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28/11/2006

Alain et le passé

medium_coast_road.jpgEn ce moment, je lis un petit bouquin du philosophe Alain (Emile Chartier en vrai, mais il a cédé aux sirènes d’un nom vachement plusse pipole), ça s’appelle Propos sur le bonheur. Emi… Alain d’ailleurs, à écrit vachement de propos. Des Propos sur la religion, des Propos sur l’éducation, des Propos sur l’esthétique, vraiment les propos, c’était son truc.

 

Et dans ma lecture métronale (oui, c’est un barbarisme, mais je compte le faire valider par l’académie française avant ce soir) de ce matin j’ai trouvé cette petite chose qui m’a bien plût :

 

 

"Compter sur le passé est justement aussi fou que se plaindre du passé"

 

 

Une petite saveur stoïcienne dans cette phrase je trouve (non, il n’y a pas de virgule quand Yoda m’habite). Vraiment j’aime bien ce type de réflexion. Vous vous souvenez de la remarque faites par un internaute en réponse à la question posée dans les forums Yahoo sur le stress ? Il indiquait qu’il séparait les événements en trois catégories : ceux qui étaient de son ressort et qui étaient importants, ceux qui étaient de son ressort mais qui n’étaient pas importants, et enfin ceux qui n’étaient pas de son ressort.

 

Et bien le passé, fait en quelque sorte partie de la troisième catégorie. On ne peut pas agir sur le passé, on ne peut pas le modifier. Le passé n’est pas de notre ressort. Cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas s’en inspirer, l’analyser. Cela ne veut pas dire non plus qu’on doit chercher à découdre tous les points d’influence qu’il exerce sur nous (si vous tentez d’ailleurs, bon courage). Mais simplement, qu’il faut le gérer pour ce qu’il est, et ne pas lui accorder, par la force de la représentation que nous nous en faisons (Alain dirait plutôt par notre imagination), une importance excessive.

 

Pour ma part je dois reconnaître que pendant de nombreuses années j’ai été un grand ruminant du passé. Je me souvenais de chaque douleur, et notamment de tous les torts qu’on me faisait, j’enregistrais tout, ne disais à peu près rien, mais chacun avait sa note. Un sacré piège c’était.

 

Alors désormais, même si cette évolution est lente, j’apprends à ne plus grossir le passé. Je lui laisse une petite pièce à lui dans mon cerveau, que j’essaie de maintenir au chaud, mais il ne va plus déranger ses colocataires aussi souvent qu’avant. Et il m’arrive même de plus en plus souvent, seulement quelques microsecondes après un événement désagréable, de faire un grand sourire et de me dire : "C’est le passé, out. Et maintenant ?"

 

Pourrais-je conseiller ce petit remède aux "débatteurs"  (je mets entre guillemets, parce que je ne suis pas sûr qu'ils soient vraiment en train de débattre) qui s’empoignent actuellement chez Embruns ?