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11/01/2007

Slogans soldés

medium_communication_politique.jpgJ’adore les slogans politiques que nos chers candidats nous préparent à chaque élection. C’est toujours formidable de caricature et de drôlerie involontaire. Et cette année, vue la première levée que les grands communicants nous ont proposée, on peut raisonnablement croire qu’enfin, l’apport des spins doctors à la française pour éclaircir le message de leurs clients, non, ne va pas éclater au grand jour.

 

Il y a quelques semaines, c’est l’UMP qui nous servait sa grandiose Rupture tranquille, un concept qui dés les premiers jours fit trembler d’espoir tous les champions du rateau. Mais il faut bien avouer qu’à part les aficionados indéfectiblement attaché à leur Sarko, et près à gober tout ce qui sort de son bureau, il ne devait quand même pas y avoir grand monde à ne pas voir là un concept purement creux, simple montage mécanique et démagogique de deux mots que les spécialistes de l’UMP pensent sonner doux à l’oreille des électeurs, mais qui ne peut pas vraiment recouvrir un grand contenu, tant ces termes sont contradictoires l’un avec l’autre. La Rupture tranquille… non mais franchement, et tu l’as vu mon chien qui miaule ?

 

J’ai préféré Imaginons la France d’après, ça a un côté un peu table rase, mais au moins ça reste sensé. En revanche le Tout est possible qui semble désormais choisi comme étendard définitif me laisse plus circonspect. Tout est possible… Mouais, même les pluies de sauterelles à Crépy en Valois alors. Moi ça me tente pas.

 

Côté PS, un peu plus tard, Ségolène nous a livré sa vision de campagne : Pour que ça change fort. Bon, ce n’est pas aussi absurde que chez son principal concurrent, mais franchement, en lisant ça, on se dit qu’après la tempête qui a dû avoir lieu sous les crânes des conseillers de la dame du Poitou, les portes ont claqué. Fort.

 

J’imagine bien, trois gars dans un grand bureau, à se morfondre sur leur copie blanche. Ils voient pas trop quoi écrire, ils tournent en rond. Puis il y en a un qui sursaute :

 

- "Bon les gars, écrivons un truc au hasard, et les idées viendront après. Pour commencer, comme à chaque campagne, il faut dire qu’on va apporter le changement, on a qu’à écrire Pour que ça change, on verra après ce qui doit changer ou comment ça change, ok ?"

 

Mais patatra, la sieste mentale revient, et ce n’est qu’au moment de rendre la copie que les compères s’aperçoivent que leur mantra reste incomplet.

 

- "Mince, on est à la bourre, bon l’originalité de Ségo, c’est de dire qu’avec elle le PS saura prendre des décisions musclées, alors rajoute fort, avec ça l’essentiel y est."

 

Dommage qu’ils n’aient pas pris le temps de vérifier que tout ça ressemblait à du français correct. Si j’étais prof, je donnerais un demi-point de moins, pour expression maladroite. On écrit pour que ça change fortement, messieurs. Pour que ça change fort, c’est pas beau.

 

Et enfin, l’ami Bayrou, nous gratifie de sa synthèse visionnaire : La France de toutes nos forces. Comme versac, je trouve que ce slogan louche un peu sur la copie de ses camarades. Mais pour moi il sort du lot à sa façon tant il me semble peu clair, et par conséquent, maladroit. J’ai mis du temps à comprendre son sens et à saisir le génitif. Et, je m’en sens un peu idiot, mais je ne peux pas m’empêcher de le lire en mettant une virgule après France,  et d’imaginer tout l’UDF en train de pousser.