29/12/2006
Bonne année !
Petit tour de la blogosphère qui m’a plût en cette année 2006, pour terminer sur une note sympathique, en prenant tout ça un peu dans le désordre, parce que j’aime bien.
Dans les blogs rigolos, ceux qui nous font rougir puis glousser avec un air stupide en face de ses collègues, la palme va à Heidi, qui fait vraiment des choses extras. Je retiens notamment ses décorations de Chapi Chapo, et ses détournements de tableaux, avec parmi ceux-ci un terrible Souper à Emmaüs où Jésus tend un morceau de pain pour offrir du kiri à son Frankie. J’en ai pleuré.
Un autre blog génial, mais tout en dessins cette fois-ci, c’est celui de Lotte, qui est rapidement devenu mon bédéblog favori. Ses personnages sont très originaux (notamment le squelette, ou le phoque spécial pour frapper ses adversaires), et je conseille également toute la série des supers héros aux vies super normales, faite par son frère, et elle-même lorsque celui-ci oublie son devoir. Là aussi pensez à prévoir un mouchoir et à lire ça loin de votre patron. Mais allez-y, vous ne le regretterez pas.
Parmi les autres blogs BD, sans parler des classiques, Poipoipanda occupe toujours une place de choix, ainsi que Lisa Mandel, que j’ai eu la chance de rencontrer en vrai (non j’ai pas fait d’IRL, je vais bien, merci), mais à qui je n’ai même pas révélé mon identité bloguesque, peut-être par peur du ridicule.
Un petit mot aussi pour Samantdi, que j’espère découvrir un peu plus, malgré les difficultés que je risque de rencontrer en 2007 pour me rendre à une nouvelle République des blogs, ou à un Paris Carnet (que j’ai traversé une fois, en version flash-éclair, le temps de siffler seul un coca et de repartir aussi sec).
Sinon, du côté des gens sérieux, je dois reconnaître que je me suis un peu éloigné de la lecture des blogs hors lieu-commun, surtout durant les derniers mois. La faute principalement à un manque de temps à consacrer à la lecture de tous ces billets, trop souvent intéressants, et qui demandent donc un peu de concentration et d’attention pour être lus. Je le regrette un peu mais vois mal comment cela pourrait désormais évoluer en sens inverse. Vu mon programme à venir, ça risque plutôt de s’aggraver, et ces lectures n’être que très épisodiques. Mais qu’Aymeric, Polluxe, Laurent, Matthieu et quelques autres se rassurent : je ne me déconnecte pas pour autant.
En revanche, côté lieu commun, qui fut tout de même ZE grande aventure bloguitudinolesque pour moi cette année, j’essaie encore de suivre un peu tout ce qui se passe chez les uns et les autres, sans doute avec une attention moindre pour les billets juridiques trop techniques. Chez mes camarades c’est un peu enquiquinant de désigner les meilleurs, parce que bon, ils ont beau être souvent l’objet de critiques, ils restent toujours sur le haut du panier. Toutefois, le meilleur pour moi a peut-être été econoclaste, chez qui j’ai même posté parfois quelques commentaires bas de plafond, juste pour voir s’ils allaient être publiés. Ah ah ah !
Vérel également, qui me tentait peut-être un peu moins que les autres au début, est devenu ces derniers mois totalement incontournable. Et puis, il a eu la politesse d’écouter mes divagations sur Laborit pendant presque toute une soirée à la république des blogs, ça ne s’oublie pas.
Il y aurait encore pas mal de choses à dire, mais je vais m’arrêter là. J’espère que mon blog aura aussi, un petit peu, contribué à élargir certaines réflexions, à produire quelques sourires, ou même à créer quelques émotions. Et en souhaitant pouvoir encore proposer des choses chouettes à l’avenir, je vous souhaite à tous une excellente année 2007 !
12:25 Publié dans Un peu du nombril des blogs | Lien permanent | Commentaires (9) |
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28/12/2006
La nécessaire révolution des cerveaux
Le débat qui a eu lieu est somme toute convenu, on n’est dans une émission de divertissement après tout, mais une remarque de Zemmour m’a intéressé, lorsqu’il a interpellé Besancenot sur la faisabilité de la révolution qu’il prône. C’est tout le piège des partis d’extrême gauche : les valeurs qu’ils mettent en avant résonnent souvent positivement en nous, mais quand on en vient aux méthodes de mise en œuvre on se demande comment tout cela peut tenir debout.
Car les contradictions que renferment leurs programmes sont importantes: l’engagement pour les pays pauvres, mais le protectionnisme économique et le rejet de la mondialisation (pardon, je ne détaille pas), la défense de l’Homme avec un grand H, mais la stigmatisation de certains qui ne sont vus qu’à travers leur fonction (souvenons-nous à cet égard de ce que produit ce type de comportement de réduction des personnes aux définitions que nous en faisons) critique de tout ce qui ressemble au pouvoir, mais lutte intestine pour savoir qui d’entre eux va le détenir et représenter leur courant aux prochaines élections, etc.
Eric Zemmour conclut lors de l’émission (après un discours un peu différent de ce que je viens de dire) : la révolution n’est pas possible sans contradiction, sans reniement de ce qui la fonde. Il poursuit tranquillement en disant que nous sommes donc bien forcés de poursuivre le chemin actuel, en apportant des changements que par petites touches, mais en oubliant les idées de grand chambardement.
Je suis plutôt d’accord avec lui concernant la révolution que prônent les partis d’extrême gauche, qui me semblent beaucoup plus porteuses de destructions et de drames que d’avancées sociales. Mais pourtant je crois pour ma part qu’il existe une révolution qui non seulement est souhaitable, mais qui va devenir de plus en plus nécessaire avec le temps : la révolution de nos cerveaux.
En quoi consisterait-elle ? Globalement, en une compréhension plus grande des éléments qui fondent nos comportements. Pour parvenir à deux résultats : d’abord prendre connaissance des sources d’asservissement de nos comportements (j’évite volontairement l’expression prendre conscience, parce que ce n’est pas un sentiment ou une impression que nous devons acquérir, mais bien un savoir) : la volonté de domination et de pouvoir, nos besoins primaires satisfaits par l’usage de notre cerveau reptilien, la mémoire limbique qui pousse au réenforcement de nos actions gratifiantes. Ensuite, nous dégager de ce qui fait notre aveuglement face à nos choix : l’utilisation frauduleuse que nous faisons du langage pour barder la moindre de nos action de noblesse et de grandeur d’âme.
Il ne s’agit évidemment pas de supprimer le langage. Ce serait totalement stupide et absurde. Et ce n’est évidemment pas moi, qui aime bien m’adonner à un peu de poésie, qui souhaiterait ôter à tous la possibilité d’en user pour son propre plaisir. Mais je crois en revanche nécessaire que nous parvenions un jour (car non, je ne me fais pas de doute sur la longueur de temps que prendrait la révolution dont je parle ici) à réformer notre façon d’utiliser le langage, et surtout les raisons pour lesquelles nous l’utilisons. Qu’il devienne moins un outil de justification de nos actes et d’évitement de nos responsabilités. Mais pour cela, il est indispensable que nous ayons, avant, compris pourquoi nous l’utilisons comme nous le faisons aujourd’hui.
Deux événements récents viennent à l’appui de mon idée. D’abord, le récent sketch des mouvements antilibéraux pour désigner leur champion. On voit bien là que vers quelque bord que l’on se tourne, la volonté de pouvoir et l’intérêt personnel viennent en premier dans les intentions des individus. Elle reste souvent cachée derrière des discours qui dissimulent derrière de grandes intentions de progrès collectif, de non moins grandes envies de satisfactions individuelles.
J’ai souvent pensé, sans doute comme beaucoup d’autres, que la modestie des conditions sociales ne faisait pas la valeur des gens. Non plus que leur richesse, évidemment. Et que chez les deux, pourvu qu’on leur offre la possibilité, ou même seulement l’espoir d’acquérir du pouvoir, on pouvait assister aux mêmes actions de recherche de domination.
Je me souviens d’une anecdote lue il y a quelques années dans un petit livre de vulgarisation philosophique que j’avais trouvé très amusante : un chanteur célèbre avait lancé une opération humanitaire d’envergure pour protéger des populations sud-américaines de la déforestation et promouvoir leur cause auprès des grandes institutions internationales. L’opération avait eu je crois un certain retentissement et des fonds conséquents furent débloqués. Mais à peine ces fonds étaient-ils arrivés aux représentants locaux de la cause défendues que ces derniers, aussi pauvres à la base que les autres, ont disparus avec l’argent récolté.
En bref, que l’on donne à une personne défavorisée les moyens d’exercer le pouvoir comme le font ceux qu’ils envient et ils répéteront exactement les comportements qu’ils fustigent. Certains mollahs illettrés que l’on voit émerger ici et là en sont le plus bel exemple.
Deuxième événement, qui en fait n’en est pas un, si ce n’est à l’échelle réduite de notre petite blogosphère : les quelques débats qu’on a vu émerger récemment au sujet de l’Europe, dans une version remixée des échauffourées entre ouiistes et nonistes qui avaient eu court en 2005. Où l’on a constaté qu’un an et demi plus tard, la hache de guerre n’était toujours pas enterrée, et que les plus vifs partisans de chaque camps était toujours aussi prêts à en découdre avec ceux de l’autre bord.
Et les « débats » ou supposés tels, ne se sont, à nouveau, résumés qu’à des tentatives de clouage de bec en règle, sans la moindre volonté réelle de convaincre, et encore mois de discuter, mais seulement pour distribuer du haut de chaque piédestal les bons et les mauvais points, en raillant les uns et ralliant les autres. J’avais déjà parlé de ce type de comportement qui consiste à asséner ses idées par coups de marteau, et de l’intention tout sauf débatatoire qu’il démontre. Je n’y reviens pas.
Ce qui m’énerve en fait dans ce cas là, c’est que bien que l’on soit en train de s’écharper, nous restons tous, dans nos tranchées intellectuelles respectives (tranchées… intellectuelles… bref), persuadés de défendre de grandes valeurs, et surtout, surtout, convaincus d’agir en héritage de la tradition démocratique de l’échange argumenté du pays, et de le perpétuer par nos démonstrations.
Alors qu’il m’apparaît tout à fait évident qu’il ne faudrait pas grand-chose pour que ces prétendus débats se transforment en bataille qui traduise dans les gestes la violence des mots. Qu’on nous mette, nous les grands débateurs politiques devant l’éternel, dans le contexte d’un pays moins civilisé, moins développé, dont les lois restent balbutiantes, qu’on nous fasse naître dans un environnement pauvre et peu éduqué, et on verrait ce qu’il resterait de notre capacité à retenir nos coups. Que nul n’en doute : au vu de la méchanceté affichée de chaque côté, et parfois par ceux que l’on croit être les meilleurs, il n’en resterait rien. Prétendre le contraire n’est qu’un pur aveuglement.
C’est pour cette raison qu’appeler à réfléchir d’abord à son propre comportement face à la contradiction, face au pouvoir des autres, face aux contraintes qui empêchent la réalisation de nos désirs, etc. comme je l’ai fait récemment, n’est à mon avis pas si simplet que ça. C’est pour cette raison qu’à l’approche de la nouvelle année, qui sera peuplée d’opportunités de se mettre sur la gueule, comme on dit vulgairement, je nous souhaite de parvenir à trouver les bases sur lesquelles de vrais dialogues peuvent avoir lieu. Et qu’ils ne restent pas que des tournois de lancement de piques et de mise au pilori. Même si je me doute bien que ces changements que j’appelle de mes vœux, ne peuvent être que longs à venir, ne serait-ce que parce que je constate sans cesse mes propres limites à les mettre en oeuvre.
00:25 Publié dans Un peu d'observations | Lien permanent | Commentaires (7) |
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27/12/2006
Spinoza et la gratification
Je poursuis lentement ma lecture de l’Ethique, et je m’amuse pas mal à voir les quelques similitudes qui existent chez Spinoza avec ce que j’ai déjà pu lire chez Laborit. Aujourd’hui, je vous livre deux très courts extraits, qui rappellent fortement la théorie de la gratification et du réenforcement. Pour retomber sur une certaine logique, je me permets d’inverser l’ordre d’apparition des deux propositions dont il s’agit :
Troisième partie Proposition 36
"Celui qui se souvient d’une chose qui lui a une fois donné du plaisir, désire la posséder dans les mêmes circonstances que la première fois."
Si on venait de lire Laborit, on pourrait croire que celui-ci a copié Spinoza dans le texte. Car on est très près ici de la description du comportement qui suit l’expérience gratifiante. Après avoir vécu une expérience agréable, et avoir enregistré, via la mémoire à long terme du système limbique, les différents éléments qui la composent, on va chercher à reproduire cette expérience afin de retrouver le même plaisir : c’est le réenforcement (mot vraiment très vilain).
Une petite note pour rester toutefois prudent sur les similitudes Laborit-Spinoza. Le véritable argument de Spinoza est que l’on cherche à reproduire TOUS les éléments de l’expérience agréable, et que l’absence d’un seul de ces éléments est de nature à nous faire douter du plaisir que nous apportera la répétition de l’expérience en question, et donc à nous rendre triste. C’est ainsi que nous éprouvons le regret, sentiment de tristesse vis-à-vis d’une chose que nous aimons, mais qui, du moins l’éprouvons nous parfois, nous manque. Spinoza n’ébauche pas une théorie du réenforcement.
Troisième partie Proposition 32
"Si nous imaginons que quelqu’un tire de la joie d’une chose qu’un seul peut posséder, nous ferons tout pour qu’il ne la possède pas."
Ce point est exactement celui que j’ai déjà développé dans mon ancien billet sur la concurrence et la gratification (lien billet). Lorsque nous avons découvert une ou des gratifications qui nous donnent du plaisir, nous cherchons, comme nous l’avons rappelé plus haut, à reproduire les expériences qui nous ont donné ce plaisir. Dans la plupart des cas, ces gratifications vont faire l’objet d’une volonté de possession. Puisque si nous possédons la chose, nous nous assurons plus fortement de pouvoir recevoir la jouissance que celle-ci procure.
Mais la possession, quasiment par définition, ne se partage pas. Sinon elle n’est plus possession. Ainsi, de l’apprentissage que nous faisons de la propriété (car il ne s’agit nullement d’un instinct, la propriété est exclusivement une élément appris, acquis aux cours des années, transmis par nos ancêtres, mais elle n’a rien à voir avec quoi que ce soit d’inné : en d’autres termes, elle n’a rien à voir avec notre nature, mais seulement avec notre culture), de cet apprentissage donc, naît la cause du conflit, puisque deux individus partageant la même envie à l’endroit d’un objet, vont chacun chercher à se l’approprier, au détriment de l’autre.
Et maintenant, je me demande si Spinoza décrit un peu notre appétit du pouvoir…
P.S : ah oui, pour l’illustration, ne cherchez pas à comprendre, je voulais juste poursuivre dans la voie engagée dans mon précédent post.
18:25 Publié dans Un peu d'observations | Lien permanent | Commentaires (2) |
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26/12/2006
Chez Free le service client passe après la facture, bien après.
Un mois et demi fut nécessaire à la création de ma ligne téléphonique, et trois et demi donc, pour, euh… pour ne pas parvenir à m’envoyer les éléments me permettant de me connecter. Un mois d’abord pour vérifier que ma ligne téléphonique avait effectivement été créée. Un autre mois, de puissante méditation, pour décider de m’envoyer leur célèbre Freebox, et un mois et demi, pour… et bien pour ne pas me l’envoyer.
Enfin je suis un peu dur, parce qu’en fait ils ont essayé. Et ils l’ont expédiée à trois reprises à trois adresses erronées. Récemment, un de leur zélé employé de leur non moins zélé service client (parfois, ils savent vous réorienter vers leur site Internet qui, disent-ils nous permettrait de résoudre notre problème, parce que eux, non, là ils ne voient pas), m’a indiqué qu’il pensait qu’elle était à Villeneuve-la-Garenne, et qu’elle n’attendait que moi. Il n’eût pas l’idée de m’expliquer pourquoi c’était à moi d’aller à la Freebox et pourquoi elle ne voulait pas venir à moi, ni d’ailleurs de me préciser à quel bureau de poste je devais aller la chercher, mais enfin il était formel : elle m’attendait.
Je lui fis part de ma gêne à interrompre la belle épopée qu’avait entamé le petit appareil à travers l’Ile de France, lui suggéra d’agrandir son champs de visite à d’autres départements, et conclus en indiquant qu’il était de toute façon hors de question que j’engage le moindre frais de déplacement pour pallier à leur incompétence.
Mais le meilleur était à venir, puisque ledit zélé opérateur m’indiqua que si ma (?) Freebox n’était pas encore arrivée chez moi, ma facture, elle, était en revanche bien émise, et que mon premier prélèvement avait déjà eut lieu. Aààààà la bonne heure. Il y a donc des services qui savent travailler chez Free. C’est que je commençais à douter moi. Mais non, il y a chez eux quelqu’un qui dégaine les factures plus vite que l’ombre des Freebox.
En cette période de noël, je leur offrirai bien quelque ustensile pour rehausser leur image .
16:04 Publié dans Un peu de caractère | Lien permanent | Commentaires (11) |
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