09/06/2006
La coupe du monde, dont les conséquences sont impénétrables, est-elle fatale à Publius?
Note courte, avec un titre trop long, et deux sujets dedans (ça c'est bath), avant de vous laissez tranquilles pendant le week-end.
D'abord, je recommande la lecture du dernier billet d'Eric Izraelewicz qui traite de l'impact de la coupe du monde sur l'économie, et notamment qui indique quelle équipe doit gagner pour que l'impact de la coupe sur notre économie soit le plus favorable. Vraiment très rigolo, et intéressant à la fois. Bon ceci étant, moi ce soir, je serai pour le Costa-Rica.
Dans un tout autre registre, nous avons appris cette semaine que la fin de Publius risque d'être proche. Ses membres trouveront peut-être un peu incongru que j'en parle ici, puisque j'ai désormais la chance de leur être associé sur lieu-commun, mais je tenais tout de même à leur adresser à nouveau un grand merci pour le superbe projet que fut Publius, et pour l'aventure intense que constitua le débat qu'ils ont proposé sur leur site.
Publius fut pour moi, et pour de nombreux autres blogueurs d'aujourd'hui, la porte d'entrée dans l'univers des blogs, l'aventure qui nous a incité à franchir le pas et à nous intégrer dans le débat en ligne. Une sorte de projet pionnier, dont lieu-commun s'est d'ailleurs en partie inspiré (ce qui explique qu'on y retrouve ses membres les plus éminents). Et avouez, rien que parce que sans Publius, le piki-blog n'existerait pas, leur initiative est à saluer !
12:49 Publié dans Un peu du nombril des blogs | Lien permanent | Commentaires (3) |
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08/06/2006
Refrain d'elles
parce que la mer monte et commence
à recouvrir les bancs de sable. Je marche.
Il y a l'odeur. le vent qui a soufflé.
parle tout bas en ramassant des cailloux. Je
Je fais partie.
J'ai tant de mal à accepter.
09:45 Publié dans Un peu de poésie | Lien permanent | Commentaires (4) |
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07/06/2006
Réponse à Pan: les incohérences du libéralisme
Pan propose un débat intéressant sous ma récente note concernant la journée sans tabac organisée par l'OMS. Un débat sans doute un peu (beaucoup?) rabâché, mais qui me donne l'occasion de revenir d'une façon personnelle sur quelques points qui m'apparaissent contestables dans la logique libérale. J'ai d'abord envisagé de répondre à Pan en commentaire, mais tout cela étant finalement assez long, je préfère répondre en postant ce billet, c'est plus lisible ainsi. Vous excuserez je l'espère la construction peut-être un peu inhabituelle de ce post, puisque c'est principalement à Pan que je m'adresse ici. Pour mieux le comprendre, je suggère que vous vous réferriez à la discussion engagée jusqu'ici, ou encore au document proposé par Pan et qui présente quelques fondements de la théorie libérale.
Pan, je crois comprendre à la lecture du document que vous proposez que vous estimez que les lois ne devraient pas exister puisqu'elles sont le fait de l'état. Seuls comptent le respect des droits individuels.
Plusieurs éléments m'apparaissent contradictoires sinon irréalistes dans cette vision.
Tout d'abord, qui établit quels sont les droits individuels ? Vous? Chaque individu de façon isolée et dans son coin? Un groupe d'individu (auquel cas on va d'une certaine façon retomber dans une organisation par groupe qui aurait les mêmes défauts fondamentaux que ceux que vous attribuez à l'état) ? On s'aperçoit déjà sur ce point qu'on tombe sur un os. Il est absolument évident qu'on ne peut pas se fier à l'agrégation des envies de chacun pour établir quels doivent être les droits individuels, sinon on obtiendrait une liste interminable, impossible à suivre et à faire respecter. Et vous ne pourriez pas me répondre: "les droits individuels sont, le droit à la propriété, etc." Vous ne feriez là que dire que sont les droits individuels SELON VOUS, et ça ne saurait en aucun cas refléter ce que veulent également les autres (la probabilité pour que votre opinion sur la question soit suivie par l'ensemble de la population avoisinant le zéro absolu). Or, si ça ne reflète pas ce que veulent les autres, la seule solution que vous auriez pour les faire respecter serait d'utiliser la force, ce que précisément vous semblez rejeter comme étant le travers de l'organisation étatique classique.
On voit donc déjà sur ce point qu'il est tout à fait illusoire de prétendre établir quels sont les droits individuels sans avoir recours à un organisme d'une forme ou d'une autre. Et bien évidemment, que cet organisme relève de fonds privés ou public ne change rien au fond de l'affaire: il faut remettre, au moins partiellement, dans les mains d'autres personnes, le choix de ce qui est bon pour nous.
Le deuxième point, mais je l'ai en fait déjà abordé juste avant, c'est que quelques soient les problèmes à résoudre, il est absolument irréaliste de prétendre que les solutions envisagées par tel ou tel individu puissent être universellement acceptées. Et pourtant il est bien nécessaire de parvenir à ce consensus, faute de quoi, une personne au moins se trouvant lésée, toute la rhétorique qui veut soutenir la logique libérale s'effondre sur elle-même. Il suffit d'une personne. Si elle n'est pas satisfaite de ce qu'on lui propose, alors le lui imposer est nécessairement lui faire violence selon votre "philosophie". Et comment, sur une planète de 6 milliards d'hommes parvenir à ce consensus ? Qui peut sérieusement croire que c'est possible ? Personne. La seule chose qui est atteignable, et encore difficilement, c'est "un moindre mal", un compromis dans lequel chacun accepte de céder sur certaines de ses revendications pour obtenir satisfaction sur d'autres. Et ce compromis, on l'obtient précisément en établissant des structures, des institutions, qu'on souhaitent être le plus représentatives possibles des volontés des personnes, et qui vont être en charge de faire des choix. Et là également, le débat argent public argent privé tombe à plat puisque les fondements du problème à résoudre restent strictement les mêmes dans un cas comme dans l'autre. D'ailleurs, il n'est pas anormal que des personnes qui souhaitent voir leurs volontés réalisées au travers d'une institution, dotent cette institution des moyens nécessaires à son travail. En bref, qu'ils la financent par des fonds publics (les leurs). Vous n'êtes pas d'accord avec cette réalité des choses? Je peux le comprendre, mais dans la mesure où elle a été choisie par les autres, vous ne pouvez pas la déconstruire sans exercer une violence contre eux. Or ceci vous mettrait en porte-à-faux vis-à-vis des idées que le libéralisme semble prôner: pas de violence, sous peine de quoi vous vous rendriez vous-même dictateur.
Dans le fond, il me semble de plus en plus clairement que le libéralisme est un idéalisme, une utopie, quelque chose de parfaitement irréalisable parce qu'il nécessiterait un universalisme de pensée qui est et qui restera impossible (et que je ne crois pas souhaitable).
Mais aussi parce que, dans la mesure où ni l'état ni les lois n'existeraient, et qu'il n'y aurait donc aucune autorité pour faire respecter les droits individuels, cela nécessiterait que chaque individu sache en toute circonstance, et à chaque instant de sa vie, se comporter de façon rigoureusement respectueuse des autres. Non seulement ceci est totalement impossible dans un groupe de 6 milliards d'individus qui sont constamment en interaction, et donc en partie en confrontation les uns avec les autres, mais même à la seule échelle individuelle, c'est une vue de l'esprit de croire que c'est possible. C'est un rêve. Ca n'a encore jamais existé, et ça n'existera jamais. Et Pan, je ne doute pas que vous soyez une personne très respectable et que votre comportement soit principalement inspiré de bonnes valeurs humaines, mais je parie ma chemise que vous n'êtes pas parfait. Et si vous ne l'êtes pas, et que rien ne garantit que vous n'ayez un jour un comportement violent ou agressif injustifié et bien je veux qu'il existe des moyens pour vous contraindre à l'être plus que par la seule action de votre conscience.
Ce monde que vous semblez souhaiter, il n'existe pas, et à mon avis il n'existera jamais, en tout cas pas sur cette planète. Ce qui est le plus frappant pour moi, c'est que les limites de la vision que vous indiquez me semblent évidents, vraiment frappants. Le texte que vous indiquez en lien est intéressant, il présente des idées que j'aurais tort de repousser d'un revers de la main, et je sais bien qu'il existe des études sans doute encore plus savantes que celui-ci pour expliquer en quoi le libéralisme est bon. Mais cette complexité de langage et de réflexion ne m'apparaît poursuivre en réalité qu'un seul but: justifier d'une façon complexe et élaborée, et qui nécessite donc un travail approfondi pour être contestée, un comportement absolument basique qui est la volonté de satisfaire sans entrave ses désirs personnels. Rien d'autre. C'est le bonheur personnel que l'on cherche ici, et en aucun cas un bien collectif. Ce qu'on veut à travers toutes ces explications, c'est juste trouver un moyen de rendre acceptable un comportement exclusivement égocentrique, et ainsi pouvoir supprimer toutes les entraves, même celles qui seraient morales et non légales, à son expression.
Mais sur ce dernier point, que les adversaires du libéralisme ne se réjouissent pas trop: il est plus que probable qu'ils agissent de même pour justifier leurs propres orientations. C'est ce que l'on verra sur ce blog dans quelques temps, à travers une série détaillée que j'envisage de faire concernant Laborit et ses travaux. Ce n'est pas exactement pour tout de suite, mais j'espère y arriver à bout durant cet été. C'était peut-être ça, la série mystérieuse que j'avais promise un soir de brume ...
15:05 Publié dans Un peu d'observations | Lien permanent | Commentaires (45) |
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06/06/2006
Précipitation fraternelle
Hier soir, ne voulant pas dormir, j'ai prolongé ma présence devant la télé jusqu'à une heure un peu trop avancée. Ce qui m'a donné l'occasion de découvrir une émission que je ne connaissais pas : "le grand frère". Le concept en deux mots: un adolescent mal poli et rebelle pourrit la vie de sa famille et en particulier de ses parents, en rejetant toute forme d'autorité et en agissant en chef tyrannique. Mais heureusement, TF1 connaît un gars bodybuildé qui a les idées claires sur ce qu'est l'éducation, et qui est volontaire pour aller soulager ladite famille en remettant le rejeton dans le droit chemin.
Je ne veux pas ici faire une critique exhaustive de l'émission car ça n'aurait pas grand intérêt. Le sujet qu'elle propose est assez prenant, mais elle n'évite pas les caricatures et les simplifications un peu inhérentes à toutes émission de télé-réalité qui, si elle veut survivre, doit proposer de l'émotion, du "prêt-à-vivre" sans temps mort.
Oui mais voilà, cette nécessité si l'on peut dire crée son vice, et il n'est pas mince. Car pour justifier son existence, l'émission doit bien sûr donner l'impression de l'efficacité. Si le "grand frère" ne parvenait pas à résoudre le problème de la famille dont il est question, l'émission se détruirait d'elle-même. Du coup on assiste à la fin de l'émission à la résolution complète du problème: les parents découvrent qu'en fait ils s'étaient perdus de vue sans le savoir et qu'ils ne se faisaient plus confiance ce qui serait en fait la principale cause du comportement de leur fils, et celui-ci bien sûr redevient le gentil garçon qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être, avec en prime un contrat de stage d'un mois dans un garage près de chez lui pour retrouver enfin une activité qui ne le laisse pas désoeuvré.
Je ne voudrais pas remettre en cause les compétences du grand frère casté par TF1 pour résoudre les problèmes de relations parents-enfants, mais tout de même, je me permets d'émettre des doutes sur les résultats réels de la démarche suivie. Et au-delà de ses simplismes, ce qui me semble catastrophique dans un programme de cette sorte, c'est qu'on donne aux gens une vision complètement faussée du travail humain qui est à réaliser dans de telles circonstances. De plus, par ricochet, on déforme la façon dont les téléspectateurs vont par la suite appréhender ce type de sujets.
Alors disons-le, non il ne suffit pas d'une séance éclair de thérapie de couple pour que les amants perdus se retrouvent, il ne suffit pas de se laisser tomber une fois en arrière dans les bras de son conjoint pour retrouver une pleine et entière confiance en lui, il ne suffit pas de quelques jours à être talonné par un costaud pour retrouver le respect envers l'autorité, et encore moins d'un simple contrat de stage d'un mois (le énième si l'on en croyait l'émission) pour donner un sens à son avenir. C'est peut-être dur, mais c'est comme ça.
Une thérapie c'est long, ça prend du temps, ça demande un travail sur soi sérieux, conséquent, qui appelle souvent des prises de conscience difficile à accepter, qui soulève parfois des choses douloureuses. Bref, c'est bien loin de produire des résultats durables avec un simple claquement des doigts. C'est un vrai chemin, et je crois que précisément, l'une des premières choses qu'il est important que les personnes qui s'y engagent doivent accepter, c'est cette longueur de temps qu'est susceptible de nécessiter la thérapie, et les douleurs qu'elle risque de faire ressurgir. Sans cela, le risque est fort qu'elles laissent tomber en chemin, perdant ainsi tout le bénéfice de ce qui a été fait, juste parce qu'elles ne se seront pas assez préparées à la démarche.
Mes meilleurs lecteurs trouveront sans doute que ce billet est un peu vain, tant la profondeur d'un tel programme était jouée d'avance. Mais tout de même, je ne peux m'empêcher de penser à tous ceux qui regardent ce type d'émission et qui faute de n'avoir jamais abordé ce type de réflexion personnellement, n'ont pas les outils pour bien décrypter ce qui leur est montré. Et surtout qu'il est pour le moins étrange sinon paradoxal qu'une émission qui aborde ce thème adopte au final une démarche qui détruit ses fondements.
17:20 Publié dans Un peu de tout | Lien permanent | Commentaires (6) |
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