30/12/2011

2011 dans le retro

Kaleidoscope.JPGL'année 2011 se termine, et dans les rédactions l'heure est aux retrospectives. Que retiendra-t-on de plus marquant ? Quels événements auront inscrit leur marque de la façon la plus importante ? Qu'est-ce qui aura le plus influencé l'avenir ?

 

A mes yeux, ce sont les révolutions arabes que l'histoire retiendra le plus. Parce qu'elles étaient inattendues, les historiens et spécialistes de ces pays s'accordant à dire depuis de nombreuses années que ces peuples étaient durablement soumis et incapables de révolte. Parce qu'elles ont embrasée quasiment toutes les nations arabes. Et parce qu'elles ont réussi. Il reste essentiellement la Syrie dont la situation n'est aujourd'hui encore pas résolue. Mais je fais le pari que le régime de Bachar El Assad tombera en 2012. J'avais d'ailleurs pensé qu'il ne résisterait pas au dernier trimestre 2011, je me suis trompé, mais je crois que ce n'est plus qu'une question de temps.

 

En deuxième, je vois la crise financière, que je ne réduis pas à l'Europe. Le viseur a certe été braqué sur nous, mais dans le monde actuel, étant donné la structure des cricuits financiers, réduire la crise financière et la question de la dette à la seule Europe est faire preuve de Myopie. Les Etats-Unis sont au moins aussi touchés que nous, le Japon l'est également, ... Et pour les ravis du pessimisme, il se murmure que si nous nous en relevons en 2012, de toute façon le pire nous attend avec la chute de la Chine.

La croissance du pays montre déjà des signes de faiblesse, et surtout, le problème de la Chine est social et environnemental. Pour l'instant c'est la croissance économique qui l'a emporté sur ces considérations. Sauf que cette croissance développe les tensions sur ces deux fronts. Sur le front social parce que la croissance apporte aussi, et c'est tant mieux, une plus grande ouverture, une démocratisation, et donc des revendications légitimes auxquelles il faudra bien répondre. Sur le front de l'environnement, la Chine est aujourd'hui le plus gros pollueur mondial, et elle détruit son patrimoine naturel à grande vitesse. Ce qui contribue, entre autre choses, à affaiblir ses ressources économiques.

Cette crise financière ne se réduit pas à l'Europe parce qu'elle est à mon sens une étape, la deuxième peut-être après 2008, au sein d'un plus grand mouvement de crise qui est systémique. C'est-à-dire qu'il ne questionne pas tant la dette des pays européens qu'un modèle de croissance qui existe aujourd'hui dans le monde entier. Qui prête ? Qui dépense ? Comment ? Quels sont les projets menés ? Qui crée l'argent qui irrigue l'économie ? Que souhaite-t-on changer dans ces constats pour demain ? Ce sont ces questions qui sont, enfin, en train d'être posées.

Nous ne saurons pas y répondre tout de suite, nous sommes lents, parce qu'à 7 milliards nous avons autant peur du changement qu'à 1. Pour l'instant, en Europe, le risque que je vois sur ce sujet est moins économique que démocratique. Il me semble qu'il n'y a pas de solution pérenne sans passer par plus de fédéralisme. Mais si cela se fait trop fortement contre la volonté des populations, c'est une autre révolution qui nous pend au nez.

 

Enfin, en troisième je pense à la catastrophe de Fukushima, qui a soulevé les plus grandes peur à travers le monde. Aujourd'hui elle sert à bon compte aux écologistes pour plaider un arrêt brutal de l'électricité nucléaire. Je suis plutôt de l'avis de Vérel sur ce point. Arrêter le nucléaire en France serait un désastre. En revanche il paraît utile de mieux sécuriser les sites.

 

Les rétrospectives se font bien souvent avec un angle de vue médiatique. Et donc plutôt négatif, pessimiste. Parce que les drames sont bien plus présents dans les journaux que les bonnes nouvelles. Nous ne sommes pas éduqués à savoir quoi faire d'une bonne nouvelle. Alors que nous sommes toujours très prolixes pour commenter une catastrophe. Ma rétrospective n'échappe pas à ce biais de lecture. Pourtant, je suis pour ma part assez résolument optimiste quant-à l'avenir. Je crois qu'il peut apporter des changements positifs, et j'ai même assez hâte d'y assister, et même d'y participer à mon échelle.

Vivement 2012 !