04/11/2005

Réponse à Elisa et petit "contest"

Elisa a laissé un commentaire que je trouve intéressant sur mon dernier billet consacré à la question du don.  Je voudrais y faire une (assez courte) réponse dans ce billet. Elisa écrit: " Ne faut-il pas également considérer l'importance de la personne a qui l'on fait ce don?" Je préciserais sa remarque en écrivant plutôt : ne faut-il pas considérer l'importance pour nous de la personne à qui l'on fait ce don? Sa remarque est intéressante car elle met en avant un élément essentiel dans ce type de démarche: la sensibilité. En effet il me semble important de savoir mesurer la relation que l'on entretient avec cet autre auquel on adresse son don, pour bien positionner son geste. Et cela nécessite une sensibilité très affûtée.

 

Je trouve assez difficile toutefois de décrire ceci par des mots. Parce qu'on entre ici dans une démarche des plus subtiles et des plus complexes. Si l'on est un(e) amoureux(se) transi(e) par exemple, et que la personne le sait, offrir le livre comme je l'ai fait peut être très difficile car la personne nous reçoit avec un a priori, elle charge notre geste d'un message supplémentaire qui peut être parasite (si son a priori est négatif, on est à mon avis mal barré, il y a du boulot pour enlever le pathos dans notre comportement). A bien y réfléchir, on retrouvera même ceci dans chaque situation où l'on connaîtra l'autre. Ce n'est que le degré, la force de ce message a priori qui va changer, selon la force du lien entretenu avec l'autre.

 

Donc oui, on n’agira pas de la même façon dans ces différents cas. Pour autant, le fondement de notre geste reste le même : l’intention du bien-être de l’autre, l’attention la plus grande, offerte gratuitement. Que l’on s’adresse à quelqu’un de connu ou pas, la démarche part de la même intention, même si on y met sans doute un sentiment plus fort dans un cas que dans l’autre.

 

Par exemple, pour donner un exemple de démarche envers un inconnu, une idée rigolote qui m’a trottée en tête il fut un temps, mais que je n’ai jamais mise en application, est de poster des courriers chez de parfaits inconnus avec des mots sympathiques, des recettes de cuisine agrémentées avec humour, une idée de sortie pour le week-end, bref n’importe quoi qui nous passe par la tête et qu’on trouverait agréable, amusant, bienfaisant pour nous même. Franchement, ce serait assez délire de recevoir quelque chose de ce genre dans notre courrier, non ?

 

J’ai une idée tiens. Je propose un « anonyme mail contest » pour ce week-end ! Libre à chacun d’écrire soit à quelqu’un de connu (proche ou simplement voisin) ou d’inconnu, d’envoyer une recette de cuisine, un bouquin, enfin ce que vous voulez mais toujours de façon sympathique et anonymement, et lundi on se retrouve sur mon blog pour que chacun indique dans un commentaire ce qu’il a fait. Ca vous tenterait ?

 

Add de 17h00: hem bon mon idée ne soulève pas l'enthousiasme des foules. Je sais pas pourquoi je me sens vaguement idiot là... Bon tant pis, à la place je lessiverai mes murs, c'est sympa aussi. ;o)

03/11/2005

Le don

On peut comprendre le sens du mot don de deux façons principales. Il y a d’abord le don comme chose (palpable ou impalpable) que l’on donne à l’autre, par générosité, et également le don comme capacité ou qualité exceptionnelle dont la providence nous a ou non pourvu. Déjà un petit aparté pour signaler cette jolie idée entendue ou lue un jour : cette deuxième catégorie du don ne devient réelle que si elle s’accompagne de la première. En d’autre terme le don de tout génie qu’il soit scientifique ou artistique ne saurait être entier si celui-ci n’est pas utilisé de façon généreuse, s’il n’est pas offert aux autres (quel peintre génial peut-être reconnu comme tel s’il garde ses œuvres dans son garage ?). Ce n’est donc que dans la mesure où il est offert aux autres que ce don là devient UN DON à part entière.

 

Ce qui m’intéresse aujourd’hui, et qui réveille, enfin un peu, mon blog de sa léthargie, c’est la première catégorie de don évoquée plus haut, et encore pas cette catégorie toute entière car à elle seule elle nécessiterait une analyse qui me semble très complexe et longue. Je souhaite surtout m’attarder sur la démarche personnelle que suppose le don, et sur les sentiments que cette démarche nécessitent et provoque à la fois, en souhaitant t’interpeller, oui toi lecteur, pas la peine de regarder derrière ton épaule ;o), sur l’opportunité que tu aurais d’essayer un de ces jours de faire ainsi un don.

 

Je ne vais donc pas du tout me livrer à une réflexion intellectuelle sur le sujet, mais plus à une description de ce qui se passe lorsqu’on fait un don à quelqu’un. Dans ma vision des choses un don est un acte directement et totalement orienté vers un autre, cet autre pouvant être proche ou lointain, connu ou inconnu. Il y a un seul critère à remplir pour que cet acte soit vraiment un don : qu’il soit dirigé vers l’autre (ou les autres) de façon exclusive, à 100%. C’est-à-dire qu’il ne s’accompagne d’aucune intention parasite. Ni d’intérêt personnel pour celui qui donne, ni même d’une attente de retour après le don. Celui qui le reçoit doit ressentir le fait que l’acte accompli l’est pour lui, de façon totale, et qu’il lui est offert de ne pas y répondre, sans que cela ne porte à la moindre rancune, au moindre jugement d’ingratitude. Qu’il ressente en fait que la seule chose qui lui est demandée, c’est d’accepter le geste fait.

 

Pour illustrer un peu mon idée voici deux exemples concrets, vécus ou entendus.

 

Le premier, entendu, est celui d’un professeur qui raconta cette anecdote un jour à ses élèves dans le cadre d’un cours sur la résolution des  conflits. Un de ses amis proches venait de perdre un parent à qui il tenait énormément. Que faire dans pareille situation ? On se sent souvent désarmé, attristé par la douleur de notre ami, et incapable de faire quoi que ce soit qui puisse atténuer sa peine, l’aider à accepter la perte, redémarrer dans sa propre vie. Un peu désemparé, le professeur décida d’écrire un poème à son ami. Il a décrit la scène de l’écriture de ce texte : il s’était vidé, avait mis dans son texte tout ce qu’il pouvait donner d’amour et d’affection à son ami. Le sujet n’en était pas nécessairement la mort ou la vie, l’important n’était pas dans le sujet du poème. L’important était dans la démarche. Son ami avait reçu ce geste comme un trésor. Car il avait senti en le recevant quelle avait été la démarche qui en guidait l’écriture. C’est ça qui lui donnait une valeur si forte.

 

Deuxième exemple, vécu. J’ai eu l’occasion une fois de faire un geste de ce type, pour quelqu’un à qui je tenais beaucoup. Ca ne répondait à aucune occasion, cette personne n’avait pas eu de décès dans sa famille ni dans ses amis, ce n’était pas son anniversaire, ni sa fête. J’avais simplement eu envie de faire quelque chose. Je lui ai donc offert un livre, un simple livre. Petit (un peu plus de 100 pages je crois), pas cher (j’avais eu le choix entre deux éditions aux prix très différents, et j’avais volontairement choisi la moins chère pour que mon geste ne soit pas embarrassé d’un objet dont on percevrait une valeur pécuniaire importante, ce qui je pense aurait été susceptible de « brouiller » le message que je voulais faire passer, et aussi parce que l’image de couverture me plaisait bien), que j’avais emballé dans une feuille de papier Canson et sur la première page duquel j’avais ajouter un petit mot lui souhaitant une vie heureuse, sans pathos. Je le gardais dans mon sac et un jour où je l’ai croisée, j’ai pu le lui donner. Ce fut simple, assez rapide. Juste un : « tiens je voulais t’offrir ça. Ce n’est pas grand chose, juste un petit livre. Voilà » Et hop ! Je suis rentré chez moi. Cette expérience m’a marqué. Ca reste un souvenir très important pour moi, un petit moment à part, un peu magique, un de ceux qui me fondent.

 

Ce que j’aimerais parvenir à faire passer ici, c’est que l’important c’est essentiellement la qualité de la démarche suivie qui fait que le geste se transforme en don. L’objet (si c’en est un d’ailleurs) que l’on offre importe peu.  Ca peut être un livre, un dessin, jouer un morceau de musique, peu importe. Ce qui compte c’est ce que l’on met de soi-même dans sa réalisation. Et à mon sens le geste peut tout à fait rester anonyme, il n’en perd pas sa valeur. Il peut même au contraire en prendre de cette façon. Si l’on se sent heureux de le faire, si on donne de soi-même par cet acte, de façon gratuite, sans espérer autre chose que le bien être de l’autre, alors ce qu’on offre n’en a qu’une plus grande valeur.

 

P.S 1 : j’inscris ce billet dans la catégorie gestion du stress bien que cela soit fort restrictif. La question du don dépasse largement ce cadre.

P.S 2 : le livre que j’offris est Geai de Christian Bobin. J’en conseille la lecture surtout pour les gens un peu fatigués voire neurasthéniques. Il agit comme un petit vent frais et chaleureux à la fois. L’autoportrait au radiateur est très bien aussi.

P.S 3 : si j’ai recours parfois à des exemples personnels, ce n’est nullement dans l’intention de faire de mon blog un espace d’épanchements où je dévoilerais mon intimité. Ce n'est clairement pas mon objectif, et ce n’est clairement pas ce que je recherche dans les blogs. Je ne le fais que dans la stricte limite où certains messages me semblent plus compréhensibles lorsqu’ils sont incarnés de cette façon. Cela humanise un peu les choses, et ça me permet également d’être plus précis dans mes descriptions. Rien d’autre.

25/10/2005

Réflexes et réflexions

Ce texte s’appuie en partie sur une analyse réalisée par Jean Krakowiecki, grand adepte de Laborit s’il en est et fondateur de l’I.R.S - Institut de Recherche sur le Stress. Je profite de ce prologue pour indiquer que pour ma part je ne me défini pas comme un grand adepte de Laborit. Je ne connais ses travaux que de façon (très) partielle, et si je le cite ici, c'est en grande partie pour proposer une réflexion qui a l'intérêt d'être à la fois originale et très argumentée. Concernant Jean Krakowiecki, il est l'expert avec lequel j'ai mis au point le site de gestion du stress en lien dans la colonne de droite. J'ai pris mes distances avec lui après quelques temps de collaboration pour des raisons particulières, mais ses travaux n'en restent pas moins eux aussi interpellant. Mais revenons à nos moutons.

 

Je vous propose aujourd'hui un retour un peu plus précis sur le fonctionnement de notre cerveau tel que Laborit l’a décrit. A la fois biologiste et sociologue, Laborit tenta notamment de découvrir par quelles parties de notre cerveau est commandé tel ou tel comportement. Le cerveau, rappelons-le, peut se décomposer en trois parties principales : le cerveau reptilien, le système lymbique, et le néo-cortex. Petite revue de chacun d’entre eux.

 

Le cerveau reptilien : il est le siège de nos réflexes les plus ancestraux. Cette partie de notre cerveau est essentiellement programmée sur notre instinct. Elle couvre les activités telles que le rut et l’accouplement (à ce propos j’ai toujours trouvé que la drague en boîte ressemblait fortement aux danses amoureuses développées par les animaux), la chasse (qu’on observe encore de façon détournée lorsque nos supermarchés font des « superpromos »), l’établissement de hiérarchies sociales, etc. Il est même possible que l’influence du reptilien s’étendent à d’autres comportements qu’on voudrait croire plus nobles : le respect de la tradition (parée de ses fameuses « valeurs ») qui ne serait qu’obéissance à des rites cérémoniaux, l’établissement de nos convictions, reflet de notre simple soumission au conformisme de notre époque, ou de notre volonté de reconnaissance du groupe auquel on souhaite être rattaché (en fonction des objets gratifiants qu’ils nous propose), etc. La difficulté majeure posée par le cerveau reptilien est que l’influence de celui-ci est majoritairement inconsciente. Ce sont des réflexes quasiment innés qui entrent en jeu, et il nous est bien souvent difficile de les remarquer car nous les « habillons » d’autres éléments, et parfois même nous les maquillons.

 

Le système lymbique : il est le siège des émotions, et de leur expression. Selon Laborit, le système lymbique est celui qui a pour tâche d’assurer notre survie. On a peur devant un danger alors on fuit, pour se protéger, etc.  Le système lymbique est donc ce par quoi nous allons chercher à nous protéger, à protéger notre équilibre biologique notamment. Son action est aussi principalement inconsciente. Ce par quoi nous allons parfois en prendre conscience ce sont nos tremblements de genoux, nos sueurs, nos mains moites, nos battements de cœur accélérés. Mais il est amusant de constater que ce sont ces symptômes qui nous font comprendre dans quel état nous sommes, et que si cette expression biologique de notre état ne nous donnait pas cette information, nous resterions probablement sourds aux chamboulements que nous pouvons être amenés à vivre.

 

Le néo-cortex : il englobe le cerveau reptilien et le système lymbique. Il est la partie la plus développée de notre cerveau et est le siège notamment de l’imagination, de l’anticipation. Lorsque nous réfléchissons, conceptualisons, etc. c’est à lui que nous faisons appel. Laborit souligne un vice majeur dans l’exploitation que nous faisons des capacités qu’il nous donne. C’est que nous avons tendance à l’utiliser pour interpréter et souvent pour justifier nos pulsions primitives, en mettant des explications parfois d’ordre abstrait sur des comportements « primitifs ». En agissant ainsi on va justifier entre autres nos réflexes ancestraux en les parant des habits nobles de la réflexion. Essayez de faire remarquer à un d’jeun dans le vent que lorsqu’il drague il ne fait que répondre à un instinct primal, biologique, et qu’il est alors semblable au pan qui déploie sa queue (ahem). Vous verrez comment il enrobera sa réponse (enfin s’il ne se contente pas de vous insulter).

 

En fait l’élément important que pointe Laborit c’est que cet ennoblissement de nos comportements primitifs inconscients par des explications construites au niveau du néo-cortex nous empêche de mesurer de façon juste l’influence notamment de notre cerveau reptilien sur nos actions. On se ferme alors l’accès à la compréhension de certains fondements de nos attitudes, de nos choix. Difficile d’évoluer correctement dans ces conditions. Et difficile surtout d’apprendre à moins lever la patte pour marquer notre territoire, signaler notre présence, ou être celui qui écrit l’histoire !

18/10/2005

La reconnaissance

J’ai déjà abordé de façon un peu périphérique dans d’autres billets la notion de reconnaissance. Petit billet aujourd’hui pour indiquer de façon claire le rôle qu’elle remplit. La reconnaissance est un carburant pour chacun de nous. Un carburant presque vital. Elle exerce même une influence importante sur notre santé physique et mentale.

 

Petit schéma simple pour bien concevoir comment elle se traduit.

 

medium_reconnaissance.3.jpg

 

Le cas de la reconnaissance zéro, autrement dit de l’indifférence, est particulièrement intéressant à analyser. Il n’est pas du tout excessif de l’assimiler à la mort. Parce que lorsque vous êtes indifférent à une personne votre valeur aux yeux de celle-ci est parfaitement absente, de même qu’elle le serait si vous n’existiez pas. L’indifférence c’est en quelque sorte ne pas reconnaître que l’autre est en vie, c’est agir comme s’il n’existait pas. Pour bien percevoir ce que cela signifie je trouve que l’exemple d’un(e) prétendant(e) ignoré(e) par la personne aimée est très bon. Qu’y a-t-il de pire que de sentir qu’on existe pas pour celui ou celle qu'on aime ? Qu’y a-t-il de pire que le silence en réponse à un message (de quelque type que ce soit) ?

 

La reconnaissance fonctionne comme une boucle, où chacun renvoie à l’autre la reconnaissance qu’il lui accorde. La plupart du temps, cette reconnaissance est renvoyée en retour à celle que l’on reçoit, c’est-à-dire qu’elle « hérite » de ce que l’autre lui a envoyé, qu’elle est influencée par celle-ci. Mais elle hérite encore d’autre chose : de l’auto reconnaissance que l’on s’accorde à soi-même. On voit là tout à coup à quel point l’opinion que l’on peut avoir de soi influence celle que les autres ont de nous, ou pour être plus précis celle que l’on pense que les autres ont de nous (ce qui pour l’individu revient au même, d’ailleurs cette « impression » que nous construisons de l’opinion des autres est de nature à influencer au final cette dernière).

 

Les boucles de reconnaissance interactives peuvent se schématiser ainsi:

 

 

medium_boucles_de_reconnaissance.jpg

A bien analyser l’importance de la reconnaissance dans nos vies je me demande si l’on ne peut pas formuler une critique de la pyramide de Maslow. Oui je sais c’est gonflé de ma part, mais je me demande vraiment dans quelle mesure la reconnaissance n’intervient pas plus tôt dans les besoins que nous cherchons à satisfaire.

11/10/2005

La relaxation, comment ça marche ?

Suite au billet de la semaine dernière sur la relaxation au travail, je voudrais vous proposer aujourd’hui un texte plus complet de relaxation, que vous pourrez utiliser, cette fois-ci plutôt chez vous. Mais d’abord, quelques indications d’ordre général sur ce qu’est la relaxation et sur la manière de la mener si vous souhaitez qu’elle soit vraiment efficace.

 

La relaxation est probablement la technique reine de la gestion du stress. Elle se rapproche de démarches comme le yoga ou la méditation, mais elle est un peu plus que cela, car elle peut mettre à jour des nœuds personnels refoulés, des inhibitions, des traumatismes même. En effet, la relaxation opère en mettant la personne « relaxée » en état de conscience modifiée, un peu comme dans l’hypnose. Et dans cet état on peut découvrir ou redécouvrir au grand jour des éléments de notre vie personnelle que nous avons refoulé, et qui continuent d’affecter notre comportement de façon négative.

 

Dans cette éventualité, je conseille de toujours prévoir un temps après la relaxation pour parler de ce que la personne qui l’a faite a ressenti, de ce qu’elle a perçu. De façon apaisée, libre, sans contrainte. Pour la personne qui propose la relaxation on est là dans un moment délicat mais aussi très riche. Il s’agit de savoir ouvrir la porte de la parole, sans faire ressentir d’obligation, mais en tentant toutefois, si des nœuds sont apparus chez certains de les aider à en parler. Car faire ce pas leur apporterait sans doute beaucoup. Il faut donc savoir se montrer proche, avoir une voix calme, un peu basse (attention toutefois dans ces choses là à ne pas devenir « artificiel »), laisser les silences faire leur œuvre quand l’autre est dans le doute, revenir vers lui en posant une nouvelle question calme, lui dire qu’il a la liberté d’en parler ou de se taire, dans le fond lui montrer qu’il compte et qu’on est à sa disposition pour l’aider, pour parler. Une relaxation est en général un moment très agréable d’apaisement et de sérénité. Pour bien la faire il n’y a en fait qu’une grande règle : la faire dans l’objectif clair de faire du bien. Presque comme un don.

 

Mais une dernière remarque avant de commencer le texte. La relaxation reste une technique « de surface ». Elle ne fait que traiter des symptômes, apaiser après coup. En aucun cas elle ne peut remplacer le travail sur soi en profondeur qui peut être à mener. C’est important de ne pas lui donner une importance plus grande que celle qu’elle a, ainsi que toutes les autres techniques. Ca évite de jouer à l’aveugle trop longtemps.

 

Plusieurs textes de relaxation sont possibles, je vous en propose ici un qui est un peu long, il doit durer environ ½ heure, ¾ heure, à quoi il faut donc ajouter la phase où les participants vont chacun parler de leur ressenti durant la relaxation. Celui qui propose la relaxation pose sa voix, qui devient monocorde, apaisée, et assez lente. Il n’hésite pas à faire des pauses au milieu des phrases. Ces pauses constituent des points où les participants vont encore plus « tombés » en relaxation, où ils vont pouvoir se relâcher encore plus. Ils s’allongent de préférence (on peut le faire sur une chaise mais bof), soit par terre, soit sur un lit si vous êtes dans une chambre qui en a. Vous êtes prêts ? Allons-y.

 

Vous vous installez confortablement, vous vous allongez, en laissant vos bras le long de votre corps, et en évitant toute contrainte physique. Vous fermez les yeux, en signe de retrait du monde extérieur, et de concentration sur vous-même. Si vous le voulez bien, nous allons commencer par un exercice de relaxation dynamique (si vous passez par cette phase, vous pouvez faire remonter un peu votre voix, il va vous falloir parler de façon un peu rapide). Vous repliez vos bras contre votre thorax, vous serrez les jambes, puis vous contractez tous vos muscles rapidement, les muscles de votre visage, vos bras, vos poings, vos fesses, vos cuisses, vos jambes, tout votre corps est contracté, vous restez ainsi quelques secondes… Puis vous relâchez et vous soufflez… (laisser les corps se détendre pendant quelques secondes). Vous sentez vos muscles qui se détendent, qui s’apaisent. Vous profitez de cette sensation. (laissez quelques secondes). Vous repliez à nouveau vos bras contre vous, vous serrez les jambes, puis vous contractez tous vos muscles, le visage, le cou, le dos, les bras, le ventre, vos jambes, vous restez entièrement contractés pendant quelques secondes en retenant votre respiration. Vous tenez. Encore. Et vous relâchez… et vous soufflez…

 

Vous sentez que vos muscles se décrispent, se détendent. Vous sentez votre corps qui s’enfonce progressivement dans le sol (ou le lit)… progressivement, lentement, vous vous sentez un peu plus lourd, et plus calme. Maintenant, si vous le voulez bien, vous allez détendre encore plus chacun de vos muscles, un à un, en commençant par votre front. Votre front se décrispe totalement (prendre le temps sur ce type de mot de bien prononcer toutes les syllabes, sans en rajouter pour autant). Il devient parfaitement plat, sans aucune ride. Il est comme un lac au milieu des montagnes (laisser quelques instants pour qu’ils imaginent ce lac, on peut le leur suggérer, ce n’est pas obligatoire). Puis vous détendez les petits muscles qui sont autour de vos yeux. Au besoin, vous les sollicitez en faisant aller vos yeux de gauche à droite sous vos paupières, afin d’en prendre conscience pleinement, et ainsi de les détendre encore plus. Maintenant, vous détendez vos joues, vous libérez votre mâchoire en l’entrouvrant légèrement, et vous décollez votre langue de votre palais. Vous avez peut-être sur votre visage une sensation de chaleur, de lourdeur, de picotements (laisser quelques secondes de silence). Si vous ne le sentez pas, ce n’est pas grave, ça n’a aucune importance (cette phrase est importante, la dire provoque un relâchement très grand car il enlève la contrainte de « chercher » la sensation. Elle participe pour beaucoup à la relaxation, on va d’ailleurs la répéter par la suite).

 

Votre visage est maintenant parfaitement détendu, calme, serein. Ce calme, que vous avez su obtenir, est un état naturel. Sa connaissance s’installe durablement en vous, et, désormais, vous saurez le retrouver lorsque vous en aurez besoin. Maintenant vous détendez votre cou, votre nuque, comme pour établir une large voie de communication entre votre corps, et votre esprit. Vous profitez de la détente du cou et de la nuque (s’arrêter quelques instants). Puis vous détendez vos épaules en les relâchant complètement, vous détendez vos bras, et vos avant-bras. Vous sentez peut-être au bout de vos mains une impression de chaleur, lourdeur, de picotements. Si vous ne la sentez pas, ce n’est pas grave, ça n’a aucune importance. Vous détendez maintenant votre thorax, vous libérez votre diaphragme, puis vos viscères qui se reposent tout a fait. Ensuite, vous détendez votre dos, en descendant progressivement le long de votre colonne vertébrale, et en détendant à chacune d’entre elles les muscles qui sont autour. Vous descendez… lentement… vertèbre après vertèbre. Puis vous remontez et refaite la même chose, pour détendre parfaitement vos muscles. Vous détendez ensuite votre bassin, vous desserrez les fesses, puis vous continuez, et vous détendez vos cuisses, vos mollets, vos chevilles et vos pieds. Vous sentez peut-être au niveau de vos pieds une sensation de chaleur, de lourdeur, de picotements. Sinon, ce n’est pas grave… ça n’a aucune importance.

 

Vous êtes maintenant parfaitement détendus, calme, apaisé. Tous vos muscles sont totalement relaxés. Vous sentez votre souffle, votre respiration, qui s’est ralentie, apaisée. Vous sentez chaque inspiration, et également, chaque expiration. Et à chaque inspiration, vous vous sentez entrez un peu plus en vous-même. A chaque inspiration. Vous entrez un peu plus en vous-même. Maintenant, si vous le voulez bien, vous allez venir devant votre escalier intérieur. Cet escalier, est composé de 7 marches, chacune de ces marches ayant une couleur différente. Il y a une porte devant l’escalier. Vous l’ouvrez, et vous avancez sur la première marche.

 

Cette marche est de couleur rouge. Le rouge, la couleur de la détende totale de votre corps. Vous sentez ce rouge vous envahir et vous traverser de part en part. Comme du coton qui viendrait se loger en vous. Vous sentez votre corps parfaitement calme, et détendu.

Vous avancez maintenant sur la deuxième marche. Cette marche est de couleur orange. C’est la couleur de vos émotions. Vous observez vos émotions en vous, elles passent devant vous, et vous les laissez s’évaporer et partir librement, sans contrainte.

Troisième marche, une marche de couleur jaune. La couleur de vos pensées. Là aussi, vous laissez vos pensées s’évaporer librement et partir de vous sans les retenir. Vous vous sentez de plus en plus détendu.

Vous avancez sur la quatrième marche. Elle est de couleur verte. C’est la couleur de la détente parfaite. Votre corps, ainsi que votre esprit, sont maintenant parfaitement détendus. Vous sentez en vous une profonde sérénité. Sé-ré-ni-té (entre chaque syllabe, attendre un peu plus longtemps, et faire tomber la dernière un peu au hasard, ce rythme contribue là encore à un relâchement plus grand).

Cinquième marche de votre escalier intérieur. Cette marche est de couleur bleue. C’est la couleur de l’amour. Vous sentez en vous le sentiment d’amour que vous portez pour les gens autour de vous. Votre famille, vos amis, tous vos proches. Et vous sentez également l’amour que tous ces gens vous portent. Vous pouvez profiter de ce sentiment bienfaisant librement pendant quelques secondes (ici laisser un peu de temps, en réalité on laissera une à deux minutes, voire un peu plus – les participants auront eux le sentiment de quelque chose de plus court).

Vous avancez maintenant sur la sixième marche. Vous imaginez un ciel d’été, au moment où l’on aperçoit les premières étoiles dans le ciel et où le soleil n’est pas encore tout à fait couché. Ce ciel est de couleur indigo. Vous vous enroulez dedans comme dans une cape. Et vous ne faites qu’un avec vous-même (appuyez un peu les mots ici, c’est une phase importante). Laisser encore quelques secondes.

Maintenant vous avancez sur la dernière marche. Elle est de couleur violette. La couleur du potentiel absolu. Rien ne vous est désormais impossible. Les seules limites que vous avez sont celles que vous vous imposerez. Vous pouvez tout entreprendre, en étant sûr de parvenir à vos objectifs.

 

Maintenant, vous vous imaginez vous vous transportez dans un lieu où vous vous plaisez. Un lieu où vous vous sentez en paix, heureux. Vous profitez du paysage qu’il offre. Peut-être êtes-vous près d’un océan, d’une montagne, d’un lac. Il y a peut-être des fleurs, sur lesquelles vous pouvez vous pencher pour sentir leur parfum (être assez lent sur ce passage, éventuellement ajouter des idées, pour que les participants puissent vraiment en profiter). Vous marchez librement, au gré de votre envie, de votre plaisir. Puis, au bout de quelques instants, vous débouchez dans une clairière. Une grande clairière. Au milieu, vous voyez un grand arbre très beau. Vous marchez jusqu’à arriver à lui. Là, vous remarquez un gros rocher au pied de l’arbre. Vous creusez sous ce rocher, et vous trouvez un petit coffret qui s’ouvre facilement. Dedans il y a un objet. Vous prenez cet objet, et vous allongez sur l’herbe avec votre objet. Vous invitez la personne de votre choix et vous parlez ensemble de l’objet (ce passage aide notamment ceux qui auraient un problème refoulé à le découvrir et à se donner une chance de le traiter ensuite – il sert de façon plus générale à identifier un élément important de leur vie, qui peut bien sûr être quelque chose de très positif). Laissez un peu de temps aux participants.

 

Maintenant, vous allez revenir vers votre escalier intérieur et remontez chaque marche (on peut se permettre d’aller un peu plus vite qu’à l’aller ici. L’objectif est maintenant de faire sortir progressivement les participants de la torpeur dans laquelle la relaxation les a plongés, et qu’ils se sentent à la fois le plus reposés et le plus en forme possible à la fin de la relaxation).

 

Vous arrivez d’abord sur la marche de couleur violette. La marche du potentiel absolu. Vous pouvez tout entreprendre et seules vos propres limites peuvent vous retenir.

La sixième marche, de couleur indigo. Vous ne faites qu’un avec vous-même. Vous êtes centré et vous sentez en harmonie avec vous-même, ainsi qu’avec le monde extérieur.

La cinquième marche. La couleur bleue de l’amour. Vous sentez ce sentiment qui grandit en vous, qui vous donne confiance et vous rend plus heureux.

Quatrième marche, de couleur verte. Vous sentez la sérénité et le calme en vous. Cette sérénité et ce calme deviennent des états naturels, et vous saurez désormais les retrouver lorsque vous en aurez besoin.

Troisième marche de couleur jaune. Vos pensées reviennent doucement et progressivement en vous. Elles sont apaisées, rassérénées.

La deuxième marche de couleur orange. Vos émotions reviennent également en vous, de façon sereine, sans vous parasiter ou vous inhiber.

Enfin dernière marche (la voix parle de façon de plus en plus claire). De couleur rouge. Vous sentez votre corps qui est parfaitement détendu, calme et apaisé. Vous sentez ce bien-être en vous, qui s’installe de façon durable.

 

Maintenant, vous reprenez contact avec votre corps progressivement. Vos pieds d’abord, que vous pouvez remuer doucement, puis vos jambes, vos cuisses, vous bougez légèrement vos mains, puis vos bras. Vous sentez vos paupières qui deviennent légères, qui s’entrouvrent doucement. Vous ouvrez maintenant les yeux. Vous êtes en pleine forme (dire cette dernière phrase un peu haut, de façon appuyée, sans crier bien sûr, pour accompagner la dynamique voulue). La relaxation est terminée. Si vous l’avez faite pour votre ami(e) vous vous levez et vous allez lui faire un bisou. ;o)

 

N’oubliez pas la dernière phase. Demandez aux participants comment ils ont ressenti la relaxation. Demandez leur quel fut l’objet qu’il sont trouvé sous le gros cailloux au pied de l’arbre. Et quelle personne ont-ils invité pour en parler ? Qu’est-ce que cela leur a apporté ? D’une façon plus générale, comment se sentent-ils après la relaxation ? Sont-ils plus reposés, encore endormis, vifs ?

 

Et hop !

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05/10/2005

Le pardon

Depuis quelques jours déjà je pense à un nouveau post à inscrire dans la catégorie gestion du stress. Un post sur le pardon. La lecture d’un article récent, encore dans le Courrier International (de la semaine dernière), concernant la Charte pour la paix et la réconciliation nationale soumise en Algérie, me fournit l’occasion d’étoffer le sujet en le liant quelque peu à l’actualité.

 

L’article n’étant pas accessible aux non abonnés, et aussi pour rendre ce billet le plus clair possible, j’en reprends ici quelques extraits.

 

Interrogé sur la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, le Rassemblement Action Jeunesse (une ONG) juge « qu’[elle] est une négation pour tous les algériens de leurs droit légitime et salvateur de connaître les raisons véritables et les différents instigateurs et acteurs de leurs souffrances, de leurs pleurs et de leur douleur. En Afrique du Sud, les personnes mises en cause reconnaissaient d’abord leurs actes, et ce n’est qu’après qu’elles étaient amnistiées, ou pas. […] » Rappelle Lyès. Pour lui, la réconciliation passe par la vérité. « On doit savoir qui a fait quoi et pour quelles raisons avant d’avancer l’idée de pardon. » […] Ce texte ne prône que l’oubli et l’impunité des coupables, au détriment de la vérité et de la justice, racines essentielles d’une société enfin unifiée. »[1]

 

Voilà qui est très intéressant et qui va nous aider à préciser ce que la démarche du pardon implique comme effort personnel. Le pardon, dans le cas évoqué dans cet article n’est envisagé qu'après la reconnaissance de la vérité notamment par les coupables eux-mêmes. Autrement dit, pour qu’une victime donne son pardon, encore faut-il que son bourreau le lui demande, reconnaissant en cela la souffrance qu’il a fait subir. Il y a bien sûr une idée très juste ici. Comment réclamer aux victimes leur pardon si aucun travail de reconnaissance de leurs peines et de leurs souffrances n’est fait? L’effort qu’on demande ici est presque surhumain. Et pour ma part je partage l’idée que le pardon le plus réparateur ne peut être donné par la victime qu’après que son bourreau lui a demandé pardon.

 

Mais il arrive, et c’est même très fréquent, que cette demande ne vienne pas. Faut-il dès lors refuser son pardon et s’enferrer dans les rancoeurs nées de notre souffrance ? La victime risque de se faire du mal à elle-même en prenant ce risque, de s’abîmer en cultivant des sentiments négatifs qui vont avoir un impact néfaste sur son comportement, et ceci à long terme. Il faut je crois être capable à un certain moment de prendre du recul et d’opérer l’arbitrage suivant en tentant de mettre de côté les émotions dues au méfait subit, au moins le temps de l’arbitrage afin d’y voir clair : entre d’une part la reconnaissance de ma souffrance et l’affirmation de la vérité, et d’autre part la chance de retrouver un équilibre que me donnerait le pardon accordé (si tant est que cet équilibre ait justement été bouleversé par le méfait en question – là on mesure l’impact de ce dernier et si on le juge acceptable alors on peut sans doute se permettre d’attendre la demande de pardon), qu’est-ce qui paraît le plus important ?

 

Car pour certains il peut y avoir urgence à retrouver l’équilibre perdu. Prendre le risque d’attendre toute sa vie une demande de pardon qui ne viendra pas c’est poursuivre l’œuvre du malfaiteur et même l’augmenter. Savoir donner alors son pardon est certes difficile, extrêmement difficile même, mais ce peut être la seule possibilité de sortir de l’ornière dans laquelle on se trouve. D’autant qu’accorder son pardon peut parfois avoir un effet inattendu, même sur les bourreaux les plus insensibles.

 

Je me souviens d’un reportage télévisé qui retransmettais le jugement d’un tueur en série américain dont les crimes avaient été particulièrement odieux. A la barre, défilaient certains membres des familles des victimes en qualité de témoins. Tous n’exprimaient que de la haine et proféraient les pires vœux quand au devenir du criminel. Tous, sauf une femme. Celle-ci, très émue, mais visiblement plus sereine que les autres personnes interrogées à la barre, s’adressa directement au criminel et lui dit qu’après plusieurs années d’incompréhension et de tristesse profonde, elle le pardonnait. Sincèrement. Et le criminel, qui avait conservé jusque là un visage incroyablement impassible devant la description de ses horribles crimes et la souffrance exprimée par les familles, se mit soudain à pleurer.

 

En lui donnant son pardon, la femme lui avait enlever son masque de monstre et redonné sa nature d’homme. C’était très net à l’image. Tant qu’il était insulté le criminel s’enfermait dans un rôle mécanique. Il était le monstre sans visage opposé aux victimes qu’il ne regardait pas. Il n’était pas un homme, il se résumait à la fonction qu’on lui assignait dans ce tribunal : être un monstre. Dès lors que cette image fut brisée par la femme, réintroduisant en lui sa part d’humanité, le masque impassible s’est rompu et on a vu l’homme ressurgir là où on pensait qu’il n’existait plus. Il ne put prononcer un mot. Mais ses pleurs étaient déjà pour les familles des victimes une première reconnaissance de ce qu’il avait fait.

 

Revenons à un niveau plus courant. A mon sens le pardon se heurte à deux barrières. D’abord celui déjà indiqué dans l’article du CI : la reconnaissance de la souffrance et la demande de pardon. Ensuite, l'orgueil, encore lui. Il intervient même doublement : chez celui qui a fait souffrir, et chez celui qui a souffert. Chez celui qui a fait souffrir car demander pardon c’est reconnaître sa faute, c’est mettre une partie de son destin (même si ça peut n’être qu’à très court terme) dans les mains de l’autre. Il paraît que chez les chinois, cela revient à perdre la face. A tel point que les autorités auraient pris des mesures pour aider les gens à pardonner en créant un « Centre d’excuses et de cadeaux » ! Et chez celui qui a souffert également car on peut être tenter de conserver une attitude de refus qui maintient celui qui demande pardon en situation « inférieure ». Il reste en notre maîtrise tant qu’on n’a pas accordé notre pardon.

 

Le pardon est un des éléments les plus importants de résolution des conflits, et ceci à tous les niveaux : autant entre deux personnes qui se sont chamaillées qu’entre des peuples opposés par des années d’affrontements et de guerre. Si l’on savait plus souvent envisager l’arbitrage que j’ai indiqué plus haut, à la fois pour retrouver son équilibre et pour redonner à celui ou ceux qu’on assimile à un (des) monstre(s) un visage humain, la résolution de certains conflits pourraient être facilitée.

 

Pour terminer cette note, et pour indiquer qu’en aucun cas je ne prétends que donner son pardon est une démarche aisée, j’indique quelques éléments personnels qui pourront justement paraître un peu contradictoires avec mes souhaits raisonnés. J’ai une difficulté un peu particulière avec le pardon. Je fais partie de cette catégorie de personne dont la confiance est longue à gagner mais peut être très rapide à perdre. Et j’ai beaucoup de mal à accepter la démarche de pardon que les autres peuvent effectuer après m’avoir blessé. Pas de donner mon pardon. Mais d’accepter qu’ils fassent la démarche. Parce qu’alors je prends cette démarche comme une reconnaissance que ce qu’ils ont fait était complètement injustifié. Et cette seule idée m’est difficilement supportable. Je prends ça un peu comme une deuxième claque. La première on me blesse, et la deuxième on m’explique que c’était bien injuste, bref on enfonce sa main un peu plus profond. Tout cela pour dire que, dans certains cas difficiles, le pardon est un chemin.

 

[1] : pour ceux qui veulent poursuivre la réflexion sur ce sujet d’actualité je signale un billet intéressant chez Gagarine.

03/10/2005

Se relaxer au bureau

Lundi. Sale journée. Une nouvelle semaine de boulot commence. Beuh sommes nous nombreux à dire en nous levant. Qu’à cela ne tienne ! Le piki-blog vole à votre rescousse pour vous aider à affronter la dureté du quotidien et vous propose quelques éléments pour vous permettre de réfléchir à vos conditions de travail, de les améliorer, et de menues mais sympathiques idées pour vous relaxer en toute discrétion.

 

 

 

On peut d’abord réduire le stress en améliorant le milieu de travail, par exemple en luttant contre le bruit, les vibrations, la poussière, la luminosité, etc. Ces éléments de confort exercent à plus ou moins long terme une influence non négligeable sur nos comportements. Par exemple personnellement j’ai une mauvaise chaise (si c’est vrai). Du coup je rentre le soir en ayant mal au dos. Et je me suis rendu compte que cet inconfort m’entraînait à une moindre concentration et parfois à une vraie mauvaise humeur. Je remue, je n’arrête pas de me remettre en place. Bref cette chaise m’agace et finit par me bouffer mon énergie. Si je la faisais remplacer je bloguerais sûrement mieux (hoho ;o)).

 

Il peut aussi se révéler très bénéfique d’agir en améliorant l'organisation du travail afin d'éviter de surcharger certains travailleurs ou certaines catégories professionnelles Aux Etats-Unis, l'étude de catégories professionnelles très diverses, des chauffeurs de camions jusqu'aux secrétaires, a montré que les travailleurs ont souvent essayé de persuader leurs employeurs que leur travail pourrait être mieux organisé mais, faute d'être écoutés, ils ont fini par renoncer et par faire juste le nécessaire pour être sûrs de recevoir leur paie en fin de semaine. Voilà qui ne contribue ni à l’épanouissement desdits employés ni à la qualité du travail.

 

Quelques axes sur lesquels les responsables d’entreprises ou simplement au niveau de services peuvent réfléchir :

La participation:

Beaucoup de recherches ont montré que les travailleurs qui participent aux décisions sont plus productifs, plus motivés et plus satisfaits de leur travail. Parce qu’ils obtiennent une reconnaissance (voir encore la pyramide de Maslow). La participation a notamment pour effet d'améliorer la circulation de l'information à l'intérieur des entreprises.

L’autonomie:

L'une des façons les plus courantes de promouvoir l'autonomie consiste à rompre avec la structure hiérarchique traditionnelle des entreprises en déléguant des responsabilités à des équipes; c'est une des caractéristiques de certaines entreprises suédoises et japonaises.

L’aménagement du temps de travail:

Des formules telles que l'horaire variable, le partage des postes ou l'étalement de la durée du travail sont de plus en plus courantes. Une étude réalisée aux Etats-Unis a montré par exemple que les travailleurs qui sont maîtres de leur temps de travail sont moins souvent absents, plus performants et plus attachés à leur entreprise.

 

Et maintenant du point de vue de celui qui travaille :

 

La gestion du temps :

C'est obligatoire pour une bonne gestion du stress. La gestion du temps oblige de savoir si l'on dispose du temps nécessaire à l'exécution d'une tâche. Si l'on accepte un travail sans disposer du temps nécessaire, alors on se retrouve coincé… et stressé ! Plutôt que d'oser dire à son supérieur hiérarchique qu'il faut plus de temps pour la bonne exécution du travail, une personne peut choisir de prendre sur le temps familial…ce qui est un bon calcul sur le court terme, mais sur le long terme…

 

Un travail épanouissant :

C'est très important puisque nous passons beaucoup de temps au travail. Ce travail devra répondre à nos valeurs profondes sous peine de se dessécher comme une plante lorsque l'eau manque ! (Par exemple, un ouvrier qui fabrique des bombes volantes qui ne correspondent pas à ses valeurs de paix, même avec un salaire motivant, ne pourra jamais trouver la sérénité pour la simple raison qu'il acceptera le viol de ses valeurs qui le structurent émotionnellement.) Par ailleurs, une bonne communication est nécessaire dans le cadre de son travail pour se faire comprendre et développer un bon relationnel.

 

L'apprentissage de la délégation :

Cela permet d'apprendre à faire confiance à l'autre et surtout de ne pas se retrouvé surchargé par les tâches, avec la frustration qui va avec… Et cela est vrai aussi bien sur le lieu de travail, qu'à la maison… Souvent on retrouve la femme qui prend sur elle de ranger la chambre des enfants, ce qui est plus rapide que de leur apprendre l'autonomie…ou de prendre en charge le mari (et ses chaussettes qui traînent) pour finir par le traiter comme un enfant de plus (pour le lui reprocher plus tard…) La difficulté de déléguer est souvent la conséquence de la façon dont on voit les autres.

 

Petite conclusion sur ces paragraphes : connaître ses valeurs, être capable de s'affirmer (par exemple pour ne pas se faire licencier injustement ! ;o)), réfléchir à l'organisation de son travail, aménager son espace de travail, éliminer les parasites sensoriels, savoir déléguer, sont des passages obligés de la gestion du stress au travail.

 

Et maintenant quelques petits trucs pour vous relaxer. Vous pouvez d’ailleurs aussi bien les mettre en application au travail que dans le métro, ou dans la plupart des endroits/ situations où vous vous sentirez stressés.

 

Enlevez vos chaussures.

Surtout pour ceux qui restent toute la journée derrière leur écran. Simple mais assez agréable je trouve.

 

 

Fermez les yeux quelques secondes.

Chaque jour, et c’est encore le plus marqué dans les grandes villes, nous recevons une quantité très grande de « messages » lumineux et sonores. Mais notre cerveau ne peut pas suivre ce rythme effréné, et donc ne parvient pas à faire le tri de toutes ces informations pour les "(ar)ranger" correctement. Pour pouvoir le faire sereinement il aurait besoin de vraies pauses où la pollution tant lumineuse que sonore soit minime. Malheureusement on trouve rarement les conditions de faire ces pauses (quoique par exemple, certaines entreprises commencent à proposer des espaces siestes à leurs employés). Un petit truc consiste alors à fermer les yeux quelques secondes, pour ainsi laisser le cerveau se reposer quelques instants et prendre le temps d’organiser les informations qu’il reçoit. Vous pouvez même le faire durant une réunion. Les gens ne s’en apercevront pas (je l’ai fait plusieurs fois et jamais personne n’a rien remarqué).

 

Faites une mini-relaxation.

Faisable absolument partout et dans presque n’importe quelle circonstance. Le plus profitable je trouve c’est de relaxer le visage. Je vais donc vous donner comme exemple une relaxation de celui-ci. Imaginons que vous êtes assis à votre poste. A partir de maintenant, lisez ce texte en imaginant ma voix. Ma voix est calme, lente, lente, lente, posée, monocorde. Posez d’abord votre respiration, pour la rendre plus régulière, plus calme, jusqu’à retrouver un rythme tout à fait apaisé. Ensuite détendez vos muscles un par un, en commençant par le haut. Vous commencez par le front. Vous le détendez pour qu’il devienne tout à fait plat, sans ride. Comme un lac au milieu des montagnes. Respirez doucement. Imaginez ce lac…

 

Puis vous détendez les muscles autour de vos yeux. Au besoin, vous les sollicitez en fermant les yeux et en faisant comme si vous regardiez successivement à droite puis à gauche. Vous prenez ainsi pleinement conscience de ces muscles et vous pouvez les détendre encore plus. Ensuite, vous détendez vos joues, et les muscles de votre mâchoire. Vous desserrez les dents en ouvrant légèrement la bouche, et en décollant votre langue de votre palais. Votre visage est maintenant parfaitement calme, serein, apaisé. Ce calme est un état naturel dont la connaissance s’installe durablement en vous. Et désormais, vous pourrez retrouver ce calme, cette détente, chaque fois que vous le souhaiterez.

 

Maintenant vous retrouvez votre tonus, tout en conservant ce calme. Voilà. Vous allez mieux ? Exercez-vous un peu et bientôt vous serez un champion en la matière.

 

Pour ceux qui veulent poursuivre : faites le test des sources de stress qui figure dans l’espace « entreprises » du site de gestion du stress (liens en haut à droite). Et encore mieux, pour ceux qui veulent faire une vraie relaxation, qui inclut tout le corps, un fichier audio est à votre disposition sur la page « friandises » de l’espace « particuliers » du même site. Je recommande fortement, c’est très agréable :o)

27/09/2005

Jeu anti-stress

Compatissant quant aux durs affrontements qu'expérimentent régulièrement les accros de l'informatique avec leur cher et tendre matériel (il paraît que ça peut même arriver aux geeks, et même à Paxatagore !) je mets aujourd'hui à disposition sur le piki-blog un petit jeu sympa, pas long à télécharger, et qui permet de se défouler sans dommage contre son ordinateur. Il en existe d'autres d'ailleurs, que les curieux pourront s'amuser à chercher sur la toile.

 

medium_tuer_son_ordinateur.3.jpg

 

Cliquez ici pour le télécharger.

23/09/2005

Jeu d'instructions - La soluce

Voilà à quoi devrait donc ressembler votre feuille, une fois que vous aurez suivi toutes les indications de l'exercice.

 

1. Mettez-vous à l’œuvre aussitôt que possible, après avoir lu entièrement ces directives avec minutie et attention.

2. Inscrivez le jour et la date dans le coin droit supérieur de la feuille.

3. A 3 doigts du haut de la feuille, et au centre, écrivez : DIRECTIVES (en majuscules).

4. Tracez un cadre autour de ce titre.

5. Entourez d’un cercle le chiffre 4 ci-dessus.

6. Dans le coin opposez à votre signature, dessinez un 8 couché (symbole de l’infini).

7. Levez-vous et faites deux fois le tour de votre chaise. Rasseyez-vous ensuite.

8. Apposez votre signature en bas et à droite de la feuille.

9. Additionnez les chiffres des directives déjà accomplies, sans compter celle-ci, et indiquez le total ici : …

10. Tracez un trait horizontal au milieu de la feuille d’un bord à l’autre.

11. Grattez-vous le menton.

12. Additionnez tous les chiffres de votre date de naissance et inscrivez le total ici : …

13. A 3 centimètres sous le trait horizontal, et à 3 doigts du bord gauche, dessinez un gros point d’interrogation.

14. Dans cette consigne, il y a deux fautes d’ortographe : soulignez les endroits où elles se trouvent. Si vous ne les repérez pas, faites un croix sous le chiffre 12. Si vous n’en trouvez qu’une, soulignez ce nombre.

15. Entre le titre encadré et le trait horizontal, écrivez votre prénom en lettres majuscules.

16. Posez votre main non dominante sur la feuille et dessinez le contour de votre main.

17. Poussez un Ah ! sonore.

18. Vous avez maintenant lu presque toutes les directives, n’accomplissez que la huitième.

19. Ecrivez ci-après, le nom de la localité où vous habitez :……Paris…….

20. Au bas de cette feuille, écrivez votre nom à l’envers et en majuscules.

Pikipoki

 

IKOPIKIP (ou alors écrit avec la feuille tournée tête-bêche)

 

Un petit mot maintenant sur ce test. Il révèle notre capacité à être vraiment attentif et à ne pas agir de façon précipitée. Je m’en souviens qu’en cours, nos professeurs nous faisaient souvent remarqué que nous commettions des erreurs fautes d’avoir bien lu les énoncés. C’est souvent vrai. Ce test indique donc notre capacité à ne pas réagir trop vite, à être vraiment attentif aux éléments extérieurs qu’ils soient écris ou oraux. Ca évite de foncer tête baissée sans avoir pris le temps de bien comprendre les choses. Et puis je trouve qu’il est amusant, non? Si vous le faites faire à des amis, vous rigolerez bien en les voyant faire le tour de leurs chaises, pousser des grands Ah, etc. Vous pouvez même en rajouter dans les choses à accomplir, en veillant toutefois à ne pas trop éveiller les soupçons. La version originale dont je dispose ne présentait d’ailleurs pas autant d’instructions à accomplir.

 

 

A ceux qui ont fait le tour de leur chaise, merci de m’envoyer vos films pour que j’en profite. ;o)

Jeu d'instructions

J’ai retrouvé un test amusant que je voulais vous soumettre dans ma série sur l’écoute et la communication. Le voici. Je vous conseille pour le faire dans les meilleures conditions d’imprimer à nouveau le texte et de vous mettre à votre bureau pour le lire et répondre aux questions. L’objectif est de tester le niveau de votre attention et de votre précision dans l’exécution de directives simples.

 

SUIVEZ STRICTEMENT LES DIRECTIVES CI-DESSOUS A ACCOMPLIR LE PLUS RAPIDEMENT POSSIBLE

 

1. Mettez-vous à l’œuvre aussitôt que possible, après avoir lu entièrement ces directives avec minutie et attention.

2. Inscrivez le jour et la date dans le coin droit supérieur de la feuille.

3. A 3 doigts du haut de la feuille, et au centre, écrivez : DIRECTIVES (en majuscules).

4. Tracez un cadre autour de ce titre.

5. Entourez d’un cercle le chiffre 4 ci-dessus.

6. Dans le coin opposez à votre signature, dessinez un 8 couché (symbole de l’infini).

7. Levez-vous et faites deux fois le tour de votre chaise. Rasseyez-vous ensuite.

8. Apposez votre signature en bas et à droite de la feuille.

9. Additionnez les chiffres des directives déjà accomplies, sans compter celle-ci, et indiquez le total ici : …

10. Tracez un trait horizontal au milieu de la feuille d’un bord à l’autre.

11. Grattez-vous le menton.

12. Additionnez tous les chiffres de votre date de naissance et inscrivez le total ici : …

13. A 3 centimètres sous le trait horizontal, et à 3 doigts du bord gauche, dessinez un gros point d’interrogation.

14. Dans cette consigne, il y a deux fautes d’ortographe : soulignez les endroits où elles se trouvent. Si vous ne les repérez pas, faites un croix sous le chiffre 12. Si vous n’en trouvez qu’une, soulignez ce nombre.

15. Entre le titre encadré et le trait horizontal, écrivez votre prénom en lettres majuscules.

16. Posez votre main non dominante sur la feuille et dessinez le contour de votre main.

17. Poussez un Ah ! sonore.

18. Vous avez maintenant lu presque toutes les directives, n’accomplissez que la huitième.

19. Ecrivez ci-après, le nom de la localité où vous habitez :…………………..

20. Au bas de cette feuille, écrivez votre nom à l’envers et en majuscules.

 

Je posterai ce soir le résultat type que vous devriez obtenir.