04/01/2006
Les fi laids italiens
Il semblerait que l'esprit de noël (à moins que ce ne soit les anges) soit tombé sur le footballeur Paolo Di Canio, qui annonce aujourd'hui, au terme d'une polémique qui est restée à mon goût anormalement modérée au vu des actes en cause, qu'il renonce au salut fasciste - en tout cas en match - dans l'intérêt de son club, La Lazzio de Rome. En lisant ça je me suis dis que vraiment, c'est beau la loyauté d'un joueur pour son club.
Blague à part, je reste pour ma part ulcéré de la lenteur voire de l'inanité des différentes fédérations de football, qu'il sagisse de la fédération italienne, ou des instances internationales, car l'affaire Di Canio ne date pas d'hier, et la sanction qui lui a été infligée est plus que dérisoire (il avait déjà été condamnée en mars 2005 et avait écopé d'une amende de 10000 euros). Il serait également intéressant de se demander si ce type de comportement doit plus soulever l'inquiétude d'un éventuel retour latent du fascisme en Italie (c'est un peu ce que suggère l'article du CI relevé en lien plus haut), ou si c'est plutôt le milieu du football qui est à pointer du doigt, avec ses violences de plus en plus fréquentes, et ce à tous les niveaux de pratique.
Mais ce qui reste incroyable, c'est le caractère banal, voire anodin qui fut donné un temps à cette affaire, où Berlusconi lui-même semblait attendri lorsqu'il déclarait récemment que Di Canio était "un bon bougre". Bigre...
15:40 Publié dans Un peu de caractère | Lien permanent | Commentaires (3) |
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Poèsie à l'Entrepôt
Hier soir je suis allé à l'Entrepôt pour écouter des poèmes de Prévert, extraits du recueil Paroles. Ce fut un moment très agréable. Les textes choisis étaient tour à tour émouvants, drôles, futiles, intenses. Et surtout le récitant avait eût la bonne idée de les mettre en scène, d'une façon très juste. Cela leur a donné une chaire encore plus dense, les émotions étaient plus fortes, le rire plus franc. Vraiment une réussite.
Je vous propose un des poèmes de ce recueil, qui fut dit hier soir lors du spectacle, avec d'ailleurs une émotion que tous les spectateurs ne pouvaient sans doute pas déceler...
CET AMOUR
Cet amour
Si violent
Si fragile
Si tendre
Si désespéré
Cet amour
Beau comme le jour
Et mauvais comme le temps
Quand le temps est mauvais
Cet amour si vrai
Cet amour si beau
Si heureux
Si joyeux
Et si dérisoire
Tremblant de peur comme un enfant dans le noir
Et si sûr de lui
Comme un homme tranquille au milieu de la nuit
Cet amour qui faisait peur aux autres
Qui les faisait parler
Qui les faisait blêmir
Cet amour guetté
Parce que nous le guettions
Traqué blessé piétiné achevé nié oublié
Parce que nous l'avons traqué blessé piétiné achevé nié oublié
Cet amour tout entier
Si vivant encore
Et tout ensoleillé
C'est le tien
C'est le mien
Celui qui a été
Cette chose toujours nouvelle
Et qui n'a pas changé
Aussi vraie qu'une plante
Aussi tremblante qu'un oiseau
Aussi chaude aussi vivante que l'été
Nous pouvons tous les deux
Aller et revenir
Nous pouvons oublier
Et puis nous rendormir
Nous réveiller souffrir vieillir
Nous endormir encore
Rêver à la mort
Nous éveiller sourire et rire
Et rajeunir
Notre amour reste là
Têtu comme une bourrique
Vivant comme le désir
Cruel comme la mémoire
Bête comme les regrets
Tendre comme le souvenir
Froid comme le marbre
Beau comme le jour
Fragile comme un enfant
Il nous regarde en souriant
Et il nous parle sans rien dire
Et moi j'écoute en tremblant
Et je crie
Je crie pour toi
Je crie pour moi
Je te supplie
Pour toi pour moi et pour tous ceux qui s'aiment
Et qui se sont aimés
Oui je lui crie
Pour toi pour moi et pour tous les autres
Que je ne connais pas
Reste là
Là où tu es
Là où tu étais autrefois
Reste là
Ne bouge pas
Ne t'en va pas
Nous qui sommes aimés
Nous t'avons oublié
Toi ne nous oublie pas
Nous n'avions que toi sur la terre
Ne nous laisse pas devenir froids
Beaucoup plus loin toujours
Et n'importe où
Donne-nous signe de vie
Beaucoup plus tard au coin d'un bois
Dans la forêt de la mémoire
Surgis soudain
Tends-nous la main
Et sauve-nous.
Le récitant est également poète. Vous trouverez quelques textes de lui en cliquant ici. Ah, et au fait, il s'agit de mon cousin. Bravo à lui.
10:30 Publié dans Un peu de poésie | Lien permanent | Commentaires (0) |
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03/01/2006
Scoop sur Sarkozy !
En navigant dans mes statistiques du jour, je viens tout juste de tomber sur ça :

Bon c'est écrit tout petit alors je vous aide: en bas c'est la page d'où vient le visiteur, et au dessus le billet sur lequel il est dirigé. Et en bas il est écrit: "Se montrer vulnérable"
Tout le monde sait bien sûr que se montrer vulnérable est une méthode éprouvée pour séduire. Mais ce que Statcounter ne dit pas c'est si notre ministre (car il ne saurait s'agir de quelqu'un d'autre) fait cette recherche en vue de séduire son électorat ou sa douce.
Quelque soit le cas, il risque d'être déçu par le billet sur lequel Google l'a amené. Mais je me permettrais modestement de lui en conseiller la lecture complète ...
P.S : Et si avec un titre pareil je n’attire pas de monde, c’est à désespérer des gens.
17:40 Publié dans Un peu de rire | Lien permanent | Commentaires (3) |
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Retour sur l'écoute avec Will Hunting
Hier soir j'ai regardé, un peu en pointillés parce que je l'avais déjà vu deux fois, Will Hunting à la télévision. J'aime bien ce film, pas vraiment pour son côté "ah vous avez vu ce génie" que je trouve un peu trop appuyé (quand même il explique à un lauréat de la médaille Fields que tel théorème de maths, il "a pas idée à quel point c'est facile" pour lui le petit génie, alors que l'autre est incapable de n'y rien comprendre ... ), mais pour tous les dialogues entre le personnage principal et son psy.
Ces passages sont sans doute un peu simplistes pour les psychologues professionnels (dont je ne suis pas, je le rappelle, même si ça m'aurait beaucoup plût), mais on en retire tout de même une démarche qui me plaît vraiment. Et qui me fournit la petite matière d'un premier billet aux aspects très psychologie de comptoir, j'en conviens, sans pour autant être tout à fait à mépriser.
Ce qui m'intéresse c'est la façon dont le contact se noue entre Will et le psychothérapeute (joué admirablement par Robin Williams, sans doute un de ses meilleurs rôles, en tout cas à mon goût). Will fait plusieurs tentatives avec d'autres psys avant de rencontrer Sean. Ces essais se soldent par un échec car il rejette la démarche de la thérapie psychologique et son intelligence exceptionnelle lui permet même de se payer la tête de chacun des médecins qu'on lui propose. C'est d'ailleurs un peu ce qu'il fait lors de sa première rencontre avec le personnage de Robin Williams. Il inverse les rôles, fait la psychanalyse du psy, le pousse dans les cordes, montre son mépris pour son travail, etc.
Puis le contact se fait lors de la séance suivante. La scène a lieu dans un parc, devant un étang dont l'objet est probablement de rappeler la mer sur laquelle tangue la barque du tableau peint par Sean, et que Will a disséqué. Que fait alors Sean? Et bien il parle de lui-même. Il révèle en quelques phrases quelles furent certaines des grandes douleurs de sa propre vie: la perte de sa femme après une longue bataille contre sa maladie, la guerre et les amis perdus au combat.
Il ne pose pas de question à Will, et celui-ci ne lui a pas demandé de se dévoiler ainsi. On pourrait d'ailleurs avoir une lecture de ce passage plus comme une mise en question du comportement de Will que comme un dévoilement personnel: "Si je te demande ce qu'est la guerre, tu me citeras peut-être Shakespeare, mais tu ne sais pas ce que c'est d'avoir dans ses bras son ami à l'agonie, haletant" (je cite de mémoire). Pourtant je crois que la part de dévoilement personnel est ce qui domine dans cette démarche. Bien sûr pour la première fois Will a trouvé quelqu'un qui a vu clair en lui, et il ne peut plus se cacher. Mais Sean en se dévoilant opère un changement important de méthode par rapport à ce que les autres thérapeutes ont proposé jusque là.
En agissant ainsi il ouvre la porte à Will. Il se met au même niveau que lui et ce n'est pas une relation univoque qu'il propose, dans laquelle Will devrait révéler les blessures de son enfance et du reste de sa vie, mais un échange d'égal à égal, dans lequel la confiance (notion que Sean aborde avec sa classe au moment où le professeur qui a pris Will sous son aile intervient) repose sur l'interdépendance qui se noue entre les deux personnages. C'est parce qu'il donne quelque chose d'intime de lui-même que le psychothérapeute parvient à abaisser la garde de Will et à gagner sa confiance.
Voilà un très bel exemple d'écoute et d'attention je crois. C'est un peu cette démarche que j'avais cherché à décrire dans cet ancien billet. Sans du tout prétendre indiquer quelle doit être l'attitude d'un thérapeute en général (quelle prétention ce serait !) je crois toutefois que cet exemple est à suivre pour ceux qui cherchent un moyen d'aider un ami ou un proche qui aurait besoin de se confier. En se livrant soi-même on allège la charge que peut ressentir l'autre à se livrer. Il ne craint plus de se mettre dans une situation de dépendance et/ou de vulnérabilité vis-à-vis de soi car d'emblée on s'est mis à son niveau, on a rompu la hiérarchie entre celui qui écoute (le supérieur) et celui qui est écouté (l'inférieur).
J'aime bien redécouvrir ainsi le sens d'une idée souvent galvaudée: "c'est en donnant qu'on peut recevoir".
11:40 Publié dans Un peu de développement personnel | Lien permanent | Commentaires (6) |
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