12/12/2008

Entraves à dépasser

Doute.jpgLorsque j'ai entamé la rédaction de ce blog il y a maintenant 3 ans et demi (déjà...), j'avais en tête des sujets très précis sur lesquels je souhaitais écrire. Et suffisamment de contenu à l'époque pour ne pas connaître l'angoisse de la page blanche. Pendant environ 2 ans les idées que j'avais m'ont permis d'alimenter cet espace de façon assez régulière sans avoir de vrais trous d'air.  Clairement cette situation à changé depuis de nombreux mois, et je n'écris plus ici que très irrégulièrement. J'aimerais qu'il en soit autrement mais pour être honnête je doute de ma capacité à modifier cet état de fait.

 

Il y a plusieurs raisons à cela.

 

Une certaine lassitude d'abord, en particulier après avoir rédigé ma série sur l'agressivité qui m'a demandé beaucoup d'énergie et d'investissement à une époque où mon rythme de travail était intense. J'en suis sorti très fatigué et avec un besoin important de me reposer et de retrouver du temps pour moi. A cela s'est ajoutée une usure psychologique exacerbée en raison de certains événements (rien de vraiment grave toutefois), et qui m'a marqué pendant quelques mois. Et du coup s'ensuivit la perte de l'habitude d'écrire, ce réflexe du blogueur qui se demande chaque jour ou chaque semaine de quoi il va parler.

 

Des éléments plus conjoncturels aussi, qui me bloquent un peu aujourd'hui. D'abord le fait de savoir que je suis parfois lu par certaines personnes qui me connaissent et dont je préfèrerais qu'elles ne me lisent pas. Il m'arrive ici d'écrire des choses personnelles (et notamment je sais que mes poèmes sont quasi systématiquement vus comme des dévoilements intimes, ce qui est injustifié) que je ne veux pas avoir à développer avec ces personnes. Mais d'un autre côté, je ne conçois pas aborder des sujets d'analyse comportementale, de psychologie ou de développement personnel sans m'impliquer plus ou moins personnellement dans ces travaux. Si je ne le fais pas je pense que ce que je produirai aura moins d'intérêt et de pertinence, que ce sera moins efficace. Je suis donc un peu pris entre deux eaux.

Une autre entrave conjoncturelle concerne une série que j'envisage depuis quelques temps déjà, que je souhaitais initialement dédier à quelqu'un. Mais je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée en soi.

 

Et surtout, je reste encore aujourd'hui perclu de doutes sur ce que j'écris. Lorsque je rédige quelque chose ici je passe un temps fou à reprendre certains mots, certaines lignes, des paragraphes entiers parfois, en me demandant si j'ai vraiment bien compris le sujet, si ce que je dis est vrai ou pas. Le dernier exemple en date est un billet que j'ai déjà intégralement rédigé mais que je ne pense finalement pas publier la faute à un contenu qui m'apparaît à la relecture assez discutable (Samantdi, c'était une réaction à l'histoire de Daisy et Minnie). Produire des textes qui me semblent parfois peu fiables pose forcément souci, ce d'autant plus que les sujets que j'aborde me tiennent parfois à coeur. Je n'ai pas envie d'écrire des bêtises qui pourraient nuire aux lecteurs.

 

Une des questions principales que je me pose d'ailleurs est de savoir quel est le degré d'opportunisme dans ce que je présente comme étant mes convictions. Qu'est-ce que je parviens à présenter honnêtement, sans biais, et qu'est-ce qui risque de n'être en fait que la justification plus ou moins savante de mes préjugés ? J'ai parfois du mal à faire ce tri, à identifier clairement la qualité de mes opinions et isoler celles qui ne sont que des outils de beau parleur.

 

En revanche je crois comprendre une des raisons qui nous amène si souvent à construire ce type de convictions rhétoriques ... (to be followed in the next article - what a teaser !)

04/12/2008

Prud'hommes méconnus

Les élections prudhommales ont connu cette année un très faible intérêt avec un taux d'abstention record à 74,4%. Verel en a proposé 3 billets répartis avant et après les élections, , et . J'ai eu quelques échanges sous son premier billet avec lui et ses commentateurs sur le sujet et je voulais revenir rapidement dessus.

 

Je remarquai donc qu'autour de moi l'intérêt porté à ses élections semblait a peu près nul. Mes collègues, et en particulier les plus jeunes, se contrefichent de tout ça, je n'ai trouvé personne qui avait sa carte d'électeur avec lui, et ceux qui pensait l'avoir quelque part ne savaient pas où. La personne officiellement en charge de la partie RH dans mon entreprise n'était d'ailleurs dans ce domaine pas un exemple puisque comme les autres elle n'avait pas sa carte et ignorait où elle se trouvait, et elle n'avait aucune idée du lieu où notre vote pourrait être effectué. La petite taille de mon cabinet explique sans doute une partie de ces faits, néanmoins je trouve intéressant de les relever à titre d'exemple.

 

J'ai fini par pouvoir voter hier, après pas mal de recherches sur l'endroit où cela m'était possible. Mais la journée d'hier a selon moi jeté la lumière de façon assez crue sur une carence forte du monde de l'entreprise en France. Car je crois qu'en amont du désintérêt marqué pour les élections des prud'hommes il y a une culture redoutablement pauvre du droit du travail. Je le constate autour de moi, et pas que chez mes collègues, et j'ai dans l'idée que ce manque a des impacts non négligeables sur notre façon d'aborder les choses. Il est peut-être aussi issu d'une forme de fatalisme ou de passivité vis-à-vis du travail, comme si l'on subissait ce monde là.

 

Ca ne fait guère plus de 2 centimes tout ça, mais je compte revenir ici pour d'autres choses que j'ai en tête depuis pas mal de temps déjà. Je dois juste me mettre d'accord avec moi-même sur la façon de le présenter.

27/10/2008

Bougie

nounours.jpg

Les yeux galopent en rêve
Sur la paume d'une main effacée,
Touchent l'autre bout du monde
Où un anniversaire s'est perdu.

15/10/2008

Dépoussiérage à droite

Synapse.jpgVos inférences naturelles vous conduisent déjà à croire que je vais parler de politique dans ce billet. Evidemment vous vous trompez, j'ai bien trop peu de connaissances dans ce domaine pour en parler, et mon nombril m'intéresse bien plus. En effet c'est de mon blog, et en particulier de sa colonne de droite, que je compte ici vous entretenir.

 

J'ai apporté des modifications propres, peut-être remarquez, en fait je ne suis pas sûr, à bouleverser l'ordre établi de la blogofush intergallactique, et donc bon.

 

J'ai créé d'abord une nouvelle liste (ils appelent ça comme ça chez blogspirit) regroupant les sites qui m'accueillent (quoique pour Naturavox je me demande s'il me connaissent encore). J'ai enfin modifié les adresses qui devaient l'être : le nouveau site de Damien d'abord, et celui d'Heidi.

 

J'ai supprimé quelques vieux bouzins qui avaient disparus. Concernant Clic qui tenait le blog "Tentative", je suis quand même un peu déçu. S'il me lit toujours, qu'il n'hésite pas à faire signe. J'ai aussi indiqué par une mention "end" ceux qui semblent avoir terminé leur production.

 

Enfin, j'ai fait quelques ajouts : dans le désordre il y a le blog secret d'un ancien de lieu-commun, un prix nobel (il me manquait des économistes et comme il paraît qu'il vulgarise bien, j'ai pensé que hop), le blog de Jean-Pierre Rosenczveig sur le droit des enfants, et enfin dans un tout autre genre, Maliki qui fait des choses qui me plaisent vachement.

 

Comme vous le voyez ces ajouts sont principalement des trucs d'émisphère gauche. Heureusement que Maliki est là sinon ça ferait plutôt gris tout ça. Donc j'en profite pour faire un petit appel à idées. Si vous avez des suggestions de blogs sympas, drôles, originaux, et qui changent des trucs où on donne chacun son avis devant le bar, je suis preneur.

08/10/2008

L'homme est le frère du singe...

singe2.jpg...et non pas son descendant. Bien sûr c'est caricatural, mais c'est ce que l'on peut se dire à l'observation de certains de nos comportements. Un article amusant découvert aujourd'hui enfonce le clou de cette thèse et, douceur suprême, en s'attaquant directement à ceux qui seraient les plus enclins à s'estimer au dessus de la mêlée.

Je ne résiste pas à l'envie d'en proposer ici quelques extraits (tant je connais la propension de certains à ne pas cliquer sur les liens par flemmardises).

 

"[...]les managers portent généralement des costumes sombres rehaussés par des chemises ou des cravates de couleur vive, de la même façon que les mâles dominants de diverses espèces de singes exhibent certaines parties vivement colorées de leur anatomie."

 

"[...]les dirigeants tendent à avoir de plus grands fauteuils que les autres membres de leur équipe, parlent plus fort et interrompent leurs collaborateurs plus souvent. Ils emploieraient également plus fréquemment des termes techniques et des acronymes pour embrouiller leurs interlocuteurs."

Sur le point de l'utilisation d'acronymes, c'est plus que vrai. Le plus agaçant c'est de les voir gonfler le torse en s'y prêtant alors que dans le fond ils sont effectivement en pleine régression à l'age primal.

 

"Ce que nous avons trouvé, c'est une tendance universelle à l'étalage du pouvoir, de la virilité et de l'autorité chez l'homme comme les animaux."

 

Aaaah, qu'il est doux de lire ce genre de propos dans un article émanant d'une expérience qui semble tout ce qu'il y a de sérieusement menée. Nous passons notre temps, et dans le milieu des cols blancs sans doute plus qu'ailleurs, à utiliser nos codes vestimentaires, nos codes de langage et nos gestes pour affirmer notre position sociale, et tenter de nous réhausser par rapport aux autres. Prendre conscience que cette attitude est ce qui nous rapproche du singe plutôt qu'elle nous en éloigne comme nombre d'entre nous aimeraient pourtant pouvoir le prétendre est à mon avis une bonne chose.

 

Il me semble qu'il y a aussi là quelques chose de complémentaire à ça.

 

05/10/2008

Des peurs déraisonnables

 

tourbillon.gifDe façon non exhaustive, car couvrir tous les cas existants nécessiterait plusieurs tomes, j'ai envie ce soir de vous parler de certaines peurs particulières. Elles sont incompréhensibles pour la plupart d'entre nous sans doute, mais très réelles pour d'autres, et elles peuvent dans les cas les plus difficiles se transformer en des angoisses totalement handicapantes, voire devenir de véritables terreurs. J'espère parvenir à rendre compte des troubles intérieurs qui surviennent chez les personnes qui les ressentent afin de les rendre plus compréhensibles à tous.

 

La peur de l'immobilité

Un cas concret l'illustrera peut-être de façon claire. Imaginez une jeune femme dans le métro, restée debout et près des portes du train. Celui-ci avance normalement, en cahotant un peu comme à l'habitude. La jeune femme se sent bien, respire normalement et ne laisse apparaître aucun signe de trouble. Mais à l'approche de la station suivante, elle commence à s'angoisser, sa respiration s'accélère légèrement et ses mains deviennent moites. Elle guette le quai auprès duquel le train devra stopper sa course, son appréhension augmente à la vue de la station et des premiers néons qui la surplombent. Le train s'arrête enfin. La jeune femme tremble alors de tous ses membres, les quelques instants d'attentes avant que le train redémarre lui apparaissant comme interminables. Au bout de 30 secondes elle pousse un cri de détresse qui surprend ses compagnons de voyage. Elle fond en larmes ne sachant plus que faire. Elle est perdue dans une rame de 20m2 qui ne bouge pas d'un poil pendant une minute. Elle finit alors par sortir du train et continue de pleurer sur le quai, à 6 stations de sa destination initiale. Il lui aurait été impossible de continuer le trajet et de supporter les arrêts suivants.

Cette jeune femme vient d'être sujette à une angoisse créée par l'immobilité et l'incertitude qui l'accompagne. Le train ne bouge plus et il lui est impossible par sa seule force de le remettre en marche. Elle subit, et n'a aucun moyen de faire cesser cet état de fait par elle-même. Elle ne peut qu'attendre que le train redémarre en espérant que cela arrive effectivement.

Il me semble que la peur de l'immobilité est une sorte de peur du vide, du néant qui semble surgir lorsque plus rien ne se passe.  Comme si ce qui nous entourait devenait soudain mort. La crainte que la vie et le mouvement qui la traduit ne reviennent pas génère l'angoisse. Et celle-ci est d'autant plus forte qu'on a le sentiment de ne rien pouvoir y faire. On se retrouve en position d'impuissance dans une situation de vide. Et le seul fait de savoir que cela peut arriver provoque une peur qui peut être immense.

La peur du vide est assez courante et elle connaît des variantes connues. Dans le cadre de sa thérapie primale, Arthur Janov demande à ses patients de n'utilisez aucun moyen de divertissement durant la durée de leur traitement. Il doivent rester le plus clair de leur temps hors du centre de thérapie dans leur chambre d'hôtel, sans télévision, ni Internet, ni radio, ni téléphone. La seule activité qui leur est autorisée est d'écrire, ce qu'ils font tous pour décrire leur progression au cours de la thérapie. Janov procède ainsi pour affaiblir les défenses des patients et les rendre plus réceptifs. Plus trivialement, on trouve autour de nous de nombreuses personnes qui fuient l'immobilisme. Les fêtards éternels qui ne supportent pas de rester un soir chez eux et de se sentir dans le train-train quotidien, ou les workaholics qui en font toujours plus de peur que la machine s'arrête net en sont de bons exemples (mais il y a là sans doute aussi une autre peur, celle de devoir se confronter à soi-même, ce qui est un autre sujet).

Vous pensez que le vide ne vous fait pas peur ? Essayez de programmer dans la semaine une soirée où vous ne faites absolument rien. Où vous attendez seulement que le temps passe. Comment vous sentez-vous en y songeant ? Et sinon qui d'entre vous n'a jamais allumé la télévision chez lui ou la radio alors qu'il n'y a rien à voir ou à écouter, simplement pour avoir de la compagnie ?

 

La peur des lieux où ils ne sont pas

Ce n'est pas compliqué, ils habitent Lyon et moi je suis dans un patelin à 10 kms de la ville. Cette distance est faible, mais pour moi c'est comme un gouffre insupportable. En semaine ça me pose peu de problème parce que comme la plupart je travaille sur Lyon, et le soir il est dans l'ordre des choses que chacun s'en retourne chez soi, donc j'accepte le retour dans ma maison sans trop de difficulté. Mais le week-end, lorsque chacun à la liberté d'aller et venir où bon lui semble, rester chez moi dans mon village alors qu'eux sont sur Lyon m'est devenu intolérable. J'invente des raisons pour me rendre en ville du coup, pour me sentir "là où il faut". Si je reste chez moi, ou même que je vais voir d'autres amis qui habitent eux aussi dans le village, j'ai le sentiment horrible de ne pas être là où il faut. Comme si le lieu où je restais était alors un no man's land. Il n'existe pas et moi non plus car eux n'y sont pas.

Dans cette situation, si je ne suis pas sur Lyon je n'existe plus. Il ne s'agit pas seulement de ne pas rester isolé chez moi. Il faut que je sois sur Lyon. Sinon j'ai l'impression de ne plus exister. Comme si l'éloignement m'effaçait. J'ai peur qu'il m'efface, que les autres m'oublient. En week-end je disparais de leur mémoire et ça me fiche la trouille. Je ne suis personne pour eux. Etre là où ils sont, et bien sûr de préférence avec eux, c'est vivre, tandis que ne pas y être, c'est disparaître.

Je ne sais plus dans quel livre j'ai lu la phrase suivante : "Toute prise de distance est un abandon." Je lis cela de la façon suivante : ce n'est pas un abandon de soi envers les autres, c'est un abandon consenti des autres vers soi. Lorsque l'on part s'installer et vivre loin de chez soi, la douleur intérieure que l'on ressent au moment du départ vient de là : on met les autres en situation de nous abandonner. C'est d'une certaine façon une mutilation psychologique qu'on s'impose à soi-même. Cette peur là est peut-être la plus importante chez les personnes qui ont le sentiment d'exister principalement à travers le regard des autres. Quelqu'un qui se définit en fonction de l'attention qu'il suscite et des égards qu'il reçoit des autres, et bien sûr cela est plus sensible avec les proches, ressentira cette peur plus fortement qu'une personne qui est parvenue à vivre de façon autonome, sans être dépendante du regard et de la proximité des autres.

 

La peur du calendrier

Il a suffit d'imaginer un calendrier, les jours suivants posés comme morts sur un morceau de carton, inertes. En voyant ainsi le temps figé, aussi plat que son support, ce vide qui se déroulerait de façon inarrêtable, ce rien qui avouait n'être rien en se matérialisant simplement sur son support habituel, je me suis effondré. J'étais complètement perdu et incapable de savoir quoi faire. Cela a été pire encore lorsque je suis allé au-delà de l'image du lendemain et que j'ai imaginé les semaines, puis les mois, puis les années à venir. Tout ce temps là m'est apparu soudain comme enfermé. Le calendrier que je voyais dans ma tête était une prison plus sûre que toutes les prisons faites de pierres et de barreaux. Et c'était une prison à vie, dont je ne pourrais jamais sortir. Un vide absolu dans lequel j'avancerais en pure perte. Une horreur contre laquelle on ne peut rien.

C'est une variante de la peur du temps qui passe, qui se matérialise à travers l'image d'un calendrier, même si cette image n'est que dans notre esprit et non sous nos yeux. Elle peut survenir lorsqu'on se sent perdu face aux jours qui sont à venir. Que va-t-on faire pendant ces jours-là ? Avec qui va-t-on passer son temps ? Que va-t-on réaliser qui restera ensuite et qui ne sera donc pas du vide ? Qui fera attention à soi ? Aura-t-on l'impression d'exister ? Cela durera-t-il ? Toutes ces questions, et d'autres encore se posent sur les cases du calendrier et s'y retrouvent inertes comme le calendrier lui-même. La matérialisation du temps par le calendrier lui enlève le caractère vivant qu'il recèle. Un calendrier ça ne bouge pas, il ne s'y passe rien, et pourtant c'est ce qui traduit le temps. On assimile alors le temps lui-même à son support, et on lui en donne les caractéristiques. Le temps qui est le support naturel du mouvement et de la vie devient alors parfaitement mort. Et rien ne peut y changer quoique ce soit.

Là aussi on retrouve la notion d'impuissance et de vide, d'inertie.

 

Je vais m'arrêter là, ce sont les trois peurs qui m'intéressaient et dont j'avais envie de parler. Je m'aperçois qu'elles sont toutes les trois liées à la peur du vide et de l'incapacité à modifier les choses, à agir. Il me semble à l'heure où j'écris que cela revient à la peur que le monde autour de nous ne soit pas vivant et que nous ne le soyions pas non plus. C'est une peur du néant. Ce qui fonde son intensité est la crudité de l'impression de néant qui se dégage à la personne qui ressent cette peur. Son côté palpable. On se voit tomber et n'avoir rien qui puisse nous retenir dans cette peur là.

On peut peut-être exprimer cela autrement en disant qu'il s'agit du croisement entre la peur de l'absurde et celle de l'inhibition de l'action. Non seulement on ne peut rien faire, mais en plus si l'on pouvait faire quelque chose cela ne changerait rien à rien. Un tel piège est infernal.

 

Pour ceux qui voudraient lire quelque chose d'intéressant sur la peur, je conseille le livre de Susan Jeffers, Tremblez mais osez. Il n'aborde pas la question comme je viens de le faire, mais avec une approche bien documentée et très pratique et concrète sur les manières de dominer et dépasser ses peurs.

04/10/2008

1,2,3, une peur connue

Il y a un mois, Aymeric m'a tagué pour que je poursuive une chaîne de blogs. C'est une occasion de réveiller cet endroit, pourquoi pas donc.

Il s'agit de prendre un livre qu'on a bien aimé et de reproduire un passage de la page 123. Je choisis de reproduire un passage du livre L'homme qui voulait être heureux, de Laurent Gounelle, livre dont j'ai déjà parlé sur ce blog, en étendant l'extrait à la page 124 car l'extrait m'apparaît vraiment en valoir la peine.

 

" J'eus, une fois de plus, le sentiment qu'il posait son doigt précisément là où il fallait, si bien qu'il n'avait pas besoin d'appuyer fort pour produire un effet. Le mot "peur" avait un écho particulier en moi. Pendant quelques instants, il résonna comme un gong dans ma cage thoracique, un gong dont les vibrations descendaient profondément dans les méandres de ma personnalité. Ce qui remonta à la surface m'apparut alors comme une évidence.

- J'ai peur de me faire rembarrer, donc je préfère ne pas prendre le risque.

Rien que d'y penser, je ressentais la honte que j'aurais si mon ancien patron m'envoyait bouler.

- Votre peur provient d'une confusion, d'un amalgame entre le rejet d'une demande et le rejet d'une personne. Ce n 'est pas parce que l'on décline une requête de votre part que l'on ne vous aime pas ou que l'on n'a pas de considération pour vous.

- Peut-être.

- D'autre part, vous ne savez absolument pas si sa réaction sera négative. On ne peut pas répondre à la place des gens. C'est seulement en posant la question que vous serez fixé.

- Je ne suis sans doute pas assez masochiste.

- La plupart de nos peurs sont des créations de notre esprit. Vous ne le réalisez probablement pas, mais savoir se tourner vers les autres pour leur demander quelque chose est fondamental. Tous les gens qui réussissent ont cette compétence.

- J'en ai peut-être d'autres qui compensent celle-ci que je n'ai pas...

- Il faut absolument que vous l'acquériez. On ne fait pas grand-chose dans la vie si on ne sait pas aller vers les autres et demander un soutien, un appui, de l'aide, des conseils, des contacts."

10/07/2008

L'usage délicat des croyances (reloaded)

89cb8ecf8728ab0a7965daed06ada43d.jpgLe sujet des croyances est très vaste à explorer. Il n’est qu’à voir l’imposante littérature développée sur ce thème pour s’en convaincre. Et je ne parle pas ici des croyances religieuses, mais seulement de celles dont les livres emplissent les rayons « développement personnel » de nos librairies. Les deux ont des similarités fortes évidemment, mais la première relève me semble-t-il d’abord de la foi, qui est un autre sujet. Le type de croyance qui m’intéresse ici est celui du deuxième type : est une croyance toute inclination de notre esprit de nature à influencer notre comportement (ou nos pensées pourrait-on ajouter, mais dans cela à mon sens revient au même, puisque nos pensées trouvent toujours un relai dans nos comportement). Il s’agit donc de nos valeurs, et aussi de nos préjugés.

 

Nos croyances se forment au fur et à mesure des expériences que nous vivons, selon les émotions que nous ressentons alors. Nous rattachons alors ces émotions à ces expériences. C’est ce mécanisme qui constitue la plus grande part sans doute de notre apprentissage de la vie. Lorsque nous sommes bébé par exemple, nous apprenons que lorsque nos parents nous tiennent dans leurs bras, nous sommes heureux, alors que leur absence prolongée nous est douloureux. Les répercussions de ces expériences d’enfances, en particulier celles de la très petites enfance, sont immenses je crois (et les livres qui en parlent sont très nombreux). Un enfant qui n’aura pas reçu de tendresse et n’aura pas été pris dans les bras par ses parents étant petit pourra ainsi former le raisonnement suivant : « lorsque je pleure, ou même en temps normal, personne ne vient à mon aide et personne ne s’intéresse à moi », d’où découle plus tard la croyance : « dans la vie, on ne peut compter que sur soi-même ! », croyance qui va influencer lourdement nos comportements : tendance à s’isoler, méfiance envers les gens et le monde en général, pensées négatives sur ce que l’on peut attendre de la vie, etc.

 

A contrario, un bébé qui recevra l’affection et l’amour de ses parents grandira avec des émotions positives et une plus grande confiance en lui et en ce que le monde extérieur peut lui apporter. Cela lui paraîtra normal d’être protégé par ceux qui sont à la place de le faire, d’oser affirmer ses convictions devant les autres, etc. Dans Le cri primal, Arthur Janov, découvreur de la thérapie primale, explique même qu’une personne qui aura reçu l’amour de ses parents lorsqu’il était bébé, l’aura intégré à son expérience personnelle comme un élément tellement normal et naturel qu’il ne se posera même pas la question de savoir ce qu’est l’amour ou encore comment l’obtenir. Un enfant grandissant dans un tel climat aimant ne se poserait pas plus de questions existentielles, avance-t-il. Pas besoin de s’inquiéter de la vie et de ce qu’elle apporte lorsque nos croyances nous amènent à considérer naturellement, instinctivement je dirais même, que le bonheur va de soi.

 

Dans L’homme qui voulait être heureux, un livre très apaisant que je recommande, Laurent Gounelle présente plusieurs aspects de l’influence de nos croyances sur nos comportements. Il note en particulier que celles-ci nous font progressivement transformer la réalité conformément à ce que nous croyons qu’elle est. Par exemple, quelqu’un dont la croyance sera que le monde d’une manière générale lui est hostile, qu’il faut se méfier des gens et de ce qui nous entoure, par son comportement, va effectivement pour partie transformer son environnement proche et le faire devenir ce qu’il croit qu’il est.

 

Un exemple pourra éclairer ce point.

 

Si je crois que le monde autour de moi me menace et que je dois m’en méfier, comment vais-je me comporter ? Et bien je vais avoir une attitude défiante vis-à-vis des gens, je me mettrais probablement plus en retrait lorsque des groupes se formeront, je ne dirais pas tout de peur qu’on l’utilise contre moi, etc. Comment les gens vont-ils réagir à ce comportement ? Et bien ils vont percevoir cette méfiance que j’ai vis-à-vis d’eux, se dire que je ne suis pas franc avec eux, pas ouvert, bref ils vont ressentir eux aussi de la méfiance en retour. Et ce qui est terrible, c’est qu’avec mon schéma de pensée je me dirais alors : « leur comportement vis-à-vis de moi est bien la preuve que j’ai raison ! » Ma croyance s’auto-alimente ainsi et renforce des comportements négatifs.

 

Au contraire, si je vis en percevant le monde de façon positive, je serais naturellement ouvert aux autres, confiant dans mes relations. Les autres le ressentiront et seront donc à l’aise pour s’ouvrir à moi en retour et me donner leur confiance. Là aussi la croyance s’auto-alimente, mais de façon positive.

 

Susan Jeffers, dans son livre « Tremblez mais osez » raconte une expérience menée fréquemment avec ses groupes de thérapie. Elle sélectionne parmi les personnes présentes un homme plutôt fort pour faire l’expérience. Elle lui demande de se tenir droit et de lever le bras devant lui et de le maintenir ainsi fermement. Il faut préciser que Susan Jeffers est une femme normale, pas bodybuildeuse pour un sou, et que sa force naturelle est bien inférieure à celle de ces hommes qu’elle sélectionne pour leurs muscles. Elle leur demande alternativement de se répéter dans leur tête d’abord qu’ils sont forts, puis qu’ils sont faibles. Après quelques instants où l’homme s’est répété « je suis fort, je suis fort », Susan Jeffers tente de leur faire abaisser le bras. En s’aidant du sien. Elle pousse, appuie, insiste. Mais rien n’y fait. Ils restent de marbre. Mais lorsque dans la deuxième phase de l’exercice elle intervient après qu’ils se soient répété en eux « je suis faible, je suis faible », miracle, elle parvient à leur faire abaisser le bras. Ce résultat est tout de même marquant, d’autant plus qu’elle rapporte dans son livre qu’il est systématique et qu’elle n’a pas observé d’exception. Pour corser l’affaire elle propose même de sortir de la pièce lorsque l’homme se répète son mantra, sans qu’elle sache celui qu’il choisit, pour faire en sorte aussi qu’on ne croit pas qu’elle effectue un effort différent dans un cas et dans l’autre. Et quand elle revient pour faire baisser le bras du costaud, invariablement si elle y arrive c’est qu’il s’est répété qu’il était faible, et si elle n’y arrive pas c’est qu’il s’est répété qu’il était fort.

 

Mais l’impact des croyances va encore plus loin. Non seulement nos croyances peuvent influencer notre environnement extérieur en le transformant en ce que nous croyons au départ qu’il est, mais elles peuvent même changer les personnes elles-mêmes ! Toujours dans L’homme qui voulait être heureux, Laurent Gounelle relate une expérience menée auprès d’élèves qui avait tous le même QI. Ceux-ci ont été séparés en deux groupes, et présentés différemment auprès du même professeur qui devait les suivre pendant une année scolaire complète. Lorsqu’on amena à ce professeur les élèves du premier groupe, on lui indiqua pour information, que ces élèves étaient plus intelligents que la moyenne. Mais inversement, lorsqu’on lui présenta les élèves du second groupe, on lui indiqua que ceux-ci présentaient un QI inférieur à la moyenne. A la fin de l’année scolaire, les élèves des deux groupes firent à nouveau un test de QI, et on constata que les élèves du premier groupe avaient vu leur QI augmenter, alors que ceux du second groupe avaient un QI en baisse.

 

Autre exemple encore, et qui va lui aussi encore plus loin si l’on y songe bien (décidemment jusqu’où nous emmène-t-il vous dites-vous alors que le suspens est franchement à son comble ?) : les placebos. Lorsqu’un médicament est fabriqué, pour démontrer son efficacité, il est nécessaire de réaliser des tests cliniques dont l’objectif est de détecter une efficacité notable du médicament par rapport notamment à un placebo. Si l’effet du médicament est effectivement supérieur à celui du placebo, alors son efficacité est prouvée. Cela permet parallèlement de constater l’effet des placebos, et l’impact qu’ils peuvent avoir sur la guérison de personnes dont les maladies sont parfaitement réelles. Globalement aujourd’hui, on considère que le taux d’efficacité des placebos se situe autour de 30%. C’est ce que j’ai lu dans le livre de Laurent Gounelle, mais on peut retrouver ce chiffre également chez d’autres sources.

 

Il faut comprendre que puisque les placebos ne sont pas des molécules actives, ce qui intervient le plus dans leur efficacité est la croyance du malade qui l’ingère quant-à son efficacité. Ainsi donc, dans 30% des cas, le seul fait de croire qu’une substance peut nous guérir, alors que celle-ci est parfaitement neutre, suffit à nous faire effectivement guérir. Si l’on y songe bien ce chiffre est tout de même étonnant, surtout si l’on considère que les maladies qui sont parfois guéries ainsi ne sont pas que de simples rhumes mais sont parfois des maladies lourdes comme le cancer.

 

Nos croyances donc peuvent nous servir positivement pour influer sur nos vies. En développant des croyances positives, que ce soit sur nous-mêmes, sur nos capacités, sur les autres et d’une manière générale l’environnement qui nous entoure, nous pouvons nous donner de meilleures chances d’être heureux. Cependant, les croyances peuvent aussi être un élément de fragilité lorsqu’elles sont utilisées par des manipulateurs. On arrive là sur un terrain plus meuble que celui évoqué jusqu’ici dans ce billet.

 

Samantdi dans un billet récent, rapporte une expérience récente lors de laquelle une de ses amie a soigné son mal de dos simplement en y posant ses mains, un peu à la façon d’un magnétiseur. Je dois dire que pour ma part, ayant confiance en Samantdi, j’ai confiance aussi en son récit. Il me semble d’ailleurs possible d’expliquer cette guérison, au moins pour partie, par la croyance qu’a son amie de pouvoir effectivement guérir les gens en faisant ce genre de choses. Ca rejoint tout à fait ce que j’ai décrit jusqu’ici sur le rôle des croyances et l’impact qu’elles peuvent avoir sur nous. Samantdi rapporte d’ailleurs la façon dont son amie a accueilli cette faculté « Elle m'a dit que ce don lui était venu il y a environ un an, sans qu'elle s'explique vraiment pourquoi, qu'elle avait ainsi soigné un membre de sa famille après avoir ressenti l'intime conviction qu'elle pouvait soulager la douleur ponctuelle qu'il éprouvait ». Elle sentait qu’elle pouvait le faire, sans savoir pourquoi. Et visiblement elle n’en fait pas commerce ce qui est plutôt gage d’honnêteté.

 

Bien évidemment, nombreux sont ceux qui émettent des doutes sur la validité de telles pratiques. Et personnellement si je me tords le dos, je préfère allez chez mon médecin traitant que chez un magnétiseur. Et je donnerai ce même conseil à n’importe lequel de mes amis s’il me le demandait. Malheureusement, il reste encore de nos jours beaucoup de charlatans et de malhonnêtes qui font profession d’utiliser la crédulité des autres, et qui s’intéressent moins à la guérison prétendue de leurs clients qu’aux portefeuilles de ceux-ci.

 

Ces activités se multiplient d’ailleurs. Entre l’astrologie, la voyance, les tarots, la numérologie, le magnétisme, etc. le filon est largement exploité. En faisant une petite recherche sur Internet, j’ai trouvé un site apparemment bien documenté et sérieux sur tous ces sujets, que je vais prendre pour exemple dans la suite de ce billet, un site qui entend combattre le charlatanisme. Son auteur y recense les principales disciplines qui relèvent selon lui du charlatanisme, opinion qu’il explique dans un article dédié pour chaque cas. Globalement son approche me semble intéressante, notamment lorsqu’il propose des clés pour détecter les discours trompeurs. En effet, le risque le plus grand dans ces disciplines est la manipulation qui peut émerger de croyances en des pratiques dont l’efficacité et le sérieux ne sont pas démontrés.

 

Toute la difficulté ici est donc de parvenir à éclaircir les choses et à trouver ce qui peut être bon et ce qui doit être repoussé. Il n’y a pas de méthode simple à mon sens pour y arriver. Ce qui veut dire notamment qu’à mon sens l’approche du tout scientifique excluant les pratiques exotiques n’est pas suffisante non plus. Elle souffre en effet d’une faiblesse majeure : ces pratiques, aussi exotiques soient-elles, et malgré l’usage malhonnête que certains pratiquants en font, sont parfois efficaces. Evidemment la réponse des partisans du tout scientifique, dont l’auteur du site susnommé fait partie, répondront : « Prouvez-le ! ». Pour ma part je m’appuie sur des témoignages pour répondre à cela. Celui de Samantdi par exemple. Ou celui encore d’une personne à qui je tiens et qui m’a dit récemment qu’elle avait fait une séance de Reiki qui l’avait grandement aidée.

 

Bien sûr, dans une vision scientifique, ces seuls témoignages sont insuffisants. Ces personnes peuvent mentir d’abord. J’écarte pour ma part cet argument car les deux témoignages que je rapporte ici proviennent de personnes en qui j’ai confiance et qui n’ont aucune raison de me mentir lorsqu’elles abordent ce sujet. Mais il est possible aussi qu’elles s’illusionnent elles-mêmes sur la cause réelle de leur mieux être, que leur maladie n’ait été que psychosomatique et que leur réflexe de rejet des sciences dures venant des mauvaises notes reçues dans leur enfance en mathématiques les ai poussé à développer des croyances favorables aux médecines parallèles, croyances qui seraient fortement intervenues dans leur guérison. Bref, un jeu de dupes.

 

Mais un simple jeu de dupes suffit-il à guérir un cancer ? On peut retourner la chose dans le sens qu’on veut, certaines personnes vont mieux, physiquement et mentalement mieux, après une séance de Reiki ou d’acupuncture. En ce cas, je ne vois pas de bonne raison de dire à ces personnes qu’elles se font avoir et devraient opter pour des pratiques plus conventionnelles. Je trouve une logique juste dans le fait de suivre une voie non conventionnelle si l’on a pu y trouver un mieux-être réel (et non fantasmé bien sûr). Et toutes les argumentations scientifiques resteront inefficaces pour convaincre du contraire des personnes qui constatent personnellement que ces pratiques les aident réellement. Cela ne signifie pas qu’il faille par défaut se ruer sur ces méthodes, et je n’en ferais pas la publicité ici, mais vouloir à tout prix imposer une approche conventionnelle me semble inadapté.

 

Dans Madame Bovary, Flaubert présente ainsi l’opposition entre l’abbé Bournisien, qui croit bien sûr en Dieu, et M.Homais qui est un fervent défenseur de la science. Tandis que l’abbé voudrait soumettre l’humanité à la loi divine, M.Homais lui, cherche à imposer une administration du monde basée sur la seule raison et la loi scientifique. Ce dont M.Homais ne s’aperçoit pas, c’est que ça vision des choses n’est rien d’autre qu’un nouveau catéchisme, qui s’oppose à un autre, un ensemble de croyances qui se présente lui aussi comme un absolu visant à encadrer tout le reste.

 

Sur le site présenté plus haut, on voit clairement cette dérive, lorsque son auteur traite comme du charlatanisme des approches comme la PNL, qui a pourtant déjà largement fait ses preuves il me semble, et plus fort encore, lorsqu’il raille les travaux de Freud. On s’en aperçoit au final, ce site dont l’intention de départ est sans doute louable, dérive vers la présentation des croyances propres à son auteur, qui met dans son esprit sur le même plan le fondateur de l’essentiel des sciences psychologiques (auquel on peut s’opposer sur certains points, mais qui a tout de même été le précurseur de découvertes importantes sur le fonctionnement du psychisme humain) et la voyance. En bref il n’y a plus que les équations qui soient justes, tout le reste pouvant faire l’objet de critiques serrées quant à leur validité. Et pour cause, une science humaine comme la psychologie aura bien du mal, et ce pendant encore quelques siècles, gageons-le, à proposer des solutions universelles aux sujets sur lesquels elles se penchent, la vie et la construction d’un homme n’entrant pas précisément dans une équation.

 

Il est important de savoir détecter les risques de ces démarches originales et les dérives qu’elles peuvent avoir pour ne pas, alors que l’on va mal, glisser dans un mal-être encore plus profond. C’est le risque des sectes, auxquelles aboutissent parfois certaines de ces disciplines (le Reiki n’y échappe d’ailleurs pas). On peut aussi y ajouter certaines psychanalyses qui s’éternisent pendant des années sans résultat probant (mais qui créent une accoutumance certaine et vident le portefeuille). D’une certaine manière, cela signifie qu’elles sont plus indiquées et moins risquées pour des personnes qui ont déjà un fond personnel solide, et qui ne sont pas trop influençables. Et qui savent donc déjà faire un usage prudent et mesuré de leurs croyances.

03/07/2008

Rendez-leur Ingrid !

Lu ce matin dans la boîte de messagerie d'un collègue (oui je fouine partout) :

 

"Je vis comme un deuil la disparition annoncée du poster géant qui m'a facilité tant de rendez-vous à l'hôtel de ville."

 

:o)

 

 

 

19/06/2008

Transi

La légèreté de ses gestes,

L'intermittence de ses mouvements,

Comme un feu dans l'âme de l'amoureux,

Attisant la crainte éperdue, affolée, de son absence.