31/05/2006
Sans langue de bois
Jean-François Copé l'a promis, il tient parole.
Evoquant, à la sortie du dernier conseil des ministres, l'affaire de l'amnisite donnée récemment à Guy Drut, et qui secoue visiblement tous les bancs à l'assemblée, le porte parole du gouvernement se fend de cette révélation: "Jacques Chirac savait que l'amnistie de Guy Drut serait impopulaire".
Ainsi donc notre président alors qu'il savait qu'il était en train de faire une connerie, à tout de même voulu aller au bout de celle-ci. Sans doute Copé espère-t-il nous montrer avec cette saillie, dans le souci de transparence qui le caractérise donc désormais, quelle image le gouvernement se fait du panache. C'est vrai qu'un gouvernement qui assume, le menton fièrement relevé, ses crétineries, ça a de la gueule.
Ou pas.
17:33 Publié dans Un peu de rire | Lien permanent | Commentaires (5) |
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Journée mondiale sans tabac
L’OMS organise aujourd’hui sa journée mondiale sans tabac. C’est l’occasion de revenir sur quelques réalités et sur quelques chiffres importants (les données que j’indique sont principalement extraite du Tobacco Atlas (pdf ) publié en 2002).
Nombres de fumeurs
Près d’un milliard d’hommes (âgés de 15 ans et plus) fument dans le monde, soit 35% de la population dans les pays industrialisés et 50% dans les pays en développement. La tendance des dernières années est baissière, mais comme le rappelle très bien l’OMC, le rythme de cette baisse reste assez lent, surtout comparée au nombre de morts du tabac. La Chine se distingue en particulier puisqu’elle compte à elle seule 300 000 fumeurs masculins, soit près d’un tiers du total mondial (mais avec un pourcentage de la population totale qui n’est pas le plus élevé).
Dans les pays développés, on notera que le Royaume-Uni, le Canada et les Etats-Unis comptent parmi les états dont le pourcentage de fumeurs est le plus faible (alors que les Etats-Unis sont de loin le premier producteur mondial de produits liés au tabac). La France semble dans la moyenne européenne (entre 30% et 40% de fumeurs), l’Espagne étant le mauvais élève, avec un taux compris entre 40% et 50% de fumeurs, comme la Pologne, la Hongrie, et les pays baltes (d’une manière générale les pays de langue russe ou proche du russe ont de très importants contingents de fumeurs – le tabac serait-il une ancienne valeur communiste ?).
En revanche, « seulement » 250 millions de femmes (âgées de 15 ans et plus) fument, soit 22% des femmes des pays développés et 9% dans les pays en développement. Fumer reste donc principalement un comportement masculin (y attache-t-on une image de virilité ? Si c’est le cas, c’est tout à fait stupide car les études sont nombreuses à montrer que le tabac entraîne des troubles sexuels), en tout cas à l’échelle mondiale. En France par exemple, la proportion d’hommes et de femmes qui fument est quasiment à parité.
A noter que la très grande majorité des fumeurs ont commencé à fumer avant d’atteindre l’âge adulte, et que 40% des jeunes dans le monde sont soumis au tabagisme passif chez eux (!).
L’impact du tabac sur la santé
On comptabilise aujourd’hui dans le monde près de 14000 décès dus au tabac par jour, soit 5 millions par an. Pour donner une petite idée de ce que ça représente, ça correspond à peu près à la disparition totale de pays comme la Finlande, le Danemark ou encore l’Irlande. En France, on compte 65 000 morts du tabac par an, et 12% des morts de maladie le sont du fait du tabac (chiffres 2000). L’OMS prévoit qu’on risque d’atteindre 10 millions de morts au niveau mondial d’ici 2020, du fait de l’augmentation de la population qui ira plus vite que la baisse du pourcentage de fumeurs.
Par ailleurs, 95% des cancers du poumon sont dus au tabac, ainsi que 75% des bronchites chroniques et des emphysèmes, et 25% des insuffisances cardiaques.
Pour terminer ce paragraphe, à l’échelle mondiale, on constate que le fait de fumer entraîne une diminution de l’espérance de vie… de moitié ! En moyenne, on compte qu’une cigarette fumer raccourci l’espérance de vie de 7 minutes ! En France, l’espérance de vie des fumeurs est de 16 ans inférieure à celle des non fumeurs (chiffre 2000).
L’impact économique du tabac
Au-delà de l’impact sur le portefeuille des fumeurs, le tabac a également un coût pour l’économie mondiale, du fait de son impact sur la santé. En effet, il représente une part très importante des coûts de santé : 6% aux USA en 1999, soit 157 milliards de dollars, dont 82 milliards dus à la perte de productivité liée à la mortalité, et 75 milliards dus à l’augmentation des dépenses médicales. En Chine, en 1998, plus de 500 000 personnes sont mortes du tabac, ce qui représente une perte de productivité d’environ 1,146 millions d’années-personnes.
Par ailleurs, la culture du tabac participe d’une façon significative à la déforestation, notamment dans certains pays pauvres, entraînant de vraies catastrophes écologiques, du fait de l’utilisation du bois pour effectuer le séchage du tabac. On pourrait ajouter à cela les feux de forêt engendrés par la cigarette, mais ce doit être plus anecdotique.
Pour lire des éléments complémentaires et plus précis, je recommande fortement la lecture de l’article de l’OMS sur le sujet, publié en 2004, très complet, et d’où j’extrait les données de ce paragraphe.
En guise de conclusion, je note que la prise de conscience du problème créé par le tabac grandit. 124 pays ont ratifié le traité international destiné à réduire la consommation de tabac qui est entré en vigueur l’an dernier. En Europe notamment (on est passé de 33% de fumeurs à 27% en trois ans), mais aussi aux USA ou au Japon, le nombre de fumeurs à diminué de façon significative (passant respectivement de 52% à 26% et de 81% à 54% de 1965 à 1999 pour les USA et de 1960 à 2000 pour le Japon). D’autre part, une grande majorité de la population des pays européens se déclare favorable à l’interdiction de fumer dans les lieux publics (voir notamment cet article du Nouvel Obs).
Il faut profiter de ces opinions favorables pour avancer encore dans la lutte anti-tabac, et faire en sorte que sa consommation devienne un jour un phénomène marginal.
16:55 Publié dans Un peu d'actualité et de politique | Lien permanent | Commentaires (10) |
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Test reboot
Mon blog a été tué hier par Blogspirit. Ce post n'est qu'un test pour voir s'il apparaît encore quelque chose à l'écran, sans grand espoir pour tout dire ...
Add: malheureusement, je ne me suis pas trompé. Sera-ce la fin du piki-blog ? Ce serait une triste manière de terminer :o(
Add2: ah ben tiens, finalement ça remarche ! Bon, ceci étant dit, ça fait déjà plusieurs fois que j'ai des problèmes qui me font craindre le pire, il va falloir que je prévois un jour de migrer ailleurs, pourquoi pas sur Dotclear, comme ça je pourrai en plus me faire une zolie banière. Ce qui m'en empêche pour l'instant c'est que j'ai plutôt la flemme, car ça demande tout de même pas mal de boulot je crois.
09:20 Publié dans Un peu du nombril des blogs | Lien permanent | Commentaires (8) |
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29/05/2006
Je n'est pas un autre !
Oui je sais, écrit comme ça, au premier abord, ça fait bizarre, mais vous allez voir, y’a une explication. Notez au passage, que j’ai beau être en mode blogging de survie, c’est déjà le deuxième billet de la journée, et peut-être même qu’il y en aura un troisième plus tard (bande de veinards).
Je rebondis ici sur mon précédent post pour indiquer un détail de comportement de Joey Starr que je n’y ai pas relevé, un peu exprès pour le réserver pour ce billet. Il s’agit d’une utilisation un peu surprenante que le chanteur fit du « tu », alors qu’il était interrogé par Ardisson sur sa propre enfance. Je ne me souviens pas par cœur des termes exacts qu’il a utilisés, mais je vous rapporte en gros ce qu’il disait :
« T’as 10-12 ans, tu t’interroges, tu vois les autres de ton âge qui ont une vie de famille normale, avec leur père et leur mère, tu te poses des questions, tu te demandes, y’a des choses que tu comprends mal », etc.
Pourquoi diable Joey Starr a-t-il répondu à Ardisson en utilisant ce « tu » alors même qu’il parlait de lui-même ? Certains diront que c’est juste un usage, une façon de s’exprimer qu’ont certains, qui ne recouvre dans le fond aucun sens particulier, et ils lèvent déjà les yeux au ciel en priant que je ne leur inflige à nouveau ma psychologie de comptoir. Ils rêvent.
Cette utilisation du tu au lieu du je servais à Joey Starr à se protéger. En généralisant la question particulière qui lui est posée, il sort du cadre personnel qui est posé, il évite « l’humiliation » d’avoir à rendre compte de sa propre vie en public. Il ne répond plus pour lui, mais en général, et ainsi se met à distance des regards et des jugements. C’est une attitude de protection, d’évitement, qui n’a d’autre but que de détourner l’objet de la question initiale afin qu’elle ne touche pas exactement son but, car si elle le touchait, elle ferait mal. En d’autres termes, en répondant ainsi, Joey Starr a donné un autre signe, que j’ai trouvé très fort pour ma part, de la gêne qu’il avait face à l’histoire de son enfance, et très probablement également de la souffrance persistante que celle-ci faisait peser sur sa personne.
On découvre là que l’utilisation du je pose parfois de vrais difficultés. Je pense notamment à deux types de situations dans lesquelles il est fréquent d’entendre des personnes ne pas utiliser la première personne du singulier alors qu’ils devraient normalement le faire : pour établir une distance entre soi et son récit, et éviter ainsi, à l’instar de Joey Starr, que persiste la souffrance liée au récit, et pour atténuer voire supprimer la responsabilité que font porter sur nous certains propos.
Le deuxième cas est très fréquent, bien plus qu’on ne l’imagine, et pour être clair, je ne crois pas que qui que ce soit y a échappé. Je sais que je l’ai déjà fait moi-même. Quoi ? Vous protestez ? Les autres peut-être, mais vous sûrement pas ? Mais si voyons, vous savez bien : « On a souvent tendance à gonfler son salaire réel dans un entretien d’embauche. », « Parfois pour éviter une corvée on en rajoute un peu sur sa fatigue ou sur ce qu’on a déjà prévu de faire. », « On est toujours mal à l’aise quand il s’agit d’évoquer nos problèmes personnels devant les autres. », etc.
Essayez dès aujourd’hui de détecter chez les autres ces petits évitements quotidiens. Vous verrez rapidement qu’ils sont nombreux, et que quand on les détectent, on voit soudain les autres sous un autre jour, parce qu’on perçoit mieux quels sont leurs blocages, les choses qui les touchent et qu’ils ont plus de mal à dire ou à assumer. D’ailleurs, ce comportement est encore plus fréquent dans les discussions disons intimes. On voit alors ceux qui ne veulent pas se dévoiler se cacher derrière l’utilisation de pronoms parfaitement inadaptés, évidemment lorsqu’ils ne restent pas tout simplement silencieux.
Pour conclure ce billet (vous avez vu comme je fais des efforts pour raccourcir), une dernière petite remarque. En général, c’est le neutre qui l’emporte pour éviter le je. C’est le plus simple parce qu’il généralise, et aussi bien sûr parce qu’il nous inclus tout de même dans le lot, et ainsi ne donne pas une impression trop forte de décalage de langage et donc de gêne résultante. Mais quand la personne en vient à utiliser un tu, ou un il, bref un pronom qui par sa nature exclut le je du jeu, alors on peut être sûr qu’on touche à un gros nœud dans sa vie, à quelque chose de très sensible. Sinon elle n’aurait pas besoin d’établir une si grande distance entre ce qu’elle évoque et elle-même.
Et dans ce cas, il peut être bénéfique de faire prendre conscience à cette personne qu’elle devrait peut-être dire je. Cela lui sera sans doute difficile, mais ça pourra l’aider à reconnaître un problème enfouit, ou plus simplement à confier ce problème et à se faire aider.
16:45 Publié dans Un peu de développement personnel | Lien permanent | Commentaires (5) |
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Ne méprisons pas la souffrance
Mon blog est en train de se faire avaler par un grand trou noir. Je n’ai plus d’ordinateur personnel depuis quelques semaines (disque dur mort), j’ai été pris toute la semaine dernière par mes travaux (qui avancent, mais punaise quand on est seul et de surcroît génétiquement handicapé pour les travaux manuels, c’est pas facile), et la fréquentation de cet espace s’en ressent très lourdement (même si je note que, très sympathiquement, Blogspirit continue de faire semblant de compter des entrées).
C’est donc en situation « blogging de survie » que je poste ce billet (si mon chef me lit, je le salue). Sur un sujet qui va en plus passionner tout le monde et qui en dit long sur mon niveau de connection avec les dernières informations : le passage de Joey Starr chez Ardisson samedi soir.
Il présentait son dernier livre, une autobiographie écrite avec Philippe Manœuvre, intitulée « Mauvaise réputation ». J’en avais un peu entendu parlé la veille dans le magazine de la santé, sur France5, et la présentation qui en avait été faite donnait un peu envie de tourner quelques pages dudit ouvrage. Visiblement, Joey Starr s’est livré à un exercice pas évident, et peut-être encore moins pour lui qui semble plus souvent chercher à donner des gages de virilité qu’à se dévoiler, en racontant un peu les détails de son enfance, et notamment de l’éducation reçue par son père.
On y découvre que Joey Starr a été élevé par son père, à la ceinture, et dans une ambiance générale pour le moins « virile ». L’anecdote la plus marquante étant sans doute celle du lapin. Un jour, le père de Didier Morville (puisque c’est son vrai nom) ramène un petit lapin blessé, et le lui donne. L’enfant s’en occupe, s’y attache, l’aide à se rétablir. En quelques jours, celui-ci devient le petit centre chaud de sa vie quotidienne. Puis un matin, son père lui demande d’amener son lapin, et le petit Didier s’exécute. Son père donne alors deux coups de planches au lapin pour le tuer, et force son fils à le manger au repas de midi. Sympa.
Ce qui m’a frappé durant l’interview du chanteur, ce fut l’attitude générale des gens sur le plateau, tant d’Ardisson-Baffie, que des invités, et en particulier de Maurice Druon. Car alors que l’on raconte l’histoire d’une enfance battue et maltraitée, tout le monde semble faire comme si de rien n’était, comme s’il s’agissait dans le fond d’une histoire cocasse, haute en couleur, de celle que l’on connaît fréquemment chez les artistes, en particulier quand ils sont de cette trempe là, et donc bon, rien de très particulier à tout ça, dans le fond on reste dans le connu et le prévisible, et Joey Starr, maintenu dans un univers violent, même si ce n’est pas lui l’auteur des violences en questions, n’est dans le fond perçu que perpétuant ce pour quoi on l’attend : une histoire sordide d’un gosse des cités.
Puisqu’il a la politesse de bien conserver l’étiquette publique qu’on lui colle volontiers, alors même que son bouquin semble donner quelques pistes pour faire comprendre qu’il ne peut pas tout à fait être résumé à cette seule étiquette, personne ne bronche, et l’interview se poursuit sur le ton bon enfant qui sied le mieux aux émissions de divertissement. Maurice Druon, disais-je, se détache tout de même un peu du lot, en se rapprochant plus que les autres du pire. On le voit arborer un sourire immense, pouffer lors de l’explication de certains passages du livre. Pour lui pas de doute, on raconte là l’histoire d’une enfance exotique et bigarrée qui le change du milieu engoncé de l’Académie Française.
Et il touche le sommet lorsque, en intervenant suite à la mention des coups de ceinture et de ceinturon, il indique que selon lui, l’éducation s’accommode très bien de quelques coups donnés à un enfant, pour lui faire comprendre le concept d’autorité. Je ne souhaite pas ici aborder le débat sur l’éducation des enfants pour savoir s’il est bon qu’elle soit musclée ou non, mais relever l’incroyable absence de sensibilité, dont le par ailleurs très valeureux Druon, a témoigné à ce moment là.
Car ce n’est pas une éducation normale qu’on évoquait alors, on ne parlait pas de la gifle traditionnelle donnée en réprimande d’une bêtise. Et il s’agissait encore moins d’une « histoire » seulement bonne à remplir un livre. Non, on parlait d’un enfant qui a été maltraité et battu par son père, et qui semble toujours témoigner, du moins pour ce qu’en montrent les médias, de l’influence qu’a exercé cet environnement violent sur lui.
D’ailleurs, à l’image, cette dichotomie apparaissait assez nettement. Car tandis que les autres persistaient dans leur légèreté, Joey Starr se montrait lui peu à l’aise, touché par moment par certains détails qui étaient rapportés par Ardisson. Son comportement, ses gestes, le choix de certains mots, témoignaient, il me semble, de la blessure encore vive qu’avait laissé ce père dans la vie du garçon. L’un des cameramen fut apparemment le seul de la joyeuse bande à saisir ce malaise, qui fit plusieurs gros plans sur les mains de l’artiste, lorsque celles-ci se joignaient nerveusement, comme pour contenir les émotions que l’histoire soulevait.
Et lorsque Druon indiqua qu’il trouvait qu’une bonne paire de gifles faisait parfois le plus grand bien, on vit Joey Starr se rejeter légèrement en arrière, tourner la tête en sens opposé à l’académicien qui était à sa gauche, esquisser discrètement un signe négatif de la tête. Je me trompe peut-être, mais je crois qu’à ce moment là c’était très clair : Joey Starr n’assimilait pas son enfance et les coups de ceinture de son père à de simples claques, et non il ne devait pas trouver que ce qu’il avait subit pouvait être ainsi méprisé et rabaissé à une banale histoire de choix d’éducation. Je crois que s’il avait ouvert la bouche à ce moment là, il aurait volontiers dit qu’il aurait bien aimé voir Druon à sa place pour savoir s’il prendrait toujours la chose avec le même sourire.
Qu’on comprenne bien de quoi il s’agit ici pour moi. Pas de faire des différents participants de l’émission des monstres sans cœur et incapables de réagir avec sensibilité devant un récit sordide. Mais plutôt d’adresser un avertissement contre ces comportements qui laissent trop facilement passer des faits ignobles sous le seul prétexte que c’est du passé et que celui qui les a vécu semble s’en être bien sorti. En passant, on voit très bien dans cet exemple quel mal peuvent faire les étiquettes lorsqu’elles collent trop solidement aux gens. Je suis absolument persuadé que si ce récit avait été fait par un garçon auquel ne collait pas une image aussi sulfureuse et entourée de violence que Joey Starr les réactions auraient été beaucoup plus peinées et attentives.
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L’ironie de l’histoire pour moi, c’est que c’est chez Fogiel dimanche soir que j’ai entendu la phrase qui me semblait la plus percutante pour répondre à ces attitudes. Il présentait en fin d’émission le livre semble-t-il très intéressant de Xavier Pomerreau, intitulé Ado à fleur de peau, qui traitait des signes de souffrance manifeste que les adolescents laissent parfois (j’ai eu du bol, je n’ai regardé que ce passage de l’émission). Xavier Pommereau a eu une phrase clé selon moi, que je reproduis environ : « Il n’y a rien de pire que de mépriser la souffrance des adolescents. »
Je crois qu’on peut clairement généraliser cette idée à tout le monde, aux adolescents autant qu’aux non-adolescents. Et dire qu’il n’y a rien de pire pour quelqu’un qui souffre ou qui a souffert, de voir les autres remettre en cause la réalité ou même seulement la force de cette souffrance. C’est comme si l’on niait ce que l’autre à vécu et qui fait pourtant partie de ce qui l’a le plus marqué. C’est aussi un message qui dit en substance : « nous ne t’aiderons pas », puisque précisément on ne considère pas que cette souffrance en vaille la peine. On enfonce ainsi un peu plus la personne qui souffre dans sa solitude, ce qui est pourtant dans de très nombreux cas exactement ce qu’elle a besoin de rompre pour se donner une chance de ne plus souffrir.
On trouvera peut-être que mon jugement est excessif, mais pour moi une telle absence de sensibilité est quasiment criminelle. Elle fait partie de ces comportements scandaleux dont Camus écrivait dans le Mythe de Sisyphe qu’ils sont aussi nombreux que répandus parmi les hommes.
14:55 Publié dans Un peu d'observations | Lien permanent | Commentaires (5) |
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