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18/07/2007

Crever l'abcès des secrets

42f77c200c486a2ddd1568a76c5f288a.jpgDans le cours d'une vie, il est parfois quelque expérience que l'on garde par devers soi, dont on ne parle pas, ou seulement à ses âmes soeurs, et encore. Des moments particuliers que l'on cache, le plus souvent parce qu'ils nous ont laissé un goût amer en bouche. Ce sont nos secrets personnels, les parts assombries de notre intimité.
 
Ces secrets, sont en général bien durs à porter avec soi, surtout lorsqu'ils restent secrets trop longtemps. Pour une raison assez simple : c'est que la personne qui garde un secret de ce type se retrouve alors enfermée dans une forme de solitude dont aucune présence ne peut la sortir. Elle est enfermée de l'intérieur, s'étant rendue, par son secret, inaccessible. Cette solitude là est de celles qui nous détruisent le plus sûrement.
 
Et pourtant il n'est pas simple d'y trouver remède. Car ce qu'il faut alors à la personne, c'est une véritable oreille, quelqu'un qui peut vraiment l'écouter et prendre en compte son histoire. Tout le reste ne peut que justifier son mutisme.
 
 
Ces secrets peuvent être plus lourds encore à porter lorsqu'ils nous sont imposés par les autres, par nos proches en particulier, par notre famille. Ces choses que les autres ne doivent pas savoir et qu'il leur faut cacher, alors qu'on ne les comprend parfois pas soi-même. Il arrive d'ailleurs que l'on se voit intimer cet ordre de garder secret des événements parfaitement futiles, ce qui sans doute est moins stressant, mais qui agace plus tant la démarche est absurde.
 
Pour ma part j'ai toujours exécré les secrets de ce type. Ces mensonges imposés par les autres lorsqu'ils ne veulent pas assumer leurs choix. Quand ils ne pensent plus qu'à protéger leur tranquillité au détriment de ceux qu'ils attachent à leurs secrets. Ils ne font alors que polluer leurs semblables avec des histoires qui bien souvent ne devraient pas les regarder, ou en tout cas pas de cette manière.
 
Ces comportements sont des parasites qu'ils convient de démasquer et de dénoncer. Les secrets des autres sont les leurs, et ils ne doivent pas venir ternir nos relations avec notre entourage. Pour ma part je décourage la plupart du temps les gens qui m'entourent de me confier de tels secrets, car je n'aime vraiment pas devoir les garder. Cela ne signifie pas qu'on ne peut pas me faire confiance, mais je préfère qu'on me fasse confiance pour des choses plus sensées. Je crois qu'il ne faut pas hésiter à évoquer ce doute si l'on sent que le secret à garder risque de peser sur notre humeur et nos journées. Cela participe de notre équilibre.
 
Parfois sans doute cela n'est pas possible, pas facilement. Mais si on le peut, il vaut mieux ne pas taire les secrets.
 
 
Et peut-être en va-t-il d'ailleurs des secrets lourds comme des légers. Ceux-là non plus, il ne faut pas les taire. Les secrets légers, eux, répondent à une toute autre logique, mais les dire est la seule façon de leur donner toute leur magie. C'est ce que l'on lit dans Geai, de Christian Bobin :
 
"Un secret, c'est comme de l'or. Ce qui est beau dans l'or, c'est que ça brille. Pour que ça brille, il ne faut pas le laisser dans une cachette, il faut le sortir dans le plein jour. Un secret, c'est pareil. Si on est seul à l'avoir, ce n'est rien.Il faut le dire pour que cela devienne un secret."

Commentaires

Il y a aussi les secrets qui vous ont imposés par d'autres sans qu'ils sachent eux même qu'ils vous les imposent.
Une parole ou une action qu'ils croyaient faire en toute bonne foi pour votre bien mais qui se révèlent dévastatrices pour vous.
Cette parole, cette action, vous la (sup)portez en vous, elle vous obsède et vous ronge, vous ne parvenez pas à l'extirper de votre corps.
Vous essayez d'en parler à leurs auteurs qui à défaut de vous comprendre ne vous entendent même pas et encore moins la douleur qui est en vous.
Une oreille attentive et extérieure est-elle suffisante ? Je ne le crois pas tant que vous n'êtes pas au moins entendu par les véritables auteurs.

Écrit par : Ø | 18/07/2007

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