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06/03/2006

Quoique et l'accompagnement d'apprentis handicapés

Billet précédent de la série

 

Quand j'ai commencé il y a maintenant un mois et demi ma série de billets sur la notion d'aide, j'ai contacté Quoique  (qui semble aujourd'hui être victime d'un grand vide sur son blog, que se passe-t-il ?) pour lui demander de me rédiger quelque chose à propos de son travail. Quoique a poliment décliné mon invitation, sans doute déjà bien occupé par ses propres occupations.

 

Mais suite à un commentaire de François Brutsch chez Un swissroll j'ai tout de même envie d'écrire un petit quelque chose à sa place. Sans vouloir toutefois biaisé la réalité de son travail, ce qui va donc me forcer à faire plutôt court.

 

Quoique est éducateur travaille en Bretagne (déjà rien que ça c'est bon signe) auprès d'un organisme spécialisé (et ceux-ci semblent encore rares en France) dans le domaine social. Il accompagne des jeunes en situations d'échec scolaire, et souvent de handicap physique et/ou mental, afin de les aider à s'insérer convenablement dans la société, et notamment de trouver un emploi.

 

Ce qui m'intéresse dans cette démarche, au-delà du travail social admirable qu'elle représente, c'est la notion d'accompagnement. Celle-ci se base en effet sur une relation qui reste plutôt équilibrée par rapport à d'autres relations d'aide que l'on peut imaginer. Accompagner quelqu'un ce n'est pas faire le chemin à sa place mais bien aller avec lui. Il me semble ici que le rôle de l'accompagnateur se limite à ouvrir certaines portes dont l'apprenti n'a pas les clés, à offrir un appui, mais qu'il garde avec l'apprenti la distance qui permet à celui-ci de se rendre maître de ce qui lui arrive, et au final de devenir vraiment autonome.

 

Ca me fait penser à un adulte qui apprend à son enfant à faire du vélo. Au début il reste à côté, il tient un peu le guidon, il pousse la selle en courant à côté. Puis petit à petit il lâche les manettes, jusqu'à laisser l'enfant se débrouiller tout seul sans oublier toutefois de lui crier "attention" lorsqu'il aperçoit une simple feuille tomber devant la roue du vélo.

 

Accompagner un jeune en difficulté et l'aider à se sortir de sa situation d'exclusion ça doit être un peu ça: devenir pour un temps un compagnon de route, attentif et proposant les solutions pratiques nécessaires à mettre en oeuvre. Puis laisser le jeune filer sur sa route, en espérant qu'il ne tombe pas plus tard sans savoir se relever seul.

 

Evidemment Quoique, si vous lisez ce billet vous êtes plus que bienvenu pour le commenter et corriger les erreurs ou approximations que j'aurais pu commettre. J'ai aussi une question directe à vous adresser, qui me servira un peu je l'avoue à faire le lien avec mon prochain billet sur cette série: après qu'un apprenti ait trouvé un poste dans une entreprise conservez-vous des relations avec eux, ne serait-ce que pour prendre des nouvelles ou même juste pour vous retrouver, parlez du temps où vous travailliez ensemble, etc?

 

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