19.06.2008

Transi

La légèreté de ses gestes,

L'intermittence de ses mouvements,

Comme un feu dans l'âme de l'amoureux,

Attisant la crainte éperdue, affolée, de son absence.

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26.05.2008

Inassouvie

    Elle s'endort en rêvant,

               Que l'aube ne ramène pas dans sa gorge,

 

Que l'ombre du connu.

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20.05.2008

Papillon

Elle s'arrime au superflu, à l'éphémère,

Cisèle les liens en brindilles,

                Pour ne pas se nouer aux autres.

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24.04.2008

Présence

Vous qui êtes tendre, offrez-lui un regard doux,

Vous qui êtes aimant, prenez-le dans vos bras,

Vous qui êtes sensible et généreux, dites lui un poème,

Vous qui savez la force de la joie, plaisantez avec lui,

Vous qui êtes attentif, cherchez son regard,

Vous qui sentez chaque jour votre force intérieure, accompagnez-le sur un bout de chemin,

Vous qui êtes présent, portez la main à son épaule, sans rien dire,

 

Vous qui êtes présent, ne l'abandonnez sous aucun prétexte.

 

 

(Sur une idée piochée dans le Petit dictionnaire de l'amour, d'Ariane Angeloglou) 

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Avant la présence

Vous, frères humains, hommes, femmes, enfants de fortune,

Approchez-vous et voyez,

 

Voyez et tendez les bras, tendez,

Tendez les bras et les mains,

Qu'ils jaillissent de vos corps engourdis,

Qu'ils jaillissent,

    et crient enfin la douleur, la crainte de ne pas être assez.

 

Voyez et puisez en vous la source de l'attachement.

La présence de l'âme partagée,

L'ouverture du coeur déjà uni.

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15.04.2008

Caresse

19ea8dc9e27b458cf4aecbe95cd56e05.jpgLes caresses évoluent, tendres et sereines, sur le corps de l'être aimé, et fournissent à la peau ses habits les plus chauds.

 

 

Ariane Angeloglu, Petit dictionnaire de l'amour, Caresse

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09.04.2008

Enfin

Il tendit le bras, la paume vers le haut,

                                                lent,

 

Rien ne vint avant le crépuscule.

Doux, attendri,

 

Il lécha sa joue,

Puis sa main remonta jusqu'au cou dégagé,

            s'y attarda,

 

            Ils fermèrent alors les yeux,

 

Et s'enlacèrent

    en songeant chacun qu'ils tenaient dans leurs bras

La tendresse nouvelle

            qui n'était encore jamais venue au monde.

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05.01.2008

L'étreinte

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Il peut y avoir loin des arbres à la tempête,

Des roseaux à la rivière,

De la mer à l’écume,

 

Il peut y avoir loin des rêves à l’aube,

Des espoirs vifs aux soirs conquis,

Des emballements gamins aux rires gosses,

 

Il peut y avoir loin de toute la marmaille de nos mémoires à l’avenir radieux,

De la main caressante à la joue donnée,

De la parole réconfortante au cœur attentif,

 

Il peut y avoir loin du cœur au coeur

Du regard au regard,

Et de la main à la main,


Il peut y avoir loin de soi à elle.

 

 

Tendresse, bronze, par Marie-Odile Roux 

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31.12.2007

Le tremble est blanc

Le temps irrévocable a fui. L'heure s'achève.

Mais toi, quand tu reviens, et traverses mon rêve,

Tes bras sont plus frais que le jour qui se lève,

Tes yeux plus clairs.

 

A travers le passé ma mémoire t'embrasse. 

Te voici. Tu descends en courant la terrasse

Odorante, et tes faibles pas s'embarassent

Parmi les fleurs.

 

Par un après-midi de l'automne, au mirage

De ce tremble inconstant que varient les nuages,

Ah! verrai-je encore se farder ton visage

D'ombre et de soleil ?

 

 Paul-Jean Toulet, Les Contrerimes, 1921

 

 

(J'ai souhaité finir l'année sur un poème, pour avoir quelque chose de joli quand on arrive ici)

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07.10.2007

Devant

Les quelques échanges,

Les yeux aux images qui dansent,

Les matins souriants, toujours,

Après son passage.

 

Les pieds en première,

Pour rire,

Et la rappeler à soi,

Pour ancrer peut-être.

 

Les inquiétudes persistantes, aussi,

Et le ventre noué.

D’abord par surprise,

Puis tellement évident.            

 

Les histoires inventées en chemin,

Pour soi, à oublier vite,

Mené avec certitude désormais,

Par l’aura.

 

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07.06.2007

Sans répis

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Il s’en est fallu de peu.

J’aurai pu ne pas la voir, ne pas y repenser

S’il n’y avait pas eu cet arbre.

Ni ce parfum, encore.

 

 

Tout est revenu d’un coup,

Aussi frais qu’hier.

Les lisières du lit, chargées de mains crispées,

Et ce couteau si dur à voir. Tout.

 

 

Puis la musique.

Elgar, et ce chemin fait en arrière,

La tête entre les barreaux.

Et la fièvre de l’apaisement.

 

 

Interminable, rouge,

Insensé, indispensable.

 

Il faut tout arrêter.

Mais comment fait-on ?

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30.04.2007

Nostalgie d'enfance

 

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 Sous le nez de la maîtresse

    on trafiquait en langage codé

On arpentait le monde

    entre les pages de l'atlas;

           on le redessinait

 

L'entaille à nos poignets

    dénonçait l'alliance : à la vie à la mort.

Parfois le vent soufflait

    ses sauvages secrets, de fauves violences.

L'aile morte nous effleurait :

- Jure que tu ne me laisseras jamais sans nouvelles !

- Si je mens, je vais en enfer. 

 

Où marches-tu maintenant ?

    Il fait froid de ce côté-ci du monde.

Dis-moi : qui es-tu devenu ?

    Où sont les lisières d'Eden ?

 

Il fait très seul au pays des hommes

 

 

 

Un nouveau poème de Colette Nys Mazure, extrait de Feux dans la nuit, que j'ai lu aujourd'hui et que j'ai beaucoup aimé.

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16.04.2007

En gosse

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J’étais tout furibond

Qu’il m’ait poussé dans l’herbe.

Plein d’insultes et jurons,

Rien n’arrêtait mon verbe

 

Il me poussa encore

Mais je résistai mieux.

Et la lutte des corps

Survint entre nous deux.

 

Un premier coup parti,

Un bruit sourd sur son crâne.

Un deuxième, puis un cri,

Le tambour et les larmes

 

Dés alors nous jurions

De ne nous plus parler.

Désormais nous serions

A jamais séparés.

 

Un instant, un regard

Un silence apaisé

 

Et le sel de nos larmes,

Sur nos joues, asséché,

Nous fit baisser les armes,

Nos colères calmer

 

Nous rappelons souvent

Ce souvenir d’enfance,

Regrettant maintenant

Notre tendre insouciance.

 

Nous étions deux gamins

Chamailleurs enfiévrés,

Lors nous faisions chemin

Vers une longue amitié.

 

 

Bon, bof, j'ai pas mal hésité avant de poster. En fait je m'aperçois que je ne suis plus très à l'aise avec les poèmes en rime. Je trouve que ça donne un côté mécanique qui nuit à la valeur poétique du texte, ce qui tout de même est plutôt dommage pour un poème. Je poste parce que je l'ai écris, mais je ne peux pas dire que j'en sois ravi...

15:04 Publié dans Un peu de poésie | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

13.03.2007

La vie nous joue toujours des tours

Quelques souvenirs anciens,

Réveillent parfois l'enfant qui sommeille.

 

Ils profitent de chaque faille,

Et s'infiltrent en garnements.

 

Ils agrippent nos sourires.

Nos soupirs aussi.

 

On rejoue les grimaces gosses

On refait les yeux étourdis.

 

On rappelle les détails, et tout le cirque autour.

On rit plus doucement.

            Les années qu'on ne prévoyait pas sont passées. 

 

 

 

Cet enfant ressurgi, qu'il est dur de le laisser partir à nouveau.

 

 

 

 

 

J'ai retrouvé en fin de semaine dernière, tout à fait par hasard, tous les épisodes d'un dessin animé que je regardais en rentrant d'un travail de nuit que j'avais trouvé lorsque j'étais encore étudiant. Je regardais ce dessin animé chaque matin, juste avant de m'endormir. J'avais passé cette année là un de mes meilleurs été.

Depuis vendredi, je baigne à nouveau dans la chaude torpeur où me laissaient à l'époque ces images. Je me retrouve un peu plus rêveur que d'habitude, un peu plus absent. Et j'adore ça.

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14.02.2007

Recroquevillé

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Il m’en avait tiré.

Ensembles nous fîmes quelques pas.

Trop neufs pour être bien assurés. Mais souriants.

 

Et puis je n’ai pas voulu. J’ai résisté.

 

J’ai soufflé long. J’ai laissé passer.

J’ai poussé devant pour ne pas voir les franges mordues.

Ni les couleurs rares qui tenaient.

 

J’ai arpenté le chemin long, sans plus rien regarder.

Sans sentir les brises autour de moi.

En ignorant les lueurs autant que les ombres.

 

Le temps tirait parfois la longe des refrains vieux.

Trop seul.

Bien mal armé.

 

J’étais parti il y a trop longtemps.

Et malgré tous ses efforts,

Je n’allais pas le laisser reprendre la main.

 

 

Je ne voulais plus tracer, au dernier jour, qu’un maigre livre

 

Où l’on trouverait en filigrane

 

 

Traînées lentes …

 

Reliures écorchées…

 

Des fêlures à tous les doigts.

 

 

 

L'image vient d'un ancien billet de Kozlika, qu'elle m'a sympathiquement retrouvé. 

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01.12.2006

Petite main

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La main qui tient l’autre est celle qui a le plus sûrement besoin d’être tenue.

 

 

 

Je le tiens de l’enfant qui, l’autre soir,

retenait par sa petite poignée son père,

si roidement debout qu’il

semblait à tout moment devoir tomber

14:02 Publié dans Un peu de poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

Déjà petit

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Déjà petit, déjà tendre

           

Les joueuses dansaient dans ses yeux

 

 

 

Des rosées joufflues aux rires éclatants

 

 

 

Au gré des pentes d’herbes,

    des roulades,

        et des mains sur les yeux

 

Des cerises chipées, et des flaques convoitées,

 

 

 

 

Leur empreinte reste plus forte

    que celle du jouet de bois heurté

 

Elles mènent comme au bal,

    et pour encore des années

 

 

09:15 Publié dans Un peu de poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

17.11.2006

Funambule d'un soir

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Je déambule, marchant au hasard, porté par le rythme des autres,

Son regard appuyé du dernier instant reste ancré, là, au profond,

Il ne me quitte pas

 

Son geste pour recueillir l’eau de cette petite fontaine qu’on a croisée,

Le mouvement de ses cheveux quand elle marchait devant moi,

Sa voix haut perchée, et discrète en même temps,

 

Son regard,

encore,

 

Il faut tout oublier…

 

Je ne pourrai pas.

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11.09.2006

Mémoire douloureuse

Samantdi a laissé un poème à la fin de son dernier commentaire. J'aime beaucoup et vous le propose donc en billet.

 

C'est un poème d'Yves Bonnefoy (que je découvre), extrait de La maison natale, qui fait partie du recueil Les planches courbes (si je ne me trompe pas, et Google non plus).

 

 

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Je suis saisi par ces douleurs qui cognent
Aux chambranles qui se délabrent, je me hâte,
Trop lourde m'est la nuit qui dure, j'entre effrayé
Dans une salle encombrée de pupitres,
Vois, me dit-on, ce fut ta salle de classe,
Vois sur les murs tes premières images,
Vois, c'est l'arbre, vois, là, c'est le chien qui jappe,
Et cette carte de géographie sur la paroi
Jaune, ce décolorement des noms et des formes,
Ce dessaisissement des montagnes, des fleuves,
Par la blancheur qui transit le langage,
Vois ce fut ton seul livre.

11:05 Publié dans Un peu de poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

23.08.2006

Le matin

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Une fraîche brise coule dans le dos

     réveillant un frisson.

 

Les premiers pas sont indécis, hésitants, bancals.

 

L'habitude fait tout

         en guide sûr,

et creux.

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08.06.2006

Refrain d'elles

   
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       Il y a mon coeur qui soupire large

parce que la mer monte et commence

à recouvrir les bancs de sable. Je marche.

Il y a l'odeur. le vent qui a soufflé.

     Dans ma tête sous ma peau, les mots. Je

parle tout bas en ramassant des cailloux. Je

remplis mes poches. Je suis sur Terre.

Je fais partie.

 

     J'ai tant de mal à accepter.

 

 

P.S: cela faisait longtemps que je n'avais plus rien posté dans la catégorie "haïkus et poèmes". Content que ça revienne, et j'aime bien celui-ci, découvert hier soir un peu au hasard. Ce texte est extrait du recueil Comme on respire, de Jeanne Benameur, publié aux éditions Thierry Magnier. Initialement, il ne porte pas de titre.

09:45 Publié dans Un peu de poésie | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

23.03.2006

Relève-toi petit homme

Relève-toi petit homme

 

Attrape ma main

N'aie pas peur

Regarde mes yeux, regarde moi

 

Relève-toi petit homme

 

Tout cela est terminé

Ce fut long je sais

Et probablement n'oublieras-tu pas toutes ces nuits

 

Relève-toi petit homme

 

Il te reste des sourires, et des rires à vivre encore

Ils sont froissés oui, certains même ne sont plus que des ombres

Il faudra aller les chercher, tout au fond, là où tu les as enfouis

 

Mais relève-toi petit homme

 

Nous sommes au matin,

Et il chantera aujourd'hui, je t'en fais la promesse

Il chantera et nous aussi, tu verras

 

Oui, relève-toi petit homme

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02.03.2006

Parce que la nuit

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Parce que la nuit, parce que les pleurs,

Les gestes lents qui ne savent plus.

Parce que les rires tremblant de peur,

Et les silences qu'ils ne cachent plus.

 

Parce que les ombres sur le visage,

A chaque regard qui disparaît.

Parce que les voeux souvent volages,

Les sourires minces qui sont défaits.

 

Parce que les mots qui vont hagards,

Et les soupirs mal déguisés.

Parce que demain n'est plus qu'un soir,

Une solitude trop assurée.

 

Aidez-moi

 

 

P.S : un très grand merci à Stanislas Gros qui m’a fourni le dessin pour illustrer ce poème (que je considère comme faisant partie de ma série sur l'aide).

Billet précédent de la série

Billet suivant de la série

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07.02.2006

A tâtons

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La main est tendue, enfin non, enfin elle l’est vaguement,

Elle doute encore, la main.

Elle se recroqueville parfois, se replie complètement même, et alors ! Alors plus rien.

 

Et les yeux ?

Ils sont fermés eux, fermés oui. Ils gigotent bien un peu mais on ne les voit pas faire.

Ils ont bien trop la trouille pour s’ouvrir, les yeux. La trouille. Ils ne le feront pas, c’est sûr.

 

Le dos lui-même signe dans sa courbure l’abandon des désirs. Elle en dit trop long sa courbure.

 

C’est perdu hein ? Oui. Tout le corps a perdu.

 

 

 

Recroquevillé, gouache, brou de noix et frottements (2003) de Pascal Gourmandie

 

P.S : c’est un essai dans un style un peu nouveau. Je ne suis pas sûr du tout que ce soit terrible et que ça rende grand-chose juste en lecture. Je l’aurais plus imaginé lu, pour les rythmes et les intonations que j’y verrai. Bon et il va tout de même falloir que j’essaie d’en écrire qui soient un peu joyeux sinon on va vraiment croire que je suis dépressif.

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26.01.2006

Dépendance

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                   Souvenirs qui persistent

       S'infiltrent chaque jour,

         comme des perfusions.

 

Impossibles à défaire.

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16.01.2006

Rêve accrocheur

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Ne pas quitter les méandres du rêve.

Rejeter a tout prix le matin naissant.

S’agripper fiévreusement aux rebords de la nuit.

Résister à l’aube qui arrache à la torpeur, résister jusqu’au bout.

 

 

 

 

Kandinsky, Petit rêve en rouge, 1925

16:40 Publié dans Un peu de poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

04.01.2006

Poèsie à l'Entrepôt

Hier soir je suis allé à l'Entrepôt pour écouter des poèmes de Prévert, extraits du recueil Paroles. Ce fut un moment très agréable. Les textes choisis étaient tour à tour émouvants, drôles, futiles, intenses. Et surtout le récitant avait eût la bonne idée de les mettre en scène, d'une façon très juste. Cela leur a donné une chaire encore plus dense, les émotions étaient plus fortes, le rire plus franc. Vraiment une réussite.

 

Je vous propose un des poèmes de ce recueil, qui fut dit hier soir lors du spectacle, avec d'ailleurs une émotion que tous les spectateurs ne pouvaient sans doute pas déceler...

 

CET AMOUR

Cet amour
Si violent 
Si fragile 
Si tendre 
Si désespéré 
Cet amour 
Beau comme le jour 
Et mauvais comme le temps
Quand le temps est mauvais
Cet amour si vrai
Cet amour si beau
Si heureux
Si joyeux
Et si dérisoire
Tremblant de peur comme un enfant dans le noir
Et si sûr de lui 
Comme un homme tranquille au milieu de la nuit
Cet amour qui faisait peur aux autres
Qui les faisait parler
Qui les faisait blêmir
Cet amour guetté 
Parce que nous le guettions 
Traqué blessé piétiné achevé nié oublié 
Parce que nous l'avons traqué blessé piétiné achevé nié oublié 
Cet amour tout entier 
Si vivant encore 
Et tout ensoleillé 
C'est le tien 
C'est le mien 
Celui qui a été 
Cette chose toujours nouvelle 
Et qui n'a pas changé 
Aussi vraie qu'une plante 
Aussi tremblante qu'un oiseau 
Aussi chaude aussi vivante que l'été 
Nous pouvons tous les deux 
Aller et revenir 
Nous pouvons oublier 
Et puis nous rendormir 
Nous réveiller souffrir vieillir 
Nous endormir encore 
Rêver à la mort 
Nous éveiller sourire et rire 
Et rajeunir 
Notre amour reste là 
Têtu comme une bourrique 
Vivant comme le désir 
Cruel comme la mémoire 
Bête comme les regrets 
Tendre comme le souvenir 
Froid comme le marbre 
Beau comme le jour 
Fragile comme un enfant 
Il nous regarde en souriant 
Et il nous parle sans rien dire 
Et moi j'écoute en tremblant 
Et je crie 
Je crie pour toi 
Je crie pour moi 
Je te supplie 
Pour toi pour moi et pour tous ceux qui s'aiment 
Et qui se sont aimés 
Oui je lui crie 
Pour toi pour moi et pour tous les autres 
Que je ne connais pas 
Reste là 
Là où tu es 
Là où tu étais autrefois 
Reste là 
Ne bouge pas 
Ne t'en va pas 
Nous qui sommes aimés 
Nous t'avons oublié 
Toi ne nous oublie pas 
Nous n'avions que toi sur la terre 
Ne nous laisse pas devenir froids 
Beaucoup plus loin toujours 
Et n'importe où 
Donne-nous signe de vie 
Beaucoup plus tard au coin d'un bois 
Dans la forêt de la mémoire 
Surgis soudain 
Tends-nous la main 
Et sauve-nous.

 

Le récitant est également poète. Vous trouverez quelques textes de lui en cliquant ici. Ah, et au fait, il s'agit de mon cousin. Bravo à lui.

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22.12.2005

Joyeux noël !

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13.12.2005

Partition neuve

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Attraper les absences, les doutes, les murmures,

Capturer les maux, les souffles et les silences

 

Puis délier les paroles

Les tracer en portée joyeuse, en notes vives.

 

Et jouer la horde éclatante du renouveau

 

 

 

A lire en fredonnant la musique pour soi (saurez-vous trouver de quel morceau il s’agit ?)

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07.12.2005

Les bras d'une fille

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Ses bras tiennent l’enfant,
En une courbe attentive et reposée.

 

Leurs sourires s’échangent, leurs yeux se répondent,
Alimentent la brise qui court encore entre eux.

 

Puis celle-ci les quitte,
Porte jusqu’aux autres,
 

                       et les réchauffe à leur tour.

 

 

Un infini merci à Poipoipanda pour son magnifique dessin.

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02.12.2005

Mots perdus

 

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Lenteur résolue aux ombres

des pas si peu décidés,

des élans avortés.

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20.11.2005

Aube trompeuse (dyptique, seconde partie)

Encore, le matin frêle se lèvera.

 

Et rapportera les doutes que les rêves n'auront pas effacés.

 

 

 

 

Blog en pause jusqu'à vendredi au soir.

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Nuit d'hiver (dyptique, première partie)

 

 

Ciel nocturne,

 

           grisant, empressé.

 

Gorge les silences de sa froide douceur.

 

                     Puis, le rêve chaud

   

      et enveloppant.

 

 

 

 

Photo de Bernard Plossu

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09.11.2005

L'inquiétude résolue

Les mots trop minces,

trop ténus,

 

la peur si forte,

si sûre d'elle-même.

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02.11.2005

Echardes

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             Rêves gamins

                              frêles et timides

 

                         réveillés

                                    par les ironies à échardes

                                               toujours à échardes

 

 

Ciel bleu, Kandinsky, 1940

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06.10.2005

Ac(c)ro

 

 

Tricote tricote lierre d’antan.

Enlace les troncs, tortue sur les toits,

Mêle tes grappins têtus. Et patient,

Porte la sève morte à tous tes doigts,

Scellant l’oeuvre de celui qu’on n’entend.

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20.09.2005

Sursis

Elle tendit ses mains fébriles et agitées,

en dernier appel, en dernier don.

 

Voyant cela, la solitude, en gage, déposa ses armes.

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05.09.2005

Rétention

Ses yeux bleus ont accroché mes souvenirs,

y ont tissés des lianes, posé des racines,

et désormais les retiennent,

captifs.

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03.08.2005

Murmure

Murmure à l’oreille, comme un baiser inaccompli, écho ténu de son regard incrédule,

et soupir profond venu d’une tendresse, de ce regard neuf, accueillant.

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25.07.2005

Premiers pas

Ils découvrirent l'amour sous la chaude couverture de l'amitié,

puis derrière l'hésitation d'un pas, d'un sourire,

la fébrilité d'une main ou d'une joue tendue,

d'une lèvre pincée en doute.

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19.07.2005

Sueurs

La peur du mépris surpris dans un sourcil haut, une grimace ténue,

 

la grande peur.

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18.07.2005

Parti pris

Dernière copie en provenance de blogger, ce poème de Colette Nys Mazure, extrait du recueil Feux dans la nuit,  édité chez La renaissance du livre.

"
Parti pris

Je sais la mort, le vide, l'angoisse suante.
Je pourrais hurler au mal, à la nuit.
Crier le temps à l'oeuvre en moi:
la lente corruption des sources,
la chair qui se défait
et le coeur qui s'effrite.
Les pans d'ombre dévorant le soleil
et la vie s'échappe et fuit par toutes les issues.
Les espoirs mort-nés,
les soifs mal étanchées.
Les folies douces et noires,
les suicides rêvés
et l'usure de l'être,
la solitude, le gel de l'âme,
les illusions fânées,
les amours avortées.

Je dis la beauté du monde toujours offerte,
là sous mes doigts, sous mes yeux.
La joie pudique et la fête sans lendemain.
L'espérance apprise,
la sève obstinée,
la chanson patiente.
Les instants d'éternité et l'éternité entrevue.
L'aventure inouïe d'un réveil,
le jaillissement de la création
et l'invention de l'amour.
Le bonheur surpris et la mort apprivoisée.

Je ne maudirai pas les ténèbres,
je tiendrai haut la lampe.
"

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