Humaines, en mai 2006

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16.04.2007

La bonté gratuite rend plus heureux

medium_main_tendue.JPGLaurent a laissé un commentaire qui me rappelle un peu aux premières amours de ce blog, que j'ai, je dois le reconnaître,h un peu laissées de côté pour m'adonner de plus en plus à de l'analyse comportementale parfois un peu rude. Mon objectif initial était plus d'apporter aux lecteurs de ce blog quelques outils et quelques pistes fertiles pour être plus heureux, pour mieux gérer leur stress notamment.

 

Pour être tout à fait honnête, certains de mes textes récents ne sont en fait pas tellement éloignés de cette volonté première. Ceux sur Laborit notamment, car mon intention en les écrivant est, en débroussaillant tout ce qui fausse la vision que nous avons de nous-même, des autres et de nos relations avec eux, de revoir avec clarté qui nous sommes, d'où nous venons, où nous allons, et d'éviter en quelque sorte de se perdre en route. Mais tout cela prend beaucoup de temps, car certaines bases qui me semblent importantes méritent d'être posées avant de revenir aux éléments positifs que nous pouvons y trouver pour nous-mêmes.

 

Mais bref, revenons à nos moutons. Laurent donc, m'indique en lien un court article qui mentionne les résultats d'une étude menée par Sonja Lyubomirsky, selon lesquels il est en notre pouvoir d'augmenter notre bonheur, de devenir par nos actes plus heureux dans notre vie. Elle mentionne notamment le rôle des actes de bontés gratuits, effectués au hasard, dans cette démarche de recherche du bonheur. Je la cite moi aussi :

 

"it is possible to lastingly increase your happiness, but this takes work. Through consistent application of intentional activities, such as “random acts of kindness”, we can become happier and stay that way"

 

Je dois dire que lire cela comme le résultat d'une étude spécifique me réjouit particulièrement. Il est difficile de parfois faire ressentir combien ce type de démarche un peu atypique peut apporter aux gens qui s'y engage. Et nombres de personnes ayant la tête bien ordonnée ne le comprennent pas toujours bien, ou ont du mal à comprendre ces propositions. Pourtant pour ma part je sens intimement tout le bien que cela peut apporter. Agir avec bonté au petit bonheur la chance, de façon anonyme, en se dépossédant de tout ce que l'action peut contenir de soi en tant que tourné vers soi-même, et ne laissant en cette action que la démarche d'un pur don est probablement l'une des choses qui nous fait le plus nous sentir en harmonie avec nous-même, avec notre environnement, avec les autres hommes qui nous entourent.

 

On ne le fait pas parce qu'on se sentirait stupide, bizarre, un peu "drôle". Mais ces gestes ne coûtant littéralement rien, nous apportant autant, à nous et à ceux envers qui ils sont orientés, il est dommage de s'en priver. J'ai trop souvent le nez dans le guidon, sans doute comme beaucoup d'entres vous. Le travail malheureusement a parfois tendance à nous déposséder de nous-même, de nous écarter de la part de nous que nous aimerions le plus voir grandir. Ce ty pe de geste nous permet de nous recentrer sur ce que nous sommes et sur ces aspirations personnelles qui nous développent plus sûrement que bien d'autres choses.

 

Ce soir, grâce à Laurent, je sais un partie de ce à quoi mon prochain week-end sera occupé. Qu'il en soit remercié. 

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16.02.2007

La non directivité

Il y a quelques jours déjà, j’ai suivi une formation menée par une personne qui travaille apparemment sur différentes disciplines proches de la psychologie appliquée, dont notamment la gestion du stress. L’occasion était intéressante pour moi de lui parler un peu de mes travaux, et d’en obtenir de sa part un petit retour. Je lui ai donc indiqué l’existence de mon blog, discrètement toutefois car je ne souhaite pas que mon employeur tombe sur cet espace.

 

Je n’ai pas été déçu, car ses critiques sont vite tombées. Notamment concernant cet ancien billet, sur la question du stress abordé sur un forum Yahoo. Ce billet avait plutôt reçu un accueil positif lorsque je l’avais publié ici. J’ai donc d’abord été surpris que ce soit celui-ci qu’elle attaque, quand j’en voyais bien d’autres qui me semblaient plus douteux.

 

Son argument principal fut de me dire en gros : « pour qui vous prenez vous pour distribuer ainsi les bons et les mauvais points aux gens qui indiquent leur vision personnelle de la gestion du stress ? » Bref, le prétentieux qui se croit arrivé à la compréhension ultime du sujet, et qui se permet de juger les uns et les autres, de façon plutôt péremptoire. Pas très agréable à lire.

 

Après coup, je m’aperçois que son commentaire voit juste pour une certaine catégorie de lecteurs, dont j’ai compris, sans qu’elle me le dise ouvertement, qu’elle faisait partie : ceux qui se trouvaient compris dans l’un ou l’autre type de comportement face au stress que j’indiquais et évaluais dans mon billet. En fait, en rédigeant celui-ci, je m’adressais plutôt à vous comme si vous n’aviez pas vous-même réfléchis sur une quelconque démarche sur le stress, ni choisi quelque méthode que ce soit. Mais pour ceux qui, comme elle, avait choisit par exemple, de s’engager dans des démarches de méditations, de sport, etc. je comprends tout à fait que mon discours était excessif, culpabilisant et trop définitif pour leur apporter quoi que ce soit.

 

Car je crois beaucoup à une idée clé lorsque l’on tente d’aider des personnes dans leur démarche personnelle de gestion du stress : la non directivité. Je me suis un peu trompé en voulant dire aux uns et aux autres où ils pêchaient et où ils voyaient juste. Bien sûr, je n’en pense pas moins que certaines choses sont à faire valoir plus que d’autres : chercher à gérer ses priorités reste à mon avis plus  malin que devenir alcoolique. Mais j’ai oublié quelque chose en écrivant mon billet : il est impossible d’aider quelqu’un en prétendant lui donner la lumière. Car cela fige les positions, ça les cadenasse, ça désigne les bons et les mauvais, ça décide du blanc et du noir. Bref, ça ajoute pour ceux qui ne pourront peut-être pas tout de suite adopter les meilleures idées, le stress d’une forme de culpabilité vis-à-vis de cette incapacité. Et l’on aboutit là au résultat inverse de celui recherché. C’est quand même ballot.

 

La non directivité, donc, l’idée de laisser libre, d’alléger le poids du choix. Notre formatrice d’ailleurs, avait une façon de faire que j’ai bien aimée lorsqu’elle évoquait certains points de comportements. Elle « mettait au milieu » ses idées, puis libre à nous de les prendre pour nous, de les tester, ou de ne pas les utiliser. On met à jour une idée, on ouvre une perspective, on libère une vanne en décloisonnant des raisonnements tout faits ou trop habitués, mais sans pour autant imposer sa vision, en laissant le champ libre. Les personnes peuvent alors aller piocher ce qu’elles veulent dans ce qui a été proposé, sans avoir à rendre de compte sur leur sélection, sans être d’ailleurs obligées d’en parler. Vraiment chouette.

 

Et puis cette démarche non directive à un autre grand avantage : elle joue à plein sur l’idée que dans le fond, aider l’autre c’est le mettre dans les meilleures dispositions possibles pour que ce soit lui qui s’aide. Pour que ce soit lui qui fasse son choix et résolve ses difficultés. On évite ainsi le biais de tout comportement paternaliste, qui n’est qu’une forme subtile de domination. On ne prend pas la main sur sa vie, on ne se pose pas en position de dominant. On n’est pas un « sachant » d’où doit provenir la lumière divine. On se met au même rang que l’autre, on reste dans une relation d’égal à égal. Et ce faisant, on met l’autre dans la situation de faire ses propres choix, en adulte, tout en le positionnant dans un cadre serein.

 

Ce n’est pas forcément facile d’agir ainsi. On a souvent envie de s’exprimer de façon directive, ou en tout cas  de faire valoir de façon exclusive sa vision des choses. Mais dans ce type de domaine, ce sont les autres l’important, et pas l’importance ou la grandeur que leurs louanges pourraient nous apporter. Il vaut donc mieux établir sa démarche en envisageant ses conséquence et ses impacts pour les éventuels lecteurs, que d'imaginer l'aura qu'elle peut nous donner. Il reste à remplacer nous par me, et je serais presque parvenu à une auto-critique honnête.

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21.01.2007

Cohérence cardiaque et marchands de tapis

medium_electrocardiogramme.gifJ'ai reçu il y a dix jours un mail que j'ai trouvé un peu bizarre, de la part d'une société, qui si je ne me trompe pas s'appelle Hearthmath. Au titre je compris que c'était probablement mon blog qui me vallait de le recevoir: "Gérer le stress et l'anxiété avec la cohérence cardiaque" disait-il. Tiens on va me parler de rythme respiratoire me songeai-je alors. Mais voilà, dès les premières lignes, le doute m'assaille, et je soupçonne la démarche pseudo-savante qui cache une certaine ignorance du sujet, et une vraie envie de vendre un produit.
 
Car le message commence en assénant quelques grandes idées, qui sonnent comme des enseignements définitifs, sru lesquels, hum, je ne suis pas franchement très d'accord. Jugez plutôt:
 
"Le stress c'est motivant", "il faut de la pression pour réussir au travail" Faux répond Hearthmath !
"Il y a du bon et du mauvais stress" Faux entonnent-ils encore ! "C'est comme si on disait qu'il y avait du bon et du mauvais poison"
 
Pardon? serais-je tenté de répondre. Y a-t-il quelqu'un qui lit ces lignes et qui songe sérieusement que la pression n'est pas parfois nécessaire pour travailler? Non parce que la seule solution que je trouve pour produire un bon boulot sans ressentir de pression, c'est de le faire par passion (et encore, même dans ce cas il faudrait qu'on définisse de façon assez subjective ce qu'on entend par "pression"). Et comme c'est plutôt rare, je suppose que c'est souvent sous le coup d'une certaine pression que l'on parvient à mobiliser nos forces pour bien travailler.
 
Personnellement par exemple, si je n'ai aucune pression et que le travail qu'on me demande ne soulève pas un grand intérêt chez moi, vous pouvez toujours courir pour que je m'y mette. D'ailleurs j'y pense, un prof de math d'un ami à moi avait dit à sa classe lors de son premier cours que des études montraient de façon convaincante que sous le coup d'une pression extrême, on constatais souvent que les personnes produisaient le meilleur résultat. Et le professeur d'enchaîner, non sans humour noir, qu'il rêvait de pouvoir mettre ses élèves sur une chaise électrique pour qu'ils aient 20 à chacun de leurs examens.
 
Sur la deuxième phrase "analysée" par Hearttruc, soyons direct: ils se plantent complètement. Si il peut y avoir un bon stress. En revanche, ce qui existe ce sont de mauvaise manières de le gérer. Mais ce n'est déjà plus la même chose.
 
Passons à la suite de leur message. En fait il s'agit, nous disent-ils, de gérer son stress en apprenant à gérer son rythme cardiaque. Ce sont les émotions qui sont la sources de notre stress disent-ils (à raison), et celles-ci agissent sur notre physiologie, et notamment sur notre coeur. En apprenant à réguler celui-ci, nous trouveront donc un outil efficace pour mieux gérer notre stress.
 
Et hop, coup de chance, Hearthmath a mis au point le système Freeze Framer, un système interactif de mise au point de sa cohérence cardiaque, et pour une somme qui ferait s'évanouir la reine d'Angleterre, vous pourrez, ma chère Maryse, en devenir l'heureuse propriétaire, et vous promenez dans la rue avec votre petit écran pultionomètre et respiratoiroscope! Heureuse friponne.
 
Donc c'est juste un gadget qui mesure les pulsations cardiaques. Le tout enrobé sous 50 lignes d'explications qui mélangent les mots clés comme on enfile des perles, histoire de donner de la crédibilité auprès de ceux qui ne connaissent pas forcément bien le sujet.
 
Que ce soit dit ici une bonne fois pour toute: ceux qui pensent possible de diminuer leur stress à l'aide de gadgets de ce type, ou simplement en faisant une ou deux séance de relaxation se fourrent le doigt dans l'oeil jusqu'au coude. Ou s'ils pensent allez vraiment mieux après si peu, c'est qu'il n'y avait rien à traiter avant. La gestion du stress commence D'ABORD PAR UN TRAVAIL SUR SOI. Rien de durable ne peut être construit dans ce domaine sans ce travail personnel.
 
Mon conseil du week-end: si vous recevez des prospectus de ce genre, utilisez-les pour vos pliages; s'ils s'agit de mails, ignorez-les. Mais ne perdez pas votre argent dans ces babioles vendus par des gens plus attirés par des gains faciles que par votre bien-être.

20:30 Publié dans Un peu moins de stress | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

09.01.2007

La danse des épithètes

J’enfonce encore le clou sur les belles idées que nous aimons nous faire de nous-mêmes, et sur l’utilisation aussi aveugle que frauduleuse que nous faisons du langage (et je sais qu’il reste encore beaucoup de coups de marteau à donner, en particulier chez la population bourgeoise bien comme il faut que je fréquente, et dont je suis).

 

Mais n’est-ce pas étonnant ?

 

Ils sont inconscients

Nous sommes optimistes

 

Ils sont ridicules,

Nous sommes originaux

 

Ils sont calculateurs

Nous sommes prévoyants

 

Ils sont mesquins

Nous sommes prudents

 

Ils sont pointilleux

Nous sommes précis

 

Ils sont rabat-joie.

Nous sommes réalistes.

 

Ils sont jaloux

Nous sommes critiques

 

Ils s’emportent

Nous sommes convaincus

 

Ils sont excessifs

Nous sommes passionnés

 

Ils sont mous

Nous sommes mesurés

 

Etc.

 

 

Je laisse chacun s'interroger sur les occasions qu'il a pu avoir de procéder ainsi.  L'idée n'est pas de s'en accuser. Mais de parvenir à regarder les autres et à se regarder de façon moins biaisée.

 

 

Ce billet va en catégorie gestion du stress. Ce travail de décryptage des représentations que nous faisons de nous-mêmes et des autres est en effet important dans notre recherche d’équilibre. Il permet de se défaire de l’imagerie faussée que nous nous faisons souvent de notre environnement et de notre personne. En cela il participe pleinement à la démarche de recentrage sur soi que préconise, entre autres choses, la gestion du stress.

 

 

Edit de 14:43: quel âne, le titre aurait dû être, La danse des attributs. 

10:00 Publié dans Un peu moins de stress | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

02.01.2007

Faire naître la joie

medium_tetine.JPGJe constate souvent, et probablement en êtes-vous vous-même parfois témoins, que nous sommes assez prompts à nous réjouir du malheur des autres. Dans la comparaison que nous faisons de façon incessante entre notre vie et celles des autres, nous guettons parfois avec ferveur le moindre signe de faiblesse de nos vis-à-vis, qui doit, par ricochet, rehausser notre bonheur présumé. A contrario, le bonheur d’un autre, parfois même chez un proche, sera la source d’un renfrognement, venu de l’envie et de la jalousie que nous avons à son égard.

 

M’engageant sur ce blog de plus en plus fortement dans la dénonciation de nos comportements aveugles, mais souhaitant joindre à cette démarche une vision positive, issue de la gestion du stress et des bienfaits qu’elle peut procurer, je vous propose ce matin une petite idée que j’ai eu en apprenant la naissance très proche du nouvel enfant d’un ami (à l’heure où je rédige ces lignes, il doit être en train de pousser son premier cri, et à l’heure où vous me lisez il doit déjà faire son premier dodo – en passant, on a bien raison de démarrer la vie en dormant, moi j’adore dormir). Une idée que d’aucun, qui ne jugent que par le sérieux gris-cravate d’une argumentation en trois parties, estimeront « mignonne », mais après tout chacun est libre d’en faire ce qu’il veut.

 

Mon idée donc, c’est de songer chaque matin aux enfants qui naissent. Et de recueillir un peu de la force de vie qui les anime au moment de leur naissance. En ce matin de janvier, c’est une façon pour moi de me réjouir du bonheur de mon ami et de sa femme, et de m’en réjouir d’autant plus sincèrement qu’ils m’apportent, même si c’est sans le savoir, la première joie de ma journée.

 

En ce début d’année, j’ai un peu envie d’aller fouiner dans ce genre d’idées, pour découvrir toutes celles qui permettent de se mettre sur le bon pied, de devenir progressivement plus optimiste, de construire son propre bonheur, par volonté d’être heureux. Parce que ma certitude est de plus en plus grande que la seule vraie sagesse est là et nulle part ailleurs.

 

P.S1: et comme ça, j'ai enfin une bonne raison d'afficher une tétine ici tiens.

P.S2: ce billet va en catégorie gestion du stress, ce type d'idée y ayant à mon avis tout à fait sa place. 

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05.12.2006

La tristesse

medium_laure_-_tristesse.jpgLa tristesse fait partie des émotions simples. Elle se suffit à elle-même pour être décrite au contraire des émotions mixtes qui additionnent plusieurs émotions différentes entre elles. (je reprends ces terminologies d’émotions simples et mixtes directement du site de redpsy  déjà indiqué hier dans mon billet sur la crise émotionnelle)

 

Petit arrêt sur les émotions mixtes d’abord, car leur compréhension éclaircit déjà beaucoup de choses. Celles-ci comme leur nom l’indique bien, mélangent en même temps plusieurs émotions simples entres elles, les font cohabiter chez la personne dans une même unité de temps. Certaines de ces émotions simples étant la cause des autres, et d’autres parfois s’entrechoquant entre elles. On comprend aisément que ce mélange de plusieurs émotions simples est une source de confusion, qui peut être profonde dans certains cas.

 

D’ailleurs il est probable que dans de nombreux cas, et c’est bien indiqué chez redpsy, une ou plusieurs des émotions intervenant dans l’émotion mixte, soit présente précisément pour en camoufler une autre. Parce que nous avons peur de cette autre émotion, que la seule idée de la ressentir génère une appréhension forte qui nous pousse à tout faire pour l’éviter. Comme si cette émotion risquait de s’emparer de nous, de nous faire perdre le contrôle de nous même, et de nous entraîner dans un mécanisme de crise émotionnelle.

 

Mais éviter ses propres émotions n’est pas chose aisée. Je crois pour être franc que c’est même parfaitement impossible. Elles s’infiltrent quoi que nous tentions pour les repousser, et malgré tous nos efforts elles finissent par occuper un espace, quelque part dans notre cerveau. Dés lors, puisque nous ne pouvons les repousser tout à fait, nous cherchons à minimiser leur importance et leur impact. C’est ce mécanisme qui est à l’œuvre dans la construction de nombreuses émotions mixtes.

 

En ce qui concerne la tristesse, celle-ci sera souvent accompagnée de frustration, ou encore de colère. Dans ce dernier cas, bien souvent, elle ne visera pas véritablement la cause de notre tristesse mais plutôt un facteur perçu comme étant cette cause. Pour bien comprendre ce point, tentons d’abord d’identifier ce que peuvent être les sources de la tristesse.

 

En y réfléchissant un peu, nous serions tentés de lister des événements qui ont pu nous causer de la peine : la disparition d’un proche, une déception sentimentale, le désespoir face à une situation spécifique, etc. Je crois qu’on peut regrouper les causes de tristesse dans deux catégories principales : le manque affectif (probablement la cause la plus importante de la tristesse), et l’abandon (j’entends ici, sur des aspects plutôt matériels comme l’incapacité à se financer, la non reconnaissance dans son travail, etc.).

 

Or la colère, en s’additionnant à la tristesse, va chercher un coupable à notre manque affectif, ou à notre sentiment d’abandon. Puisqu’elle est présente pour camoufler la tristesse, elle détourne notre attention de l’objet sur lequel elle devrait se porter. C’est en cela qu’elle se porte sur un facteur de la cause de notre tristesse et non sur la cause elle-même.

 

Cela pose à mon avis deux problèmes. Le premier, évidemment, c’est que cela nous empêche de résoudre notre difficulté puisque la colère nous en détourne. Le fait de trouver un coupable à nos déboires et de reporter sur lui l’intensité de notre tristesse ne permet probablement pas souvent de traiter notre malaise. Le deuxième, qui est quasiment inclus dans le premier, mais je préfère séparer les deux pour être plus clair, c’est que cette colère nous empêche d’exprimer notre tristesse et donc de la gérer convenablement.

 

Car je crois que très souvent, il faut accepter ses propres émotions, si l’on veut parvenir à les gérer véritablement et même à les utiliser pour notre propre développement personnel. Les émotions sont quasiment exclusivement ce par quoi nous nous construisons. Nous ne le percevons souvent pas car la plupart du temps elles restent à des niveaux d’intensité assez faibles, mais nous sommes aujourd’hui le résultat de nos émotions d’hier, et ce sont elles qui guident notre comportement à tout moment (ce sont bien elles qui construisent nos représentations, ainsi que nos automatismes).

 

Je n’ignore pas que la tristesse est une émotion difficile à accepter. Que chez certaines personnes, l’intensité qu’elle risque d’avoir peut engendrer un vrai blocage comportemental, et que celui-ci n’est pas souhaitable. Mais je crois que si la personne a accepté à l’avance l’idée de recevoir son émotion telle qu’elle vient, elle va déjà être en mesure de ne pas la vivre d’une façon trop pathologique. Parce qu’en comprenant qu’elle doit accepter l’arrivée d l’émotion, elle comprend simultanément que cette émotion est un élément extérieur, qui arrive à elle, et qui n’est donc pas elle-même. Cette seule conscience de la non identité d’une émotion à soi, permet à mon avis de la remettre en perspective, et constitue le premier pas, sans doute le plus important, pour parvenir à gérer cette émotion.

 

Et dans ce cas encore plus que dans les autres, il est bon de s’entourer de proches, d’amis, de personnes à qui l’on tient et qui nous offrent cette affection ou cette attention dont nous pensons manquer. Le lien social, vraiment, c’est la clé d’énormément de nos soucis.

 

Je voudrais terminer ce billet par une dernière suggestion, qui me vient de mes propres expériences sur la question spécifique des cas de manque affectif du fait d’une rupture ou d’une déception sentimentale. Personnellement, je n’ai jamais nourri la moindre colère contre les filles que j’ai aimées et avec lesquelles je n’ai pas pu nouer les relations que j’espérais. Sans doute parce que je me méfie de la haine vers laquelle la colère fait parfois pencher, surtout dans une situation aussi forte émotionnellement.

 

Mais aussi, parce que, malgré les événements, je continuais à vouloir les aimer. Parce que je sais que je me donne plus de chances de me construire de façon positive en cultivant ce sentiment en moi plutôt qu’en nourrissant des ressentiments. Alors aujourd'hui, quand je repense à ces filles, j’ai toujours un sourire qui me vient, accompagné d’un sentiment apaisé, comme une forme de tendresse qu’elles m’auraient, malgré elles, léguée. Il m’arrive même souvent de les en remercier intérieurement, ou de m’adresser à elles lorsque je me lève le matin. Je ne veux pas perdre ça.

 

P.S: l'image en illustration est une création d'une certaine Laure (une homonyme de ma double, je ne pouvais donc pas choisir autre chose!) 

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04.12.2006

La colère

medium_colere.jpgLa colère est une émotion négative vécue vis-à-vis d’un facteur (une personne, un événement, etc.) qui engendre une insatisfaction. Elle peut prendre différentes formes, et a différents degré d’intensité (en gros de l’irritation à la fureur). Mais je ne compte pas me perdre dans ces détails, car ce qui m’intéresse dans ce billet, ce n’est pas vraiment le sentiment de colère lui-même, mais plutôt les différentes façons que nous avons de l’exprimer.

 

Bien souvent, la colère, la vraie (qui n’est donc pas qu’une petite irritation), se traduit par un emballement du langage et un comportement agressif. Je crois même qu’il ne doit pas y avoir grand monde qui croit que la colère puisse être autre chose qu’agressive. N’est-ce pas ? C’est bien votre opinion à vous aussi ? Vous avez cassé toute la vaisselle la dernière fois ? Mince. Parce que pourtant…

 

Il y a un bon usage que l’on peut faire de la colère, et je dirai même un usage bon (si si, cherchez bien, vous verrez que ce n’est pas pareil). C’est celui de l’expression d’une colère juste, mesurée à la taille de ce qu’elle doit être, posée en quelque sorte (le terme peut sembler contradictoire comme un mauvais slogan politique, et pourtant, il est tout à fait justifié).

 

C’est le cas en particulier de la colère exprimée face à une personne envers laquelle on nourrit un mécontentement justifié. Une colère d’emportement face à elle est un comportement qui pourrait paraître compréhensible, mais qui ne sera jamais réellement justifié, tout simplement parce qu’il reste parfaitement stérile. Dans l’emportement on ne remet pas les choses à leur juste place, mais on blesse. On contribue donc à détruire un peu plus la relation que l’autre a pu commencer à mettre en péril.

 

Alors que la bonne colère vise à rétablir l’équilibre que l’autre menace. En exprimant de façon juste son mécontentement, on se cadre soi-même vis-à-vis de l’autre, et on recadre l’autre en même temps. C’est ainsi qu’on peut aider à retrouver l’équilibre initial de la relation. Ce n’est pas une colère froide dont je parle, surtout pas puisque celle-ci prépare des lendemains furieux, mais d’une colère exprimée sur un ton qui ne s’emporte pas, qui ne trempe pas dans l’émotif, mais dans le maîtrisé.

 

Un petit exemple pour illustrer tout ça. Lors d’une réunion, lorsque votre auditoire se met à chahuter et à ne plus vous écouter, il est  souvent inutile de poursuivre. Il vaut mieux s’arrêter un instant et observer attentivement votre auditoire. Cette attitude les troublera, et ils s’arrêteront d’eux-mêmes. Mais s’ils répètent le même comportement à plusieurs reprises, déséquilibrant ainsi la réunion et vous mettant en situation de porte-à-faux, je crois bon d’exprimer la colère que vous en nourrissez.

 

Posez-vous alors, et faites part de votre colère avec une voix forte et ferme, mais sans vous emballez, en restant posé. Vous pouvez même, pour vous aider à poser votre colère, entamer en disant : « Je suis en colère ! ». Non seulement vos chances sont grandes d’obtenir le silence et l’attention de l’assistance de cette façon, mais vous sortirez en plus de votre réunion en ayant gagné une véritable aura auprès de ces personnes. Parce qu’ils n’auront pas vu ça souvent.

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La crise émotionnelle

medium_Crise.jpgVendredi dernier au bureau, une collègue s’est effondrée en revenant d’une réunion de lancement de mission qui s’était mal passée. Rien n’est apparu dans les deux premières heures qui ont suivi son retour, mais ensuite, à partir de la première larme, il fut impossible de tirer quoi que ce soit de sa part durant toute l’après-midi. Désemparée, débordée par sa propre émotion, elle ne parvenait pas à reprendre le dessus, et nous qui assistions à sa crise, nous nous sentions tout à fait incapables de l’aider.

 

La difficulté de la crise émotionnelle, c’est évidemment qu’elle se traduit par une perte de contrôle. La personne devient elle-même incapable de se maîtriser, et son entourage également n’a souvent pas de réponse à apporter à la crise vécue. C’est d’ailleurs cette impuissance de tous qui fonde la crise, puisqu’elle met chaque intervenant (on comprend en fait qu’il faudrait plutôt utiliser le terme de spectateur) en situation d’inhibition de l’action, et qu’alors aucun ne se sent en mesure d’agir pour modifier la situation.

 

Cette impuissance renforce donc la détresse émotionnelle de la personne, puisqu’elle ajoute à son malheur le sentiment de ne pouvoir en sortir. Elle entre alors dans un véritable cercle vicieux, qui est le mode sur lequel la crise s’alimente elle-même. Je ne connais pas de remède simple à une crise émotionnelle. Et je serais bien surpris qu’il en existe. Mais on peut toutefois avancer une ou deux idées.

 

La première c’est que l’essentiel que peuvent apporter les personnes qui assistent éventuellement à la crise, c’est simplement d’être là. Etre là, c’est-à-dire offrir une vraie présence, témoigner de l’appui qu’elles offrent à l’autre. Mais cette présence, ne doit probablement pas se faire sur un mode pathologique (la personne qui pleure avec vous parce que vraiment c’est trop dur), mais plus sur un mode d’accompagnement. D’ailleurs, et je l’ai déjà noté à de nombreuses reprises dans mes premiers billets sur la gestion du stress dans ce blog, cette présence passe bien plus par un comportement, un  regard stable et attentif à la fois, un corps serein mais mobilisé, etc., que par des mots, qui trop souvent enferment la douleur dans une interprétation trop subjective pour être juste.

 

La deuxième c’est que c’est souvent aussi la personne qui est en crise qui est la plus à même à s’aider elle-même. Mais là, toute la difficulté c’est que pour sortir de sa crise, il est nécessaire qu’elle parvienne à s’en détacher, à prendre du recul vis-à-vis de sa situation. Or la crise, par définition, se caractérise par l’absence de recul et, comme on l’a déjà indiqué, par l’entraînement dans un cercle vicieux qui alimente celle-ci.

 

Quelques idées toutefois peuvent être mises à profit. La première, c’est qu’il me semble tout à fait erroné de chercher à supprimer les émotions en cause. C’est comme en gestion du stress. Il ne s’agit pas de supprimer ces éléments, mais de les gérer, c’est-à-dire de savoir les intégrer en soi d’une façon saine et non destructive. Mais prétendre détruire ses propres émotions, c’est à mon avis une bêtise. D’ailleurs à bien y réfléchir, je ne crois pas que cela soit possible, et les gens qui prétendent y parvenir, ne font probablement que les maquiller. Est-il besoin d’expliquer que ce n’est pas ainsi qu’elles parviendront à retrouver leur équilibre ?