24.04.2008

Présence

Vous qui êtes tendre, offrez-lui un regard doux,

Vous qui êtes aimant, prenez-le dans vos bras,

Vous qui êtes sensible et généreux, dites lui un poème,

Vous qui savez la force de la joie, plaisantez avec lui,

Vous qui êtes attentif, cherchez son regard,

Vous qui sentez chaque jour votre force intérieure, accompagnez-le sur un bout de chemin,

Vous qui êtes présent, portez la main à son épaule, sans rien dire,

 

Vous qui êtes présent, ne l'abandonnez sous aucun prétexte.

 

 

(Sur une idée piochée dans le Petit dictionnaire de l'amour, d'Ariane Angeloglou) 

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Avant la présence

Vous, frères humains, hommes, femmes, enfants de fortune,

Approchez-vous et voyez,

 

Voyez et tendez les bras, tendez,

Tendez les bras et les mains,

Qu'ils jaillissent de vos corps engourdis,

Qu'ils jaillissent,

    et crient enfin la douleur, la crainte de ne pas être assez.

 

Voyez et puisez en vous la source de l'attachement.

La présence de l'âme partagée,

L'ouverture du coeur déjà uni.

23:30 Publié dans Un peu de poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

15.04.2008

Caresse

19ea8dc9e27b458cf4aecbe95cd56e05.jpgLes caresses évoluent, tendres et sereines, sur le corps de l'être aimé, et fournissent à la peau ses habits les plus chauds.

 

 

Ariane Angeloglu, Petit dictionnaire de l'amour, Caresse

22:00 Publié dans Un peu de poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

09.04.2008

Enfin

Il tendit le bras, la paume vers le haut,

                                                lent,

 

Rien ne vint avant le crépuscule.

Doux, attendri,

 

Il lécha sa joue,

Puis sa main remonta jusqu'au cou dégagé,

            s'y attarda,

 

            Ils fermèrent alors les yeux,

 

Et s'enlacèrent

    en songeant chacun qu'ils tenaient dans leurs bras

La tendresse nouvelle

            qui n'était encore jamais venue au monde.

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22.03.2008

Quelques retours sur l'euthanasie

Le cas personnel de Chantal Sébire, cette femme atteinte d’une maladie orpheline lui déformant le visage et engendrant des douleurs insupportables, a réveillé le débat sur l’euthanasie.

 

J’ai publié ici quelque chose sur ce sujet, il y a déjà pas mal de temps. Je reviendrai sur un point de ce que j’avais écrit alors, mais d’abord je voudrais reprendre deux arguments avancés par les personnes qui sont contre l’euthanasie. Celui qui demande pourquoi une personne dans la situation de Chantal Sébire ne choisit pas simplement de se suicider au lieu de demander d’avoir recours à l’euthanasie, puisque elle était encore suffisamment en possession de ses moyens pour le faire, et celui, corollaire, qui s’étonne que Chantal Sébire ait voulu faire appel à la législation et donc à l’état pour régler son cas personnel au lieu de le traiter elle-même.

 

Entamons avec le premier point sur l’opportunité du suicide. J’ai lu ici et là certains commentateurs dirent leur étonnement que les personnes atteintes de maladies incurables aux symptômes aussi douloureux ne choisissent pas elles-mêmes de se donner la mort. J’ai relevé un commentaire notamment qui disait que le suicide était une liberté, liberté qu’il suffisait ici d’exercer pour faire cesser la souffrance.

 

Voilà un très bon exemple à mon avis de toutes ces opinions bien formulées, claires, logiques, cohérentes, mais totalement à côté de la plaque. Le langage produit cela, trop souvent, et l’on ne s’en rend que très peu compte, car on s’imagine que maîtriser le langage c’est penser. C’est pourtant bien insuffisant. Dire que le suicide est une liberté est une sottise absolue. C’est utiliser un terme de valeur général (la liberté, l’égalité, la morale, etc.) là où la question qu’il pose n’a pas sa place. La question du suicide n’a vraiment rien à voir avec l’exercice d’une liberté. Une personne suicidaire ne l’est pas dans la perspective d’exercer une liberté. Dire cela est parfaitement hors sujet. On se suicide parce que l’on va mal, pas parce qu’on est libre de le faire.

 

Pourquoi donc, ne pas recourir au suicide dans le cas d’une personne comme Chantal Sébire et préférer faire appel à l’euthanasie ? J’y vois deux raisons. La première, très pragmatique, me paraît assez évidente. Tant même que la demande des anti euthanasie que ces gens là se suicident discrètement chez eux plutôt que de demander qu’on s’occupe de leur cas me semble tout à fait surprenante. C’est qu’il n’est pas évident de se suicider. Imaginez-vous vous-même, décidant de vous tuer. Evidemment vous allez écarter toutes les méthodes violentes, vous ne souhaitez quand même pas en rajouter au mal que vous vivez. Une méthode douce, cela sera probablement par la consommation de médicaments ? Lesquels ? On en prend combien ? J’entends d’ici les commentaires qui vont me dire : « ah mais il suffit d’un tube complet de somnifères ! ». Ben non, on peut être retrouvé avant de mourir, être soigné, bref, on peut se rater. Tout le monde imagine bien ce que cela signifie, pour quelqu’un qui souffre atrocement, d’envisager une action qui risque d’échouer ? Qui en rajoutera au stress déjà insupportable de la situation ? On a raté ? Il va alors falloir recommencer. Jusqu’à ce que ça marche. Vous imaginez la chose avec un peu de sens humain ?

 

La première raison pour laquelle les personnes atteintes de maux aussi durs demandent d’avoir recours à l’euthanasie est d’avoir par cette voie l’assurance que les choses soient « bien faites », sans douleur, et de façon sûre. Cela supprime le stress de l’acte définitif, et permet alors que les émotions des personnes présentes soient entièrement consacrées aux liens qu’elles ont ensemble plus qu’à des considérations matérielles qui seraient alors intolérables.

 

La deuxième, mais là je sens que je vais avoir du mal à convaincre tout le monde, c’est que le suicide en tant que tel, l’acte de se donner la mort à soi-même, de façon discrète comme je l’écrivais plus haut, en catimini chez soi, reste un geste dont la portée est plus que symbolique. C’est une agression exercée contre soi, et non pas un geste d’apaisement, ce que cherche à produire l’euthanasie. Oui, oui, je vous entends bien, réclamer qu’on mette fin à ses jours, même dans le cadre d’une loi, cela revient au même vous dites vous. Et bien non, le geste n’a pas la même portée. Dans le cadre où l’euthanasie serait légalisée, la personne qui y aurait recours bénéficierait de quelque chose que l’acte du suicide lui refuse cruellement : la reconnaissance. Si l’euthanasie est reconnue légale, alors la personne qui y a recours n’a plus à se cacher, elle n’a plus à s’isoler pour se tuer à l’abri du regard des autres. Car lui demander de se suicider, cela revient à lui dire : « S’il te plaît, mets-toi à l’écart, fait ça discrètement, et ne nous embête pas ». C’est lui imposer en plus de la douleur qu’elle vit un dernier camouflet, une dernière humiliation, sociale cette fois-ci, car en plus de mourir, sa mort ne doit pas être un geste accepté et regardé en face par les autres.

 

La vérité, c’est que cette demande n’est rien d’autre qu’une lâcheté. Demander à quelqu’un qui souffre de s’occuper d’elle-même en pareilles circonstances, c’est surtout lui demander de faire cesser notre souffrance du dilemme humain dans lequel elle nous plonge. Mais il ne faut pas perdre de vue que c’est là une agression de plus qu’on fait alors vivre à cette personne.

 

Et voilà du coup, pourquoi avoir recours à une solution légale, et donc émanant du pouvoir de l’état n’a rien qui doivent soulever la réprobation. Le demander c’est demander que ces gens là puissent, dans les derniers jours de leur vie, qui sont probablement aussi les plus douloureux, tant physiquement que moralement, obtenir un dernier message qui ne les met pas à l’index, mais qui au contraire leur signifie qu’eux aussi font bien partie du groupe des hommes, et que jusqu’au bout ils y auront eu toute leur place. C’est en cela qu’ils peuvent à mon sens légitimement user du terme dignité pour qualifier la mort qu’ils entendent favoriser. La reconnaissance. Sans cela, un groupe social n’est rien.

 

J’en termine en revenant rapidement sur ce que j’avais écris donc il y a longtemps sur ce même sujet. La philosophie de Kant me paraissait alors utile pour répondre à la question de l’euthanasie. On m’opposerait facilement une citation du philosophe qui dit qu’on ne peut disposer en rien de l’homme ni pour le blesser, pour le mutiler ou pour le tuer. J’avais présenté pourquoi une lecture au premier degré de cette maxime me paraissait fautive, et comment il me semblait que cela devait plutôt s’entendre. Je n’y reviens pas, ce serait trop long et sans doute polluant pour mon propos d’aujourd’hui. En revanche je voudrais reprendre une autre citation de Kant qui disait que l’homme n’est pas un moyen, mais une fin en soi, et qu’en toute occasion il doit être traité comme tel. Les tenants de la position contre l’euthanasie me rétorqueraient en bondissant que cela renforce leur position, ajoutant peut-être, comme je l’ai lu parfois, que la vie est sacrée, et doit donc être défendue quoi qu’il arrive. Là aussi, même défaut que celui de l’argument présentant le suicide comme une liberté. Dire que la vie est sacrée n’a aucun sens. La vie toute seule comme ça c’est un mot, ça n’a rien de sacré. Ce qui est sacré ce n’est pas la vie, ce sont les hommes qui la vivent. Et là tout à coup le ciel s’éclaircit et on comprend peut-être mieux les choses. Ce n’est pas la vie qu’il faut défendre et dont il faut se préoccuper, ce sont les individus qui doivent être avant toute autre chose l’objet de notre attention. C’est le sens réel de la maxime de Kant.

 

 

Quelques billets ailleurs sur le sujet :

 

Eolas, qui présente le point de vue du juriste, évidemment utile pour éclaircir le débat,

 

Koz, dont je ne partage pas la majeure partie des arguments, mais qui évoque en particulier un point qui me semble intéressant à creuser : une loi produit toujours un effet marginal indésirable.

 

Embruns, qui propose une vision très incarnée du sujet.

 

(Je poste, la peur au ventre que tout ceci soit encore prétentieux...) 

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04.03.2008

SM's tag

SM m'a tagué tout récemment. Je m'étais prêté à l'exercice avec Polluxe il y a quelques temps, je ne sais pas trop ce que je vais vous dire pour l'instant, mais percevant son geste comme une sympathie, et parce que comme Vérel, être tagué par un tel blogueur me semble flatteur, je m'y colle à nouveau.

(là il y a un grand blanc, car vraiment je ne vois pas quoi raconter ... j'envie SM)

 

1. En classe de 5ème mon professeur de maths s'est un jour ébahi devant la façon dont j'avais résolu une équation à plusieurs inconnues. Il m'avait dit, et cela avait épaté tous mes camarades, que j'avais résolu ça comme une équation de n degrés, ce qui n'aurait pas dû m'être possible avant la classe de 2nde. J'étais tout content. Quelques temps plus tard j'ai compris qu'il s'était planté et que je n'étais pas un surdoué.

 

2. Mon ancien lycée a un temps accueilli les enfants du vice président de Syrie. Voir les molosses qui gardaient la voiture familiale nous amusait bien.

 

3. En école supérieure j'ai passé 4 mois à vivre sans presque rien chez moi. Ma valise me servait à ranger mes vêtements et mon lit n'était qu'un matelas posé par terre. Je suis maintenant propriétaire depuis presque 2 ans et je commence tout juste à m'équiper.

 

4. J'entasse depuis 5 ans tous mes documents administratifs, relevés bancaires, fiches de paie, déclarations d'impôts, factures diverses, etc. dans un grand carton où tout est pêle mêle. Je me suis aperçu récemment que ce rangement n'assurait pas de ne rien perdre (il faut dire que j'ai parfois dérogé à ma règle et fait d'autres entassements dans des sacs ou tiroirs).

 

5. J'ai fait des études de finances. Je suis absolument nul dans ce domaine, et d'un point de vue personnel je n'ai jamais fait mes comptes. C'est mon entreprise qui m'a appris récemment qu'elle me devait 1000 € de remboursement de frais engagés il y a 8 mois.

 

6. [edit du 05/03: je n'avais pas fait attention qu'il fallait indiquer 6 choses insignifiantes...]. Et j'ai découvert hier soir que depuis plus d'un an j'ai oublié de façon aléatoire de fournir mes justificatifs de carte orange pour me faire rembourser...

 

Voilà, ce court billet nombriliste à le maigre mérite de ne pas laisser cet espace complètement mort. Je vous présente mes excuses pour mon absence. Je n'ai tout simplement aucune énergie pour écrire depuis quelques mois. Cela reviendra sans doute.

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23.01.2008

La plus grande spécificité humaine ...

4675e41beba6f1b62d8450295fc114e1.jpg...est celle des liens que nous tissons avec les autres.

 

 

L'autre jour j'ai vu sur la cinquième une émission intéressante sur Albert Jacquard. Il s'agissait pour être exact d'un reportage sur les travaux et la pensée du philosophe, lors duquel il nous était proposé de le suivre dans ses conférences auprès de publics très divers, dans des écoles, ainsi que dans des moments plus intimes, seul face à la caméra.

 

Il y a quelques années, j'ai lu de lui un petit bouquin très facile d'approche, dans lequel j'ai trouvé une perle qui m'est toujours resté en tête, et qui se trouve d'ailleurs déjà quelque part ici, mais je ne sais plus où. Jacquard résumait son idée de la nature humaine par cette phrase limpide : "je suis les liens que je tisse avec les autres".

 

Cette phrase a raisonné fortement en moi, car elle me semblait résumer à elle seule bien des réflexions et bien des cheminements personnels. Je suis les liens que je tisse avec les autres. Cela signifie une chose principale : notre nature, avant tout autre chose, est faite de relation. L'homme est d'abord un être doué des relations qu'il crée, bien plus que des talents individuels qu'il pourrait tenter de construire égocentriquement, cloîtré seul avec lui-même. Ce sont ces relations qui le fondent, qui construisent sa véritable nature, qui font enfin qu'il peut vraiment être heureux. Plus que tout le reste.

 

C'est ce que Jacquard rappelait de façon répétée dans le reportage en question. Il reformule même cela d'une manière encore plus décisive : notre plus forte spécificité sur le reste du vivant, selon lui, c'est précisément cette capacité à créer des relations avec les autres hommes. C'est la complexité et la profondeur des relations que nous savons nouer les uns avec les autres.

 

Certains opposeront sans doute que bien des espèces animales ont développé un tissu social très développé lui aussi. Je pense par exemple aux loups, ou dans un style très différent aux fourmis. Mais il me semble que ces spécificités animales ne sont en quelque sorte que "fonctionnelles", c'est-à-dire qu'elles n'existent qu'en tant qu'elles sont une fonction qui répond à leur besoin de survie. Chez l'homme, cette spécificité prend une place bien plus importante : elle n'existe pas pour notre survie, mais pour notre vie. Elle est en réalité, "ontologique", si l'on me passe à nouveau la prétention de ce terme. C'est exactement cela, cette importance ontologique, fondatrice de l'individu, que Jacquard exprime lorsqu'il dit "je suis les liens que je tisse avec les autres".

 

Cette idée me semble très vraie, et je crois qu'on peut l'utiliser pour comprendre beaucoup de nos comportements.

 

D'abord, elle explique très probablement la mal-être que l'on juge parfois, et sottement donc, paradoxal, de nos sociétés occidentales pourtant riches et prospères. Lorsque l'on a dit que celles-ci s'étaient également développées sous une forme fortement individualiste, et que l'on comprend bien le message de Jacquard, la cause de la non corrélation de leur développement économique avec le bonheur de leurs habitants apparaît très clairement : ces sociétés ont oublié en route de créer les conditions qui favorisent le lien social. Enfin pas toutes. Certaines comme le Canada ou les pays scandinaves semblent sortir du lot. Or qu'entend-on à leur sujet ? Là-bas, le civisme, le lien entre les personnes est plus fort que chez nous.

 

Encore un exemple qui me semble très fort : celui du célibat. Fondamentalement, je ne crois pas que le célibat rende heureux. On trouve pourtant beaucoup de gens en faire les louanges et dirent combien il apporte de liberté. On peut faire ce que l'on veut, quand on veut, avec qui on veut, sans avoir à rendre de compte. Le pied!

 

Tout cela me semble pourtant parfaitement faux et illusoire. Je ne m'étends pas sur l'incompréhension totale de la liberté que constitue un tel discours. Le jour où être libre se résumera à cela, j'espère ne pas être là pour le vivre. Ensuite, ce discours est un mensonge énorme qui fait passé le célibat pour un choix de liberté, ce qu'il n'est quasiment jamais. Il me semble au contraire que le célibat n'est qu'une réponse conjoncturelle, qui existe principalement dans les sociétés où l'individualisme fait florès, et qui trop souvent ne sert aux individus qui le "choisissent" qu'à camoufler leur situation. Puis ils utilisent le langage, ils le manipulent (encore!) pour mentir aux autres, et pour se mentir à eux-mêmes, afin d'enjoliver et de valoriser les choses.  Pour ne pas se retrouver en situation d'infériorité psychologique, une société individualiste s'accommodant très mal de ce genre de symptômes.

 

Ce discours qui dit que le lien avec les autres est ce qui nous est le plus spécifique par rapport au monde animal n'est vraiment pas une lubie de philosophe en mal de lyrisme. On en retrouve des prolongements dans les travaux de Laborit, qui a identifié ce point d'une façon là aussi très marquante. En effet, dans le fonctionnement de notre mémoire, les liens que nous créons avec les autres interviennent de façon forte. C'est bien évidemment vrai pour les enfants dans le cadre de leur éducation (d'ailleurs je crois que pas mal de médecins conseillent aux parents de parler à leur bébé lorsqu'il naît, parce que même sans maîtrise du langage, le lien créé les construit). Mais c'est aussi vrai dans toutes les relations que nous créons. En résumé, Laborit dit lui-même que chacun de nous n'est en réalité que ce que les autres, par leurs liens avec nous, ont engrammé dans notre mémoire. Ce que nous sommes est le résultat de la construction complexe de tous ces morceaux de mémoire relationnelle, mélangés les uns avec les autres.

 

Un très bon exemple de cela peut être observé lors du décès d'un proche. Lorsqu'un tel événement arrive, il nous plonge dans une profonde tristesse. Laborit indique que celle-ci peut s'expliquer en grande partie parce qu'avec le départ de ce proche, c'est aussi une partie de nous-même que nous voyons partir. Parce que ce que nous avons engrammé en lui de souvenirs et d'expériences partagées disparaît avec lui. Nous mourrons un peu à la disparition d'un proche.

 

Prenons le temps de comprendre combien ces liens nous importent, quelle priorité doit leur être donnée. Peut-être y trouverons-nous la meilleure idée pour vivre heureux.

23:05 Publié dans Un peu de recherches et d'idées | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

Echelle du bonheur

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Ce soir je regarde en pointillé la série diffusée par la première chaîne : le Dr House. Le personnage principal m'amuse et me détend.

 

Il y a quelques minutes, en observant un jeune patient sortir entre ses parents de l'hôpital, encore affecté par son autisme, il a dit :

"Le premier baiser avec la langue, c'est un 8 sur l'échelle du bonheur.

Un enfant qui vient d'être sauvé de la mort, c'est un 10.

Eux n'ont qu'un 6,5, parce qu'ils savent ce qui les attend encore..."

 

 

Cette année je veux des 10. Des 10. 

 

 

 

Tableau : Joie de vivre - Robert Delaunay (1930) 

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05.01.2008

L'étreinte

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Il peut y avoir loin des arbres à la tempête,

Des roseaux à la rivière,

De la mer à l’écume,

 

Il peut y avoir loin des rêves à l’aube,

Des espoirs vifs aux soirs conquis,

Des emballements gamins aux rires gosses,

 

Il peut y avoir loin de toute la marmaille de nos mémoires à l’avenir radieux,

De la main caressante à la joue donnée,

De la parole réconfortante au cœur attentif,

 

Il peut y avoir loin du cœur au coeur

Du regard au regard,

Et de la main à la main,


Il peut y avoir loin de soi à elle.

 

 

Tendresse, bronze, par Marie-Odile Roux 

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31.12.2007

Le tremble est blanc

Le temps irrévocable a fui. L'heure s'achève.

Mais toi, quand tu reviens, et traverses mon rêve,

Tes bras sont plus frais que le jour qui se lève,

Tes yeux plus clairs.

 

A travers le passé ma mémoire t'embrasse. 

Te voici. Tu descends en courant la terrasse

Odorante, et tes faibles pas s'embarassent

Parmi les fleurs.

 

Par un après-midi de l'automne, au mirage

De ce tremble inconstant que varient les nuages,

Ah! verrai-je encore se farder ton visage

D'ombre et de soleil ?

 

 Paul-Jean Toulet, Les Contrerimes, 1921

 

 

(J'ai souhaité finir l'année sur un poème, pour avoir quelque chose de joli quand on arrive ici)

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