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14/02/2007

Recroquevillé

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Il m’en avait tiré.

Ensembles nous fîmes quelques pas.

Trop neufs pour être bien assurés. Mais souriants.

 

Et puis je n’ai pas voulu. J’ai résisté.

 

J’ai soufflé long. J’ai laissé passer.

J’ai poussé devant pour ne pas voir les franges mordues.

Ni les couleurs rares qui tenaient.

 

J’ai arpenté le chemin long, sans plus rien regarder.

Sans sentir les brises autour de moi.

En ignorant les lueurs autant que les ombres.

 

Le temps tirait parfois la longe des refrains vieux.

Trop seul.

Bien mal armé.

 

J’étais parti il y a trop longtemps.

Et malgré tous ses efforts,

Je n’allais pas le laisser reprendre la main.

 

 

Je ne voulais plus tracer, au dernier jour, qu’un maigre livre

 

Où l’on trouverait en filigrane

 

 

Traînées lentes …

 

Reliures écorchées…

 

Des fêlures à tous les doigts.

 

 

 

L'image vient d'un ancien billet de Kozlika, qu'elle m'a sympathiquement retrouvé. 

Deuxième tonte

medium_laine.jpgAvant qu’on ne m’en fasse ouvertement la critique, je voudrais revenir rapidement sur mon billet d’hier soir. Il ne s’agissait pas pour moi d’y exposer une méfiance définitive envers tout ce qui touche à la politique et à la gestion du pouvoir. La position de l’ignorant qui tente de se dresser au dessus de la mêler en balançant à l’emporte pièce son dédain pour la chose publique ne m’attire pas. Mais depuis que la campagne présidentielle a démarré, j’ai vraiment du mal à y trouver de l’intérêt. C’est de cet agacement que je voulais témoigner.

 

Du côté des candidats d’abord, les choses sont plutôt décevantes. Ségolène Royal ne m’enchante guère, même si je dois reconnaître que je suis plutôt porté à voter à gauche. Je trouve qu’elle a trop tardé à apporter du fond à sa démarche, qu’elle a trop cherché à surfer sur la vague de l’image. Il y avait bien quelques souffles dans son discours de dimanche dernier, mais enfin j’en suis sorti sans vraiment savoir clairement où elle comptait aller. On trouvera peut-être la formule un peu méprisante, mais j’ai trouvé que ça faisait un peu programme de ménagère : un peu de sel par ci, un peu de laurier par là. Pas trop d’idée directrice, et donc un peu creux.

 

Sarkozy n’est pas franchement meilleur à mes yeux (sans doute en partie parce que comme je l’ai dit je suis plutôt naturellement tourné vers la gauche de l’échiquier politique). Il parvient au même sentiment de vide, mais avec des moyens inverses : la profusion de prises de position et de proposition, qui donne tellement l’image d’un package intenable et irréalisable qu’il s’effondre de lui-même. Il me semble être constamment dans la surenchère, il joue trop au monsieur plus. Bien sûr c’est le jeu de toute élection, mais qu’on ne me demande pas d’y croire.

 

Bayrou, bof aussi. Il a quelques idées c’est vrai, et peut-être plus de sincérité que les deux autres, absence de pouvoir et d’espoir de pouvoir oblige. Mais à trop jouer la carte du perdant magnifique, il se rend un peu inaudible. Je ne parle pas des extrêmes en sûr, ni des petits candidats qui dans le fond sont surtout là pour jouer le rôle d’apporteurs d’idées plus que pour se faire élire. Donc vous voyez, au final, il n’y a pas de quoi pavoiser.

 

Et puis (il y a Frida ?), ce qui me désole le plus dans le fond, ce sont les militants. Je sais, je sais, être militant, c’est donner de son temps pour une cause en laquelle on croit, c’est avoir des convictions et les défendre en donnant son sel à la démocratie. Et blablabla. Mais être militant, c’est aussi choisir un camp, s’y assimiler, se mettre en jeu soi-même, et donc se fermer les portes, naturellement ajouterais-je, au reste. C’est cadenasser son positionnement. Pour moi c’est très clair, je n’irai pas former mon opinion sur les blogs militants, car je sais qu’ils ne sont pas capables d’être vraiment honnêtes dans leur présentation des choses. Quasiment par principe. Sinon ils ne seraient pas militants.

 

Vous dirais-je maintenant, qui sont les moutons ? Qui cherche à tout prix à se trouver un surfer d’argent, un champion magnifique, incarnant à la fois leurs prétendues valeurs et leur désir de soumission à l’être supérieur ? (ok j'en rajoute, je me défoule un peu que voulez-vous)