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03/02/2006

Zest de spontanéité

Aujourd'hui, vous me trouverez, là-bas. Ca rappelera sans doute des choses à mes lecteurs les plus assidus.

 

P.S: waouh, entre lieu-commun et ouvrons-nous! , mon activité bloguesque prend une tournure plutôt inattendue. Je trouve ça plutôt chouette.

02/02/2006

Dilemme caricatural

Le Moyen-orient n'en finit plus de faire la une de l'actualité internationale. Après la récente victoire du Hamas lors des élections législatives palestiniennes, c'est le débat sur la publication par le journal danois Jylland-Posten de caricatures du prophète Mohammed qui les propulse de façon spectaculaire sur le devant de la scène (sans compter l'affaire du nucléaire iranien, les attentats en Irak, et autres troubles en Israël).

 

Dans le débat qui est soulevé par cette publication, deux visions principales s'affrontent, dont Phersu et Koz me semblent assez représentatifs. Tous les deux apportent des arguments très construits et auxquels on peut volontiers se rallier. Phersu rappelle à juste titre que l'interdit de représentation du prophète ne frappe guère que les adeptes de l'Islam, et que dans cette mesure la liberté d'expression des autres ne saurait souffrir d'aucune réduction à ce propos, et Koz insiste sur le fait que cette liberté ne s'accompagne pas moins du devoir de tout un chacun de respecter les autres, en particulier dans leur expression religieuse, et que les provocation de ce type ne grandissent guère leurs auteurs.

 

Je dois dire que je suis aussi sensible à l'une qu'à l'autre de ces deux argumentations. Mais je suis conscient aussi qu'à y regarder de près, elles ne traitent pas vraiment des mêmes choses: Phersu fait une analyse qui porte sur un principe, Koz lui observe un comportement concret, pratique si l'on peut dire. Et les deux me semblent devoir être effectivement pris en compte, à mesure égale. Difficile de prendre une position tranchée donc, dans un débat qui traite d'éléments ne se situant pas vraiment au même niveau.

 

Je voudrais toutefois apporter deux éléments complémentaires à ces réflexions, chacun allant plus ou moins à l'encontre de l'une de ces visions. Le premier c'est qu'à mon sens, mais peut-être était-ce déjà ce que Koz cherchait à dire avec d'autres mots, le journal danois a clairement cherché à provoquer. Il disait vouloir "tester la liberté d'expression au Danemark", franchement, on peut émettre les plus grands doutes sur l'innocence d'une telle démarche étant données les tensions actuelles qui secouent les communautés juives et musulmanes. Dès lors qu'ils cherchaient à provoquer, il n'est guère sérieux de pousser maintenant les grands cris pour s'offusquer que cette réaction voulue soit bien arrivée. Argument toutefois à mesurer à l'aune des réactions pour le moins excessives que cette affaire a suscitées. Qu'on puisse s'offusquer soit, qu'on soulève un continent en battant le rappel des ambassadeurs me semble démesuré.

 

Mais surtout, et je m'étonne d'ailleurs un peu que Phersu ne l'ai pas relevé dans sa note, il y a une chronologie troublante dans le déroulement de ces évènements, chronologie que Phersu lui-même a reproduite. On constate ainsi d'abord que la publication de ces caricatures a déjà 4 mois. Les premières réactions se sont visiblement faites attendre, puisque ce n'est que 3 semaines plus tard que des ambassadeurs de pays musulmans ont fait appel au premier ministre danois sur ce sujet. Ensuite, la réaction de la Ligue arabe intervient plus de deux mois plus tard, et pendant le mois suivant, à nouveau rien, jusqu'au déchaînement actuel.

 

En fait je me demande dans quelle mesure il ne manque pas un évènement essentiel dans la chronologie de Phersu: ces fameuses élections législatives palestiniennes du 25 janvier. Car c'est exactement depuis le 26 janvier, et le rappel de l'ambassadeur lybien saoudien (le lybien c'est 3 jours plus tard) par son pays que les choses se sont envenimées. De là à penser que la victoire du Hamas a réveillé les différents groupes musulmans radicaux qui ont vu dans la victoire du Hamas une forme de danger pour leurs propres formations dont la légitimité se verrait amoindrie par celle augmentée du Hamas, le pas est petit à effectuer. [Edit du 03.02: cette formulation est bien maladroite, et même trompeuse puisque les réactions sont au moins autant venues des modérés. Il vaudrait mieux écrire que d'une manière générale l'élection du Hamas a modifié les rapports de force entre les différents groupes ou partis, au pouvoir ou non d'ailleurs, et a poussé ceux-ci à réaffirmer leur poids à travers cette affaire des caricatures. Voilà ce que c'est que d'écrire de façon trop précipitée.]

 

Autrement dit, il me semble bien que cette affaire des caricatures picturales en révèle une autre, aux enjeux plus lourds de conséquences: la caricatures des jeux de pouvoir où chacun tente de se montrer le plus fort, quitte à déséquilibrer des pays entiers.

 

[Edit de vendredi matin - après la précédente: on me signale que les commentaires n'ont apparemment pas fonctionné pendant plusieurs heures, depuis hier soir. C'est un bug qui est déjà survenu ici et pour lequel je ne vois pas bien quoi faire. Je vous présente mes excuses donc pour cet inconvénient, qui me semble désormais réparé, en souhaitant qu'il ne se reproduise pas.]

Chemins croisés

Aujourd'hui naît lieu-commun.org, un agrégateur original, qui propose un rassemblement des 5 derniers billets rédigés par ses participants, et au nombre desquels j'ai le très grand plaisir de faire partie. Voici la liste de ces participants:

 

Bloghorrée

Ceteris Paribus

Commentaires et vaticinations

Diner's room

Droit administratif

Journal d'un avocat

Largo Desolato

Koztoujours

Paxatagore

Phersu

Un Swissroll

Versac

Verel

 

Ce projet a été initité et géré de bout en bout par Jules, de Diner's room à qui nous devons tous un immense merci pour son travail. S'il s'est débattu seul, ou presque, pour mettre au point les éléments techniques du site, la bataille du nom n'a pas moins été difficile, et c'est finalement Damien qui a recueilli les suffrages avec sa proposition du nom actuel.

 

Pour ma part le très grand intérêt que j'y trouve est de donner toute sa dimension à l'aspect réseau que les blogs de débat peuvent permettre. Voilà un excellent moyen d'enrichir les discussions, avec les contributions de gens qui n'ont pas tous des parcours similaires (même si nous comptons beaucoup de juristes dans le groupe), et dont les orientations politiques ne sont pas toutes identiques.

 

Je vis un peu ma participation comme un défi, tant les autres membres de lieu-commun me semblent figurer haut dans l'estime de la blogosphère de par la qualité de leurs contributions. Mais ce défi est très stimulant, et j'espère en être à la hauteur. C'est en tout cas dans un souci d'ouverture et d'écoute accru, et en tâchant d'accepter les remises en cause, parfois peu évidentes, que j'entends aborder les débats nouveaux qui vont s'ouvrir.

 

Si donc le coeur vous en dit, vous pouvez découvrir la présentation générale de lieu-commun sur cette page. La fleur ajoutée à droite dans mes liens pourra également vous conduire vers la page d'accueil de l'agrégateur. En espérant que vous y trouverez vous aussi une source d'enrichissement.

 

 

medium_riviere.jpg

 

Coulent les rivières

Dans les méandres d'hiver

Des rochers, des buissons touffus,

Des montagnes parfois aperçues.

Et chemin faisant, qu'elles grandissent,

S'étoffent, s'enhardissent,

 

Et deviennent un jour

         fleuve impétueux !

01/02/2006

Introduction à la notion d'aide

Billet précédent de la série

 

"En vain, nous appelons mille gens à notre aide" La Fontaine, Fables, XI, 1 (Le lion).

 

Dans la bataille qu’oppose au lion le Sultan Léopard pour sauver ses bêtes, celui-ci sait d’emblée que sonner le tocsin ne peut servir qu’à agiter le lion encore plus, mais que point d’aide il n’en obtiendra. Pour paraphraser ici La Fontaine, s’il y a une chose que l’on peut retenir de l’observation quotidienne de ses contemporains, c’est cet état de solitude fondamentale dans laquelle ils nous laissent toujours, et dans laquelle nous-même les laissons. L’individualisme et l’égoïsme, qui est son corollaire le plus proche, nourrissent l’essentiel de nos comportements courants. Il n’y a rien qui nous concerne plus et à quoi nous portions plus d’attention que nous-même. Et l’intrusion de l’autre dans notre vie est un trouble souvent insupportable de notre quiétude, une agression contre notre tranquille innocence, comme le disait Finkielkraut dans La sagesse de l’amour.

 

Cette tendance égoïste « naturelle » que nous avons tous, est je crois renforcée par certaines valeurs mises en avant dans nos sociétés modernes. Le besoin de reconnaissance que nous exprimons se trouve en effet légitimé par la valeur de réussite, professionnelle et sociale, qui me semble fonder une grande partie des mécanismes sociologiques occidentaux. L’une des principales gratifications que recherchent les hommes est le pouvoir et la domination nous disait Laborit. Dès lors, qu’on lui dise à cet homme, en enrobant cela sous le terme plus neutre de réussite, que tout cela est bel et bon, transformant ainsi une inclination naturelle en vertu, et il n’en peut rester que moins de son souci des autres et de son altruisme.

 

C’est très probablement ce constat, fait par beaucoup, de notre propre égoïsme et des dégâts qu’il génère qui est à la source de l’intérêt, qui m’apparaît grandissant, pour les actions d’aide, dont les associations caritatives sont les vitrines les plus nettes. L’aide est une action par laquelle on peut parvenir à transcender notre nature, défier nos propres défauts pour devenir vraiment humain. Elle participe, entre autres choses, à la démarche que je désignais à la fin de mon billet critique sur la vision si pessimiste que Finkielkraut faisait des relations humaines dans son livre cité plus haut.

 

Mais, j’émets pour ma part un bémol aux emballements peu mûris lorsqu’il s’agit de se lancer dans une action d’aide.  Il s’en faut je crois souvent de beaucoup que de simples beaux sentiments, ou prétendus tels, puissent apporter des remèdes sérieux aux maux des autres. En y réfléchissant un peu, on s’aperçoit vite que l’aide présente ce paradoxe subtil qu’elle figure parmi ces notions qu’on pense saisir d’emblée, sans avoir besoin de grandes explications, alors que pour devenir véritablement aide elle peut nécessiter une mise en œuvre de moyens et de compétences élaborés, complexes, bref difficiles à déterminer et à fournir. Elle ne devient d’ailleurs aide que lorsqu’elle est vraiment efficace, ce n’est qu’à la conclusion de son processus qu’on peut dire qu’elle a existé ou non. Et plus encore que cela, elle renferme en elle-même de nombreux paradoxes.

 

C’est en partant de l’analyse de ces paradoxes que je voudrais proposer ma réflexion sur la notion d’aide. Ceci de façon chronologique, au fur et à mesure qu’ils se présentent dans la relation que l’aide crée. La démarche de cette analyse étant de parvenir à dégager, pour ceux qui souhaitent trouver un moyen efficace d’aider, quelques grands points sur lesquels s’appuyer pour définir leur démarche (le projet est donc assez ambitieux, peut-être même un peu prétentieux, mais j’ai tout de même envie d’essayer). C’est ainsi que mes prochains billets dans cette série porteront successivement sur :

 

1. La rencontre de l’aidant et de l’aidé.
Premier paradoxe fort dans la démarche de l’aide où l’on va devoir décortiquer deux difficultés qui se posent avant même que l’aide ne soit engagée : l’orgueil de celui qui a besoin d’être aidé, et qui se rend ainsi susceptible de refuser toute assistance, et l’égoïsme de celui qui pourrait aider, mais qui par son manque d’altruisme se rend absent, indifférent, et ne peut donc pas aider. La rencontre de l’aidant et de l’aidé semble déjà presque « contre nature ».

 

2. La relation d’aide.
Deuxième paradoxe, sans doute le plus fort, qui naît dans la relation de dépendance entre l’aidant et l’aidé. Car d’une dépendance univoque, de l’aidé envers l’aidant, on arrive presque immanquablement à une relation de dépendance equivoque où chacun, aidé et aidant, devient dépendant de l’autre. Il faut ici découvrir en quoi cette relation de dépendance et donc même d’interdépendance est nécessaire, et quelles sont ses limites, c’est-à-dire quelles sont les entraves qu’elle peut engendrer dans la démarche d’aide.

 

3. L’arrêt de l’aide, sa conclusion.
C’est le moment de vérité, celui où l’on sait enfin si la démarche entreprise a constitué une aide ou pas. Du fait de la relation de dépendance, qu’on aura décrite auparavant, nouée dans la relation d’aide, il n’est pas toujours aisé de définir à quel moment celle-ci doit prendre fin. C’est pourtant ce moment bien souvent qui constitue le véritable test de l’efficacité de la démarche, celui où l’on pourra enfin redonner à l’aidé son autonomie. Se posera alors la question intéressante de l’épilogue que l’on peut donner à la relation d’aide : peut-on poursuivre la relation, avec le risque éventuel de maintenir la dépendance née auparavant, ou faut-il au contraire abandonner, enfin?, l’aidé en pensant que fondamentalement, son chemin personnel, comme le nôtre, restera toujours en grande partie solitaire ?

 

Billet suivant de la série

31/01/2006

Politique 2.0 pour les nuls

Quelques remarques en vrac sur l'évènement d'hier soir, Politique 2.0.

 

Comme indiqué hier, je n'ai assisté qu'à la deuxième partie de la soirée, la conférence-débat qui faisait intervenir aussi bien des blogueurs "anonymes" que des politiques (hommes et femmes) blogueurs eux aussi. Sur la première partie du débat, on a eut deux analyses intéressantes sur l'état actuel des blogs politiques. Je trouve que l'analyse de Versac, qu'il avait déjà largement évoquée sur son blog, était la plus intéressante. Découvrir l'organisation des réseaux des blogs politiques, où l'on constate une séparation assez marquée entre les différentes obédiences politiques, et notamment entre les blogs UDF et UMP (ce qui souleva les rires de la salle), est à mon sens assez significatif des positions des uns et des autres. Et peut mener à douter de leur véritable capacité à vraiment débattre tant les liens entre eux sont peu nombreux.

 

A ce titre, une petite anecdote (oui j'ai dis que ce serait en vrac), survenue dans la deuxième partie de la conférence-débat qui a amené plusieurs politiques blogueurs. Lorsqu'elle a présenté son blog, Nadine Jeanne a montré la passion qui l'animait dans la conduite de son travail politique mais aussi dans l'animation de son blog. Seule fausse note, lorsqu'elle a évoqué la frustration qu'elle ressent souvent devant les difficultés à convaincre ceux qui viennent débattre sur son blog. Les personnes, dit-elle, arrivent souvent avec leurs idées toutes faites et se montrent peu ouvertes aux siennes. Et d'insister sur ses tentatives de convaincre, et ah, si quand même une fois, il y en a un qui a compris et qui lui a envoyé un mail pour lui dire qu'il avait un peu changé sa façon de voir. Beaucoup de sincérité donc, mais malheureusement elle ne se rend apparemment pas compte qu'elle même, puisqu'elle aborde le débat avec la volonté farouche de convaincre, s'ouvre probablement très peu aux arguments de ses contradicteurs. Beau paradoxe. Je lui conseillerai volontiers d'apprendre progressivement à laisser plus de champ libre aux idées des autres, à se forcer à laisser dire certains arguments même quand ceux-ci ne sont pas les siens. Elle serait surprise du résultat final.

 

Une autre anecdote, l'intervention d'une non blogueuse qui a reproché à Claude Goasguen l'absence de réponse à ses questions sur son blog. M.Goasguen a répondu qu'il y ferait plus attention à l'avenir, je me demande à quel horizon est cet avenir. En lisant son blog, il semble animé par une vraie ouverture, et une certaine sincérité. Mais je l'ai trouvé plutôt en retrait hier, un peu en observateur, comme si le sujet ne le concernait pas vraiment. Peut-être n'était-il tout simplement pas très à l'aise dans ce milieu un peu nouveau sans doute pour lui.

 

Sinon, j'étais content de voir enfin Damien et Hugues. J'avais hésité à quelques reprises à les contacter directement par mail pour qu'on se voit, et j'aurais préféré pouvoir rester finalement au dîner pour discuter plus avec eux. Bon ce sera pour une autre fois. On n'a pas vu Koz, peut-être s'est-il dévoilé aux autres après mon départ. Et Paxa est vraiment sympa.

30/01/2006

Désolé ...

... mais je ne parviens pas à avancer la note que je voudrais rédiger en introduction à ma série sur l'aide. J'ai déjà travaillé sur le sujet et j'ai les idées principales en tête, mais le stylo coince.

 

Donc je vais faire comme d'autres, annoncer ma présence ce soir à l'Entrepôt (ils ont quand même une programmation bigarrée à l'Entrepôt je trouve...) pour assister à Politique 2.0. Enfin je risque de n'être présent qu'à la deuxième partie de la soirée. Le film est trop tôt, et le dîner je sais pas trop si j'y serais à l'aise.

 

Voilà voilà... ça manquait un peu de fond sur ce blog, non ?